Lecture / Ecriture
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De l'inconvénient d'être né de Emil Cioran

Emil Cioran
  Ebauches de vertige
  De l'inconvénient d'être né
  Des larmes et des saints
  Le Crépuscule des pensées

Emil Cioran est un philosophe et écrivain roumain né en 1911 en Roumanie, mort n 1995 à Paris.

De l'inconvénient d'être né - Emil Cioran

Cioran, du cynisme à la pudeur
Note :

   J'ai décidé de vous faire un cadeau !
   
   J'ai bien réfléchi avant de vous parler de "De l'inconvénient d'être né" d'Emil Cioran (1911 - 1995).
   Tellement réfléchi que la seule conclusion qui s'est finalement imposée fut: Pourquoi paraphraser Cioran ? Quel besoin de surajouter quand on ne pourra faire que moins bien ?
   
   Rien à ajouter... Sauf peut-être que les "Petites phrases pour traverser la vie en cas de tempête… et par beau temps aussi" de Christine Orban est à "L'inconvénient d'être né " ce que la margarine est au beurre. (Pour info la margarine augmente le risque de maladies cardio-vasculaires de façon significative contrairement à ce que l'on pense... Vous me suivez ?)
   
   Et s'il vous venait à l'esprit de garder au fond de votre sac, un livre de pensées bien senties, ne faites pas l'erreur de choisir le mauvais.
   
   Quelques sites proposent (me direz vous) des choix d'extraits de ce livre. Oui mais... Ceux qui vont suivre sont les miens et ça change tout ! Ca change quoi ? C'est ma sensibilité que je découvre en triant avec parcimonie les extraits qui me touchent, souvent pour des raisons très différentes.
   
   Allez, trêve de bavardage, place au génie :
   
   
   "On peut supporter n'importe quelle vérité, si destructrice soit-elle, à condition qu'elle tienne lieu de tout, qu'elle compte autant de vitalité que l'espoir auquel elle s'est substituée."
   
   "Ce que je sais à soixante, je le savais aussi bien à vingt. Quarante ans d'un long, d'un superflu travail de vérification."
   
   "On ne devrait écrire des livres que pour y dire des choses qu'on n'oserait confier à personne."
   
   "La valeur intrinsèque d'un livre ne dépend pas de l'importance du sujet (sans quoi les théologiens l'emporteraient, et de loin), mais de la manière d'aborder l'accidentel et l'insignifiant, de maîtriser l'infime. L'essentiel n'a jamais exigé le moindre talent."
   
   "Être objectif, c'est traiter l'autre comme on traite un objet, un macchabée, c'est se comporter à son égard en croque-mort."
   
   "Il est dit dans le Zohar, «Dès que l'homme a paru aussitôt ont paru les fleurs.» Je croirais plutôt qu'elles étaient là bien avant lui, et que sa venue les plongea toutes dans une stupéfaction dont elles ne sont pas encore revenues."
   
   "Gogol, dans l'espoir d'une "régénération", se rendant à Nazareth et s'y ennuyant comme "dans une gare en Russie", c'est bien ce qui nous arrive à tous quand nous cherchons au-dehors ce qui ne peut exister qu'en nous."
   
   "Je sens que je suis libre mais je sais que je ne le suis pas."
   
   "Lorsqu'on nous rapporte un jugement défavorable sur nous, au lieu de nous fâcher, nous devrions songer à tout le mal que nous avons dit des autres, et trouver que c'est justice si on en dit également de nous. L'ironie veut qu'il n'y ait personne de plus vulnérable, de plus susceptible, de moins disposé à reconnaître ses propres défauts, que le médisant. Il suffit de lui citer une réserve infime qu'on a faite à son sujet, pour qu'il perde contenance, se déchaîne et se noie dans sa bile."
   
   "Le plus grand service qu'on puisse rendre à un auteur est de lui interdire de travailler pendant un certain temps. Des tyrannies de courtes durées seraient nécessaires, qui s'emploieraient à suspendre toute activité intellectuelle. La liberté d'expression sans interruption aucune expose les talents à un péril mortel, elle les oblige à se dépenser au-delà de leurs ressources et les empêche de stocker des sensations et des expériences. La liberté sans limite est un attentat contre l'esprit."
   
   "La pitié de soi est moins stérile qu'on ne croit. Dès que quelqu'un en ressent le moindre accès, il prend une pose de penseur, et, merveille des merveilles, il arrive à penser."
   
   "En permettant l'homme, la nature a commis beaucoup plus qu'une erreur de calcul : un attentat contre elle-même."
   
   "Malgré ses cheveux blancs, elle faisait encore le trottoir. Je la rencontrais souvent, au Quartier, vers trois heures du matin, et n'aimais pas rentrer sans l'entendre raconter quelques exploits ou quelques anecdotes. Les anecdotes comme les exploits, je les ai oubliés. Mais je n'ai pas oublié la promptitude avec laquelle, une nuit où je m'étais mis à tempêter contre tous ces pouilleux qui dormaient, elle enchaîna, l'index dressé vers le ciel : "Et que dites-vous du pouilleux d'en haut ?"

   
   
   PS : J'avais omis de vous renvoyer (pour ceux que cela intéresserait) à la petite comparaison que j'avais osée lors du post sur Pierre Drieu La Rochelle entre ce dernier et Emil Cioran :)

critique par Cogito




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