Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Les huîtres de Tchekhov de John McGahern

John McGahern
  Les huîtres de Tchekhov
  Entre toutes les femmes
  Pour qu'ils soient face au soleil levant

Les huîtres de Tchekhov - John McGahern

L’ordinaire de gens ordinaires.
Note :

   Après William Trevor, voici John Mc Gahern, un autre maître de la littérature irlandaise, des histoires simples de monsieur tout le monde.
   
   Dans la nouvelle qui porte le titre de l’œuvre, une femme quitte son amant, sa ville et sa situation dans un théâtre pour changer de vie. Elle souhaite écrire une œuvre sur Tchékov. Elle s’installe en Espagne, traduit des pièces russes et se lie d’amitié avec un gendarme local. Elle apprendra, à son corps défendant que la très catholique Espagne recèle des pièges.
   Deux amis chasseurs partent un matin, c’est la dernière fois, mais ils ne le savent pas. Le survivant gardera le chien de son ami, et en le ramenant chez lui, il ressentira une furieuse envie de changer de vie.
   Dans "Foi, Espérance et Charité " il est question, après un bal de charité, de la jeunesse et du temps qui passe. Un curé également dans sa maison vide s’interroge sur le temps, sur sa vocation (ou plutôt celle de sa mère!) pour s’apercevoir qu’il vit avec une ombre, celle de sa propre mort.
    Dans "Sur les crêtes", séparé en 2 parties "Soir" qui commence la nouvelle, un couple se sépare, dans "Matin" un couple se forme, est-ce le même ?
   Le violon rythme "Gorgées" deux hommes en jouent, l’un du Paganini sur un Stradivarius, on l’attend pour un concert, l’autre des airs irlandais sur un vieil instrument, il doit se rendre au banquet annuel des fonctionnaires. La musique les réunit, mais la vie suit son cours.
   Le rêve d’un homme, dans "Sierra Leone" qui clôt ce recueil, la femme qu’il aime quittera-t-elle son riche amant pour lui ? Et quel texte étrange que "L’Hermine" ?
   
   Mc Gahern affectionne le monde rural, il le prouve ici, et comme souvent dans ses romans, il effleure ses sujets favoris, le divorce en Irlande, les relations toujours ambiguës entre le héros (ou anti héros) et son père ou entre lui et la religion.
   
   L’écriture de Mc Gahern est superbe, les descriptions n’alourdissent jamais le texte. A mon goût le plus grand écrivain irlandais contemporain.
   
   Seul reproche, ces nouvelles sont tout, sauf gaies.

critique par Eireann Yvon




* * *