Lecture / Ecriture
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Le monstre sur le seuil de Howard Phillips Lovecraft

Howard Phillips Lovecraft
  Epouvante et Surnaturel dans la Littérature fantastique
  Le monstre sur le seuil
  Celui qui chuchotait dans les ténèbres
  La peur qui rôde et autres nouvelles
  Les Montagnes hallucinées
  Le témoignage de Randolf Carter
  Par-delà le mur du sommeil et autres nouvelles
  L'appel de Cthulhu
  Le temple
  L'Affaire Charles Dexter Ward
  La Cité sans nom
  La couleur tombée du ciel
  L'ombre sur Innsmouth ou Le Cauchemar d'Innsmouth

Howard Phillips Lovecraft est un écrivain américain d'horreur, de science-fiction et de fantastique, né en 1890 et décédé en 1937.

Le monstre sur le seuil - Howard Phillips Lovecraft

La terreur à votre porte
Note :

   «Le monstre sur le seuil» est une courte histoire que l’on retrouve dans des recueils de nouvelles de Lovecraft, en particulier dans «Par-delà le mur du sommeil» dont la couverture est présentée ici.
   
   «Il est vrai que j’ai logé six balles dans la tête de mon meilleur ami et pourtant, j’espère montrer par le présent récit que je ne suis pas son meurtrier…
   Tout d’abord, on dira que je suis fou, plus fou que l’homme que j’ai tué…
   Plus tard, certains de mes lecteurs pèseront chacune de mes assertions, les rattacheront aux faits connus et se demanderont comment j’aurais pu avoir une opinion différente après m’être trouvé en présence de cette preuve abominable: le monstre sur le seuil de ma porte...»

   
   Ca commence fort, n’est-il pas vrai ?
   C’est vrai que l’écriture de H.P. Lovecraft est intéressante. Adaptée, en phase avec son sujet. Sujet qui est l’épouvante, faut-il le rappeler?
   
   «Le monstre sur le seuil» date de 1923, et H.P. Lovecraft s’y entend pour nous faire sentir une atmosphère confinée, on pourrait dire «poussiéreuse», dans laquelle le sentiment d’inquiétude, puis d’épouvante, naît graduellement.
   
   Le narrateur nous raconte dans quelles circonstances il a tué Edward, son meilleur ami. Edward, qui fut étudiant avec le narrateur, a toujours été féru d’occultisme, de magie noire. Son «cas» s’aggrave lors de son mariage avec Asenath, fille d’un homme déja passablement étrange, pas vraiment le «W.A.S.P. (White Anglo-Saxon Protestant)» de base! Il s’isole, a un comportement des plus variable, change d’habitudes voire d’aspect par éclipses… Bref, on sent bien qu’il se passe quelque chose! Et à l’instar du narrateur, on a peur de deviner ce qu’est ce «quelque chose». Mais la peur n’évitant pas le danger … on en arrive à l’intro de cette grosse nouvelle :
   «Il est vrai que j’ai logé six balles dans la tête de mon meilleur ami …: le monstre sur le seuil de ma porte …»
   
   On voit la chose venir. On la redoute, donc on l’évacue. Et puis … il faut se rendre aux faits et à l’évidence: sorcellerie, magie noire, … Et en avant l’épouvante !
   
   Tout ceci aux standards des années 1920, ce qui contribue à accroître s’il était besoin l’étrangeté du récit. Décalage, … quand tu nous tiens!
    ↓

critique par Tistou




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Ou La chose sur le seuil
Note :

   Si vous cherchez du vraiment terrifiant, on a fait bien plus fort, gore et violent depuis Lovecraft, et vous serez déçu, mais si vous êtes encore accessible aux ambiances authentiquement gothiques même dans leurs aspects surannés... il en ira autrement.
   
   D'entrée de jeu, le narrateur nous annonce qu'il vient de tirer six balles dans la tête de son meilleur ami (ce qui n'est pas gentil) mais soutient dans la foulée qu'il n'est pas son meurtrier (ce qui n'est pas logique). Le reste du récit visera à nous faire comprendre comment on peut partir de deux hommes amis depuis l'enfance et l'étant encore à l'âge adulte, et arriver à l'un qui tire sur l'autre.
   
   Les lecteurs de Lovecraft ne seront pas perdus dans ce récit qui rassemble des éléments habituels à l'auteur,. L'un des deux hommes (Derby, la victime) fait tourner court ses études au profit de "recherches" sur le paranormal, la cabale, l'ésotérisme, etc. L'autre homme (Daniel, le narrateur), esprit plus cartésien, poursuit lui, et devient médecin, il revient s'installer une fois ses études terminées, avec femme et enfant. Son ami est devenu de plus en plus étrange et ne vit que de la fortune familiale, mais il s'est pourtant marié lui aussi, mais pas avec n'importe qui. Il a épousé la très étrange Asenath Waite, fille du plus étrange encore Ephraim Waite. Effrayant personnage, mort -mais est-ce bien sûr?- quand elle était jeune.
   
   Je dis "est-ce bien sûr?" parce qu'Ephraïm aurait peut-être trouvé un accès à l'immortalité, mais qui ne serait pas sans inconvénients pour son entourage. Et quand je dis inconvénients...
   
   Bref, je ne vais pas vous en dire plus, vous apprécierez s'il a été judicieux ou non de tirer dans la tête du pauvre Derby, et si le problème s'en est trouvé ainsi réglé.
   
   Lovecraft laisse malencontreusement transpirer ici sa pitoyable misogynie, mais on est habitués, et c'était plus son problème que le nôtre, avouons-le.

critique par Sibylline




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