Lecture / Ecriture
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Un été prodigue de Barbara Kingsolver

Barbara Kingsolver
  Une île sous le vent
  Un été prodigue
  L'arbre aux haricots
  Un jardin dans les Appalaches
  Les yeux dans les arbres
  Les cochons au paradis
  Dans la lumière

Barbara Kingsolver est une écrivaine américaine née en 1955.

Un été prodigue - Barbara Kingsolver

Un hymne à la nature
Note :

   Agée de 48 ans, Deanna s'est éloignée du monde depuis qu'elle est employée par l'office forestier. Spécialiste en biologie animale, elle a soutenu une thèse sur les coyotes. Solitaire, peu bavarde, plus fascinée par la nature que par les humains, elle est cependant déstabilisée par sa rencontre avec le jeune Eddie Bardi, 28 ans, qui traque les animaux.
   
   Lusa est elle aussi passionnée par la nature et diplômée d'entomologie. Elle a épousé Cole, un agriculteur rencontré à la faculté. Elle se demande comment elle a fait pour quitter sa ville et sa carrière pour la place étriquée qu'offrait la campagne à une épouse de fermier. Mais Cole vient de mourir et elle se retrouve veuve et seule face à la famille de Cole et à ses soeurs, qui la considèrent comme une étrangère.
   
   Enfin, Nannie vit seule elle aussi, avec l'enfant illégitime qu'elle élève. Elle est la voisine de Garnett et la "plaie de son existence". Première exploitante à recevoir le label bio dans le comté de Zébulon, elle a déclaré la guerre aux insecticides qu'il utilise.
   
   À travers ces trois destins -magnifiques- de femmes que la vie a rendues solitaires, c'est un formidable hymne à la nature que nous offre ce roman écologique. Dès les premières pages, nous nous trouvons au milieu de la forêt, parmi cette nature qu'affectionnent ces trois êtres, à défaut d'avoir trouvé dans les humains des raisons d'aimer. C'est pourtant à la rencontre des autres qu'elle iront dans ce roman, par le biais d'un amant pour Deanna, qui ne pensait plus à plaire, d'une belle famille à découvrir pour Lusa et d'un voisin grincheux pour Nannie, mais solitaire lui aussi depuis de longues années.
   
   J'ai été touchée par le destin de ces femmes, par leur solitude, par leur force et leur amour de la vie aussi, par leur passion pour la nature. J'ai été portée par l'intrigue et ces trois destins qui vont trouver écho et se croiser. J'ai été apaisée par l'écriture, douce, par les dialogues, forts, par le silence de la nature qui en ressort et fait écho aux différents drames de ces vies, avec malgré tout toujours des rencontres et de beaux moments en partage.
   
   Un bien beau moment de lecture et une romancière dont je vais poursuivre la découverte.
    ↓

critique par Clochette




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Les hommes et autres bestioles
Note :

   Je dois faire un aveu. Arrivée au tiers du livre, comme je peinais avec ma lecture, j'ai fait une chose que je ne fais habituellement jamais: je suis allée lire les billets des bloggueuses qui avaient déjà lu le livre. Quand j'ai vu qu'Allie avait aimé, j'ai décidé de poursuivre car elle et moi avons souvent des goûts communs. Est-ce que c'est le cas pour ce livre? Plus ou moins.
   
   En fait, à lire les différents billets (en anglais et en français) tous positifs, je sens que je vais détonner un peu de l'avis général. En effet, je suis tout de même assez mitigée quant à ce roman dont j'ai aimé certaines parties et d'autres moins. Il est composé de trois histoires principales (en anglais, elles sont intitulées «Predators», «Moth love» et «Old Chesnuts») et j'ai vraiment accroché à celle de Lusa, chercheuse en entomologie qui décide de rester sur la ferme de son mari après la mort de celui-ci. J'ai trouvé les personnages très intéressants et j'ai beaucoup aimé lire sur les difficultés que vivent les petits fermiers. Dans ces parties, on a presque l'impression de vivre dans une autre époque où tout le monde s'entraidait, où tout le monde se connaissait et où les familles habitaient sur des parcelles de la terre familiale. Même si certains éléments de l'histoire sont très tristes, l'auteure évite de sombrer dans le pathos et j'ai beaucoup aimé suivre ces personnages, avec un petit «plus» pour Crys et Little Rickie!
   
   Les histoires entre Nannie Rawley, une dame de 75 ans qui veut cultiver bio et qui est en constante guerre et son voisin, 80 ans, qui croit qu'il a la science infuse m'ont aussi beaucoup amusée. Ces deux portraits sont particulièrement réussis et malgré leurs extravagances, les deux sont crédibles, avec leurs opinions diamétralement opposées mais qu'ils croient justes! Par contre, la partie du roman qui concerne Deanna m'a plus ennuyée qu'autre chose. En fait, j'ai même songé à passer par-dessus! Je ne suis pas arrivée à ressentir de sympathie pour ce personnage qui s'est presque détournée de la société pour se préoccuper uniquement de la nature… et faire un genre de drame parce qu'Eddie le chasseur songe à tuer un insecte qui vole dans la fenêtre. C'est bien beau aimer la nature, mais il y a des limites!!!! Chicanez-moi et traitez-moi d'anti écolo si vous le voulez… mais si un jour il y a un serpent dans mon grenier, vous pouvez être ceeeertains que prédateur ou pas prédateur, il va prendre le bord et vite à part de ça!!!
   
   En fait, le principal reproche que je fais au roman a presque réussi à gâcher mon plaisir de lecture. J'ai eu l'impression de me faire faire la leçon pendant une bonne partie du roman et je déteste me faire faire la morale! Je crois que le message aurait aussi bien passé sans vingt-quatre répétitions des mêmes choses. J'avoue qu'ayant un ami qui étudie en bio, ce sont des discours que je connais bien: les proies, les prédateurs, l'équilibre, l'extinction des espèces, les conséquences, les phéromones, les pesticides… Je suis d'accord, pas besoin de cogner sur le même clou pendant 440 pages! À trop vouloir nous rentrer ça dans le crâne, l'auteur a seulement réussi à m'énerver. Quand ces mots étaient dits par Deanna entre autres, ça me tapait royalement sur les nerfs… alors que ça passait beaucoup mieux dans la bouche de Nannie!!!
   
   En contre partie, j'ai beaucoup aimé la façon qu'a l'auteure de décrire la nature. Elle est bien documentée et ce que j'ai lu concorde généralement avec le discours de mes bio-amis. À toutes les fois que je suis sortie cette semaine, j'ai remarqué davantage les odeurs, les bruits et les beautés qui m'entouraient (bon… j'avoue que j'ai une hâte folle de faire un sort à mon champ de pissenlits et que je ne suis pas encore capable de le trouver joli!!). J'ai pu ressentir l'exaltation qui m'habite quand je suis en camping et que je vis dehors pour quelques jours. De plus, on sent la chaleur de l'été, le temps qui passe lentement et qui fait son œuvre chez les hommes et autres bestioles. L'atmosphère du petit village est bien rendue. Les comparaisons entre les comportements des hommes et bêtes sont également bien intéressantes et teintent notre interprétation de certains événements. Parfois, on se ressemble beaucoup plus qu'on pourrait le penser à prime abord!

critique par Karine




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