Lecture / Ecriture
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La princesse des Glaces de Camilla Läckberg

Camilla Läckberg
  La princesse des Glaces
  Le prédicateur
  Le tailleur de pierre
  L'oiseau de mauvais augure
  Cyanure

Camilla Läckberg Eriksson est une auteure suédoise de romans policiers, née en 1974.

La princesse des Glaces - Camilla Läckberg

Bridget mène l'enquête
Note :

   Une couverture attrayante, une 4 ème de couv' où j'ai pêché "enquêtrice au foyer façon Desperate Housewife", une allusion à "Millénium" (en termes de chiffres de vente, il est vrai), et j'étais cuite : La princesse des Glaces était pour moi.
   
   "Princesse des glaces", Alex l'est à plus d'un titre : par sa beauté et sa froideur soudaine et parce qu'on la retrouve suicidée dans une baignoire d'eau gelée...
   
   Son amie d’enfance, Erica,la découvre et va être chargée par la famille de rédiger un texte à la mémoire de la défunte, bon prétexte pour mener l'enquête sur le passé d'Alex.
   
   Camilla Lackberg tresse avec habileté trois intrigues: la policière, de facture classique mais riche en rebondissements ,même si Erica fait souvent fi des règles en vigueur dans la police ; la sentimentale avec une héroïne clairement donnée comme écho de Briget Jones:la trentaine bien entamée, célibataire, des kilos en trop... et un amoureux d'enfance qui a eu la bonne idée de devenir policier; une intrigue familiale enfin car Erica vient de perdre ses parents et refuse de vendre la maison familiale, contre la volonté de sa soeur, manipulée par un mari pas si bien sous tous rapports que cela (il est même carrément ignoble). Le tout traité avec pertinence, alternant émotion et humour.
   
   La traduction est parfois lourde, on se demande si les deux traducteurs ont travaillé en harmonie, mais l'ensemble se lit avec plaisir. Une fois encore les auteurs nordiques se montrent moins frileux (je sais c'est facile!) que leurs confrères français et ne rechignent pas à évoquer des thèmes tels que la violence conjugale dans les milieux apparemment sans histoires.
   
   J'avais deviné rapidement quel avait été le problème d'Erica mais l'auteure a su injecter une dose de noirceur supplémentaire et traiter ce thème, devenu hélas courant, avec sensibilité .
   
   Nous sommes loin de la réussite de Millénium mais il ne faut pas bouder son plaisir.
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critique par Cathulu




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Une biographe mène l’enquête
Note :

   Auteur de plusieurs biographies consacrées à quelques unes de ses célèbres consoeurs suédoises, Erica Falck est revenue s’installer pour un temps – suite au décès de ses parents - dans sa ville natale de Fjällbacka, sur la côte ouest de la Suède. Et par une coïncidence improbable et surtout douloureuse, elle a été amenée à découvrir, dans une villa proche de la maison familale, le corps d’une de ses amies d’enfance, Alexandra Wijkner, les poignets tailladés dans une mascarade de suicide…
   
   Les liens entre les deux fillettes s’étaient distendus, inexplicablement, à l’orée de l’adolescence, quelques mois avant que la famille d’Alexandra ne déménage à Göteborg, laissant à Erica un sentiment d’incompréhension mêlé de regrets. Aussi ne pouvait-elle qu’accepter la demande des parents d’Alex et écrire la nécrologie de son amie, dans une dernière tentative pour comprendre ce qui avait, selon toutes apparences, fait déraper la vie d’Alex vingt-cinq ans plus tôt avant de provoquer sa mort, et ce qui avait alors mis fin à leur amitié. Sans oublier que cela lui donnerait de bonnes raisons de croiser le chemin de Patrik Hedström, un des policiers chargés de l’affaire, qui fut son soupirant aussi transi que malchanceux au temps du lycée mais qu’elle trouve à présent fort à son goût. Selon la jolie expression en vigueur outre Manche: une romance fleurit, apportant un peu de douceur dans le monde de brutes de l’enquête policière.
   
   Et petit à petit, c’est l’idée d’un nouveau livre – un livre sans doute pas très différent de celui que Camilla Läckberg propose à ses lecteurs - qui s’impose à Erica, cédant à son habitude professionnelle de fouiller les vies de ses semblables: "Au début, pensant qu’[Alex] s’était suicidée, elle avait eu en tête d’écrire un livre qui répondrait à la question "pourquoi?" et qui pencherait du côté documentaire. Maintenant, le matériel prenait de plus en plus la forme d’un polar, genre qui ne l’avait jamais particulièrement attirée. C’était les gens, les relations entre eux et leurs fonds psychologiques qui l’intéressaient, et à son goût, la plupart des polars laissaient cela de côté pour privilégier les meurtres sanglants et les frissons dans le dos. Elle détestait tout ce qui était clichés et sentait qu’elle voulait écrire quelque chose d’authentique. Quelque chose qui essaierait de décrire pourquoi une personne pouvait commettre le pire des péchés – retirer la vie d’une autre personne." (pp. 110-111)
   
   C’est peut-être cette volonté de comprendre, et de chercher les motivations intimes derrière les explications de façade, qui fait de "La Princesse des glaces" un roman captivant. Alors même que l’écriture ne donne pas l’impression d’être particulièrement soignée - le style reste tout du long très proche d’un langage parlé, ce qui a d’habitude plutôt pour effet de m’horripiler surtout lorsque ce procédé est maintenu sur une longue distance -, je n’ai pas pu lâcher ce livre avant d’en avoir tourné la dernière page. Captivant, je vous assure…
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critique par Fée Carabine




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Les polars suédois
Note :

   Comparaison facile avec Millenium et un créneau sur lequel Actes Sud semble avoir joué pour lancer cette série en France. Vous avez adoré Millénium? Attention, malgré ce qui est dit sur la 4ème de couverture, les deux auteurs, styles ne sont pas comparables et certains lecteurs risquent d'être fort déçus. Oui il s'agit dans les deux cas d'auteurs suédois, d'investigations policières, mais le style narratif, vocabulaire, lieu de l'action sont différents.
   
   Si cet ouvrage aborde des sujets tels la pédophilie au cours de certains chapitres, il n'en reste pas moins relativement soft si on le compare avec les deux premiers volumes de la trilogie de Stieg Larsson. Je vais essayer d'arrêter la comparaison car, en dépit de certaines faiblesses, ce livre a droit à son public.
   
   D'un point de vue négatif, je pense que cet ouvrage pose des jalons fort nombreux au niveau des personnages qui fait que, pour certains d'entre nous, le mélange des genres semble être au rendez-vous. En voulant dès ce premier volume, nous présenter les acteurs récurrents de sa série de polars ayant pour héroïne Erica Falck, Camilla Läckberg nous égare vers des voies transversales, qui si elles nous aident à mieux cerner son personnage principal, détonne lorsque l'on découvre tous les membres du commissariat.
   
   S'il est vrai que certaines tournures de phrases sont maladroites (une traduction un peu hâtive?), néanmoins le scénario à la base de l'enquête est originale, même si un des secret d'Alexandra m'a paru très rapidement évident. Le dénouement final s'est avéré beaucoup plus complexe que ce que j'avais imaginé.
   
   J'ai donc accroché à ce volume faisant abstraction des "erreurs de jeunesse". Je termine le second volume afin de vous faire part de mes impressions rapidement, et pour savoir si la poursuite de la lecture de cette série fera partie de mes priorités.
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critique par Delphine




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Des secrets de famille bien gardés
Note :

   Erica Falck est une jeune biographe qui réside à Fjällbacka, petit village de pêcheurs dans la partie ouest de la Suède. Elle découvre le corps sans vie de son amie d’enfance Alex dans la baignoire de sa maison glaciale, les cheveux brillants de givre. Ses poignets sont tailladés, du sang a coulé en abondance des blessures. S’est-elle suicidée? Le doute semble permis quand peu de temps après on retrouve un peintre alcoolique qui fréquentait Alex pendu dans son appartement. Deuxième mort violente et suspecte. Un meurtrier sévit-il à Fjällbacka? Erica va mener l’enquête aux côtés de Patrik, un inspecteur de police pour qui elle commence à éprouver de troublants sentiments…
   
   J’avais beaucoup entendu parler de Camilla Läckberg et de sa série relatant les enquêtes d’Erica Falck. J’avais bien envie de découvrir cet auteur nordique et «La princesse des glaces» constitue le premier livre de celle-ci que je lis. Je n’ai pas été déçue.
   
   L’atmosphère mystérieuse et énigmatique saisit le lecteur dès les premières pages. On découvre Erica, une enquêtrice sympathique et attachante, très humaine dans ses préoccupations de femme: car avant de nous conter une histoire policière, Camilla Läckberg s’attache à nous tracer le portrait d’hommes et de femmes singuliers, dans toutes leurs dimensions existentielles. Ainsi Erica est-elle complexée par son poids, calculant avec angoisse le nombre de points Weight Watchers qu’elle consomme à chaque écart, regardant avec effroi son ventre trop replet à son goût. Nous suivons notre écrivain dans son histoire romantique avec Patrik, l’inspecteur de police fou d’amour pour elle depuis sa plus tendre enfance.
   
   Il ne faut pas craindre les longueurs, les digressions vers des histoires plus périphériques mais qui donnent néanmoins consistance au récit. L’auteur aborde, tel Indridason dans «La femme en vert», la question de la maltraitance des femmes et des enfants. C’est à l’occasion d’un passage que j’ai trouvé très violent qu’elle nous raconte la prise de conscience de la sœur d’Erica à propos du comportement intolérable de son mari et son envie d’en finir avec cette histoire.
   
   L’histoire policière est habilement menée, naviguant entre toutes ces histoires parallèles, mais j’ai trouvé la vérité finale un peu décevante, car manquant d’originalité. Je m’attendais à découvrir un meurtrier animé de pulsions davantage perverses (peut-être cela vient-il de tous les scénarios policiers tarabiscotés que j’ai lus jusque là, tels ceux des Grangé, Chattam ou Thilliez, ou encore les scénarios machiavéliques d’un très bon Jonquet avec «Mygale»).
   
   Au-delà de l’intrigue policière, l’auteur nous conduit au cœur d’une petite communauté et de ses secrets de famille bien gardés et jalousement tus. Quand ceux-ci se révèlent au grand jour, à quelle vérité Erica va-t-elle se trouver confrontée? La Princesse des glaces qu’elle a découverte au fond d’une baignoire pourra-t-elle garder au fond de son cœur la place de choix qu’elle y avait occupée?
   
   Un très bon policier avec néanmoins quelques longueurs et une révélation un peu décevante. Un auteur nordique à découvrir qui sait dépeindre avec brio et précision les mœurs d’une communauté au sein d’un village de pêcheurs de l’ouest de la Suède.

critique par Seraphita




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