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La justice de l'inconscient - Les Carnets de Max Liebermann, 1 de Frank Tallis

Frank Tallis
  Du sang sur Vienne - Les Carnets de Max Liebermann, 2
  La justice de l'inconscient - Les Carnets de Max Liebermann, 1
  Les mensonges de l'esprit - Les Carnets de Max Liebermann, 3
  Les pièges du crépuscule - Les Carnets de Max Liebermann, 4
  La Chambre des âmes

Frank Tallis, né en 1958 à Londres, est un Britannique, psychologue clinicien, spécialiste des troubles obsessionnels et auteur de romans policiers historiques. Il a également signé F. R. Tallis des récits fantastiques.

La justice de l'inconscient - Les Carnets de Max Liebermann, 1 - Frank Tallis

Le médecin et l'inspecteur
Note :

    Vienne, début du XX° siècle. Max Liebermann est médecin psychiatre à l'hôpital de Vienne. Outre sa pratique (très moderne puisqu'il pratique la thérapie par la parole et refuse l'électrothérapie), il aide régulièrement son ami Oskar Rheinhardt, qui est lui, inspecteur de police. Les deux amis se retrouvent confrontés à un cas peu ordinaire : une très belle jeune femme, Charlotte Löwenstein, qui se prétendait medium a été assassinée chez elle dans des circonstances peu ordinaires: la porte et les fenêtres étaient fermées de l'intérieur et à l'autopsie, on ne retrouve pas la balle. Sommes-nous en présence d'un simple cas d'illusionniste ou des puissances supérieures et surnaturelles seraient-elles mêlées à l'affaire ?
   
   Premier volume des Carnets de Max Liebermann, "La justice de l'inconscient" est vraiment un excellent polar historique, chers happy few! L'intrigue est bien construite, il y a suffisamment de suspects pour que le lecteur participe activement à la recherche de l'assassin, les personnages principaux sont très attachants car complexes (les atermoiements amoureux de Max laissent présager une suite des plus intéressante) et les personnages secondaires fort bien campés prennent rapidement une ampleur appréciable. Mais la grande réussite de ce roman réside dans la description sociale, culturelle et politique de la Vienne de 1900. On y croise des personnages historiques comme Freud (qui se passionne pour les antiquités et est près d'abandonner l'hypnose pour passer à la libre association), Mahler ou Klimt, qui révolutionne l'art au grand désarroi de certains, on y voit l'importance de la musique (les viennois jouent tellement de musique qu'un décret interdit la musique après 23 heures, nos deux héros se retrouvent régulièrement pour jouer et chanter, des pianistes sont présents dans la plupart des cafés) et de la gastronomie (toutes ces pâtisseries et ces grandes variétés de café mettent véritablement en appétit, chers happy few, vous pouvez me croire), on assiste aux premières avancées féministes (les femmes ont le droit de faire des études de médecine), aux débuts de la médecine légale et de la police scientifique, et on sent l'antisémitisme rampant. Tout cet arrière-plan, magistralement décrit sans qu'on ne soit jamais dans un cours d'Histoire, est très intéressant et donne beaucoup d'épaisseur à ce roman, que j'ai vraiment beaucoup apprécié, chers happy few, au point d'avoir immédiatement commencé le deuxième volume!
   
   Allez vous allonger vous aussi sur le divan de Max Liebermann, à moins que vous ne préfériez faire un tour de grande roue au Prater ou prendre un Pharisaër avec un Rehrücken en écoutant Schubert, chers happy few ?
   
   PS : A noter que l'auteur est psychiatre et que ses deux premiers romans, qui ne sont pas des romans policiers, ont été primés.
   
   
   Titre original : Mortal Mischief

critique par Fashion




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