Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

L'incroyable histoire de Mademoiselle Paradis de Michèle Halberstadt

Michèle Halberstadt
  L'incroyable histoire de Mademoiselle Paradis
  La petite

L'incroyable histoire de Mademoiselle Paradis - Michèle Halberstadt

Vienne, fin XVIIIe
Note :

   Voilà un livre pour le moins étonnant ! Sous l’apparence d’un roman, "L’incroyable histoire de Mademoiselle Paradis" de Michèle Halberstadt fait revivre des personnages quelque peu oubliés par l’histoire : Maria Theresa von Paradis, pianiste aveugle et Franz-Anton Mesmer, médecin fondateur de la théorie du magnétisme animal (appelée également mesmérisme). Pour faire vite, Mesmer était persuadé de pouvoir guérir des malades incurables au moyen de méthodes peu conventionnelles, en transmettant à ses patients un fluide bénéfique qui apaiserait leurs troubles d’origine nerveuse. C’est ainsi qu’il soigna Maria Theresa von Paradis, protégée de l’impératrice, entre 1776 et 1777.
   
   J’ai abordé ce livre sans avoir fait quelques recherches au préalable. J’ai donc oscillé entre le plaisir de savourer un bon roman et la curiosité, une question me taraudant : Fraulein Paradis a-t-elle vraiment existé ? Quoi qu’il en soit, prise au jeu, j’ai lu d’une traite cette histoire émouvante.
   
   Devenue subitement aveugle à l’âge de trois ans, Maria Theresa est soumise à l’examen des médecins les plus en vue à Vienne, devant supporter des traitements barbares et inutiles qui ne feront que fragiliser cette enfant douce mais nerveuse. Lorsqu’elle a seize ans, elle demande à ses parents de ne plus la soumettre à ces tortures inutiles. Pourtant, lorsque son père s’arrange pour qu’elle rencontre Franz-Anton Mesmer, réputé pour ses méthodes alternatives, la jeune fille accepte de s’installer chez cet homme qui lui inspire confiance d’emblée.
   
   Si les soins commencent à faire effet, cette rencontre est d’abord une expérience décisive pour Maria Theresa. En Mesmer, elle trouve un homme rassurant qui la traite d’égal à égal, mais aussi un homme séduisant à l’odeur envoûtante, un homme marié et bien plus âgé qui aura tôt fait de succomber lui aussi au charme et à la spontanéité d’une patiente à l’intelligence vive et peu commune.
   
   Un rapide parcours des biographies respectives de Maria Theresa von Paradis et de Franz-Anton Mesmer vous donnera une idée de l’issue de cette histoire, que je ne veux cependant pas révéler ici.
   
   Dans ce roman s’expriment des personnalités fortes, tiraillées entre des idéaux louables (la science, le don de soi, la confiance, la musique) et des considérations plus pragmatiques (l’appât du gain, la réputation). La construction de l’identité de la jeune von Paradis joue également un rôle prépondérant: jeune fille réservée cachant une certaine amertume, Maria Theresa va avoir l’occasion de s’affranchir des figures d’autorité qui entendent la gouverner. Ouvrant les yeux sur un monde faux et décevant, elle évoluera, son caractère altéré par la déception et les trahisons dont elle sera la victime. Elle aura également la possibilité de choisir la liberté ; cependant, celle-ci aura un prix: renoncer à la jeune fille qu’elle était, risquer de décevoir son entourage et s’en éloigner inexorablement.
   
   Cette histoire passionnante, à la fois triste et touchante, est servie par un style très agréable. Par ailleurs, on plonge avec délice dans la Vienne de Mozart, ravis d’apercevoir en toile de fond les artistes amis de la pianiste et du médecin. C’est aussi un nouvel univers sensoriel que nous découvrons à travers le monde de la jeune aveugle. Un très beau roman!
   ↓

critique par Lou




* * *



Une célébration de "l'autrement"
Note :

   b>Résumé
   "À dix-sept ans, Maria-Theresia Von Paradis est un être d'exception: fille unique du conseiller de l'impératrice d'Autriche, pianiste virtuose, belle et aveugle. Lorsque son père fait appel au célèbre Mesmer qui soigne par magnétisme, elle découvre la passion et toutes les émotions dont sa cécité la protégeait. Au siècle de Mozart et de Salieri, un roman lumineux où tout est dit des sentiments, du destin et de la liberté."
   
   
   Commentaire

   J'ai pris ce livre en grippe à la page 19 quand l'auteure m'a annoncé en grande pompe que la note de musique préférée de l'héroïne était... le do mineur!!! À ce moment-là, je me suis dit "Oh my god... ça commence bien!"! Il va falloir que je refasse mes classes de théorie parce que la note "do mineur" ou "mi majeur", jamais entendu parler. En fait, dès qu'il était question de termes musicaux, je les ai sentis plaqués là pour faire "livre sur la musique" ou encore pour faire joli. Je me suis même demandée si l'auteure connaissait réellement leur signification... Mais bon... on va se dire qu'en Europe ou au Québec, l'utilisation de la terminologie musicale peut être différente... ou que mes cours de théorie musicale sont passés date .
   
   J'ai choisi ce livre dans ma pile parce que je voyais un tas de billets à son sujet. Je me suis alors dit que si ça continuait comme ça, j'allais connaître tout le livre sans l'avoir lu et que je n'aurais donc jamais le goût de le lire. Et comme ce livre est apparu dans ma pile sans crier gare (et c'est même vrai, cette fois... je l'avais commandé un cadeau et il est arrivé 2 mois plus tard...), il ne fallait quand même pas le laisser moisir sur l'étagère à tout jamais!!! Quelle horreur, n'est-ce pas!!!!
   
   Bref, j'ai poursuivi ma lecture et finalement, ce n'est pas si mal. Le fait de savoir que l'héroïne a réellement existé (et qu'elle était concertiste, et qu'elle a été soignée par Mesmer) a beaucoup aidé mais je dois aussi admettre que cette Maria Theresia est quand même bien attachante. Je voulais réellement savoir ce qui allait arriver. De plus, la plume est généralement très simple et agréable. Ca se lit de rien! L'arrière-plan de la Cour viennoise sous Marie-Thérèse d'Autriche (la maman de Marie-Antoinette, si je ne m'abuse) est également intéressant, bien qu'effleuré seulement.
   
   J'ai considéré ce roman comme l'un de ceux sur le passage à l'âge adulte, sur l'acceptation de la différence versus la normalité. Une célébration de "l'autrement". Je n'ai pas nécessairement vu la cécité glorifiée mais plutôt une ouverture sur le monde qui a été difficile à vivre et qui a engendré une femme fonceuse malgré son handicap. Parce que Mesmer ou pas Mesmer, j'imagine qu'elle aurait bien fini par s'ouvrir les yeux sur la réalité qui l'entourait... de façon métaphorique du moins! J'ai trouvé le parallèle intéressant et j'ai aimé la femme que Maria Theresia, la jeune fille naïve est finalement devenue.
   
   Par contre, à aucun moment, je n'ai entendu la musique dans l'histoire. On en parle, on clame l'amour de la musique au même titre que l'amour d'un dieu... mais je ne l'ai pas vraiment ressentie à travers les mots de l'auteure. Bon, ok, c'est probablement en raison de ma "prise en grippe" du début mais j'ai trouvé un peu artificiel tous les propos musicaux.
   
   C'est tout de même agréable à lire, mais sans plus.
   
   Question pour les connaisseurs: la partition sur le dessus, est-ce que c'est celle d'une composition de la réelle Maria Theresia? Le concerto que Mozart lui a dédié? Je ne connais pas du tout ces oeuvres mais je suis une horrible curieuse!!!

critique par Karine




* * *