Lecture / Ecriture
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O Matador de Patrícia Melo

Patrícia Melo
  Monde Perdu
  Eloge du mensonge
  O Matador

Patrícia Melo est une écrivaine brésilienne née en 1962.

O Matador - Patrícia Melo

Sans habit de lumière
Note :

   Premier roman de cette auteure brésilienne que j’ai récemment découvert grâce à «L’éloge du mensonge».
   
   Maîquel aimerait bien être un homme normal, il se trouve laid avec ses yeux de crapaud et son nez en patate. Puis un jour, à la suite d’un pari, il se fait teindre les cheveux en blond. Sa vie et sa vision de lui-même changent, il fait la connaissance d’une charmante jeune fille Clédir et tue un homme ! Comme l’homme assassiné, mis à part pour sa petite Erica, n’est pas une grosse perte, la police ne l’inquiète pas. Mieux, les gens le congratulent, le félicitent, lui offrent à boire, et même un cochon vivant ! Il devient un personnage, son dentiste lui offre les soins gratuits s'il tue un homme qui aurait violé sa fille, et voilà comment on devient un tueur pour le bien d’une certaine partie de la société.
   
   Sa vie sentimentale se complique, Clédir est enceinte et sa mère vient de mourir, donc il l’épouse, mais il laisse Erica s’installer chez lui. Désormais sa vie lui échappe, il devient le tueur de certains notables. Puis il s’associe avec un commissaire de police pour créer une entreprise de protection dans une favela, il est désormais un patron riche et puissant, comblé d’honneur, mais sa vie sentimentale est une suite de désillusions.
   
   Maïquel est un garçon pas bien futé, pas bien méchant au départ, mais petit à petit, il ne retient plus sa vie, il tue bêtement la première fois, pour ne pas décevoir la deuxième fois, puis par intérêt ensuite. Mais malgré sa richesse apparente, il est manipulé par des plus forts et plus malins que lui. Par sens du devoir, il épousera Clédir tout en aimant Erica, il ira fleurir la tombe d’un homme qu’il a tué, tueur de sang froid, il pleurera la mort de son cochon. Mais il perdra la tête et son pouvoir, ouvrira les yeux, mais tuera encore, par vengeance personnelle cette fois!
   
   Erica est jeune, une quinzaine d’années, elle aime étudier et aidera à sa manière Maïquel. Mais la découverte de Dieu lui fait abandonner ce dernier avec qui elle vit.
   
   Ecriture moins bien léchée que dans «L’éloge du mensonge», plus rythmée, les personnages ne sont pas les mêmes non plus. Un bon livre qui nous raconte, sur un sujet qui n’a rien d’original, une histoire de vie et de mort dans un Brésil des quartiers populaires pris entre misère, drogue, gang et corruption.
   
   Dommage que quelques passages soient un peu trop invraisemblables, cela retire un peu du plaisir final.
   
   Extraits :
   - Tout a commencé quand j’ai perdu mon pari. Sao Paulo avait perdu 2 à 0 contre Palmèiras.
   - Blonds blond, aussi blonds que ceux des chanteurs de rock anglais.
   - Le mariage c’est comme ça, tout le monde le sait, les femmes veulent se marier et les hommes finissent par le faire.
   - Les mecs m’ont transformé en kamikaze, un kamikaze ignorant, qui ne savait pas que l’avion allait exploser.
   - C’est ça qu’ils vont t’apprendre, la haine ça s’apprend facilement.
   - Je voulais te proposer qu’on s’associe tous les deux, Maïquel, qu’on monte une société de sécurité patrimoniale.
   - Je peux tuer votre femme, j’ai dit. Par amitié.
   - J’étais le revolver de ces mecs. Leur paix. Ils doivent avoir un revolver parce que tout le monde veut leur piquer leur vidéo laser.

   
   Titre original : O Matador

critique par Eireann Yvon




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