Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Haïkus de Natsume Sôseki

Natsume Sôseki
  Petits contes de printemps
  Le 210e jour
  Je suis un chat
  Haïkus
  Les herbes du chemin
  Oreiller d’herbes
  Sanshirô
  Et puis
  Botchan

Sōseki Natsume (夏目 漱石) est un écrivain japonais né en 1867 et décédé en 1916.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Haïkus - Natsume Sôseki

De si émouvants haïkus
Note :

   L'oeuvre romanesque de Sôseki est à présent largement traduite et reconnue chez nous. Mais il n'en va pas tout à fait de même de son oeuvre poétique, qui l'a pourtant accompagné tout au long de sa vie. Sôseki s'est en effet intéressé à la forme classique du haïku dès ses débuts d'écrivain, et il y est revenu ensuite à de nombreuses reprises. La poésie lui a ainsi fourni un dérivatif à son ennui, au cours de longues semaines de convalescence, et elle a offert un exutoire à la violence de son chagrin suite à la mort de certains de ses proches...
   
   Il y a là un paradoxe que la préface qu'Akiyama Yukata donne à cette anthologie met admirablement en lumière. Nombreux sont les haïkus de Sôseki qui bousculent les règles de cette forme poétique, et qui, laissant une trop grande place à l'expression d'émotions toutes personnelles, déplaisent aux puristes. Ces haïkus ne sont donc pas précisément des modèles du genre, mais c'est cela même qui en fait tout le prix pour le lecteur moins sourcilleux: l'émotion, la vie épinglée en autant d'instantanés, autant d'images surprenantes et profondément touchantes.
   
   L'ensemble bénéficie en outre d'une superbe présentation, enrichie de reproductions de calligraphies ou d'aquarelles de la main de l'auteur qui fut aussi un (bon) peintre du dimanche. Un vrai bonheur!
   
   Extraits:
   
   "Dans l'air vibre la corde
   Silence tendu silence rompu
   Chute mate d'une fleur de camélia" (p. 23)
   
   "Quatre murs nus
   Seule une lampe
   Pour adoucir la chambre glacée" (p. 28)
   
   "Bruissement soyeux
   Manches frôlées robes qui chuchotent
   Pruniers en fleur" (p. 48)
   
   "Le feu des prunelles
   Dévore sa silhouette squelettique
   Chat amoureux" (p. 59)
   
   "Remplissez son cercueil
   De tous les chrysanthèmes du monde
   Autant que la terre en peut fleurir" (p. 73)
   
   "Sur mes entrailles
   Le bouillon de riz
   Verse trois gouttes de printemps" (p. 77)

critique par Fée Carabine




* * *