Lecture / Ecriture
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Pour qu'ils soient face au soleil levant de John McGahern

John McGahern
  Les huîtres de Tchekhov
  Entre toutes les femmes
  Pour qu'ils soient face au soleil levant

Pour qu'ils soient face au soleil levant - John McGahern

Les quatre saisons du lac.
Note :

   Mc Gahern, tel qu’en lui-même, des petits riens de la vie de tous les jours transcendés par son écriture. Ce titre vient d’une vieille croyance païenne qui voulait que les morts soient enterrés en regardant l’Est pour qu’ils soient face au soleil levant, l’église a eu du mal à détruire cette habitude.
   
   Un lac, pour le décor, pour les choses immuables, il est le point de ralliement d’une communauté rurale et hétéroclite. Les saisons passent, les gens se côtoient, boivent du thé, du whiskey aussi.
   
   La vie avec ses drames, la maladie d’un des frères célibataires, sa mort prochaine et les mariages aussi. Le retour d’un enfant du pays, travaillant en Angleterre, "Plus tout à fait Irlandais pour les villageois, pas Anglais au Royaume-Uni" est l’évènement de l’été. Les mesquineries de la vie rurale, les coups de mains donnés ou qui se font attendre, le temps ne semble pas avoir de valeur ou du moins pas la même que la nôtre. Le pub et la visite des enfants sont les rares moments de changement.
   
   Tous les personnages sont attachants comme des gens ordinaires, qui pourraient être nos proches ; Les Ruttledge, Anglais en retraite, se sont installés près du lac, des travaux et aménagements dans leur maison leur font connaître le voisinage.
   
   Johnny lui, fait partie de cette génération perdue, vivant en Angleterre, il touche une petite retraite et vit dans une minuscule chambre, en contre partie de l’entretien de l’immeuble, il connaîtra cet été là son heure de gloire. John Quinn lui, est un obsédé sexuel, coureur de jupons et de dot, quand les deux vont ensemble. Il deviendra la risée du village, après en avoir été la honte, suite à un dernier mariage qui tournera au fiasco pour lui. Bill Evans est une victime des premières années de la République, orphelin, il est devenu quasi-esclave dans une ferme, choses courantes dans les années 40/50 ; lui est aussi de la génération sacrifiée.
   
   Le temps passera, les gens disparaîtront, le lac et l’Irlande resteront.
   
   Je suis un adepte de longue date de John Mc Gahern, donc je me répèterai, j’adore l’art et la manière qu’il a d’écrire un très bon roman sur des faits qui semblent insignifiants. Ce livre a eu de bonnes critiques à sa sortie, une lecture apaisante.
   
   Petit dialogue entre Ruttledge et un natif des environs :
   -"Nous pourrions boire un verre ou deux et en rester là. Il n’est pas obligatoire de se saouler.
   -Vous devriez savoir depuis le temps qu’un Irlandais ne fait pas les choses à moitié. Il faut qu’il aille jusqu’au bout"

   
   Ce livre est le dernier roman de John Mc Gahern, celui-ci étant décédé le 30 mars 2006. Ses mémoires viennent d’être publiées en Irlande.

critique par Eireann Yvon




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