Lecture / Ecriture
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Un crocodile sur un banc de sable de Elizabeth Peters

Elizabeth Peters
  Un crocodile sur un banc de sable
  La malédiction des pharaons
  Ados: Le mystère du sarcophage

Elizabeth Peters est un des pseudonyme de Barbara Mertz, Américaine née en 1927, égyptologue et auteur prolixe de romans d'aventure.

Un crocodile sur un banc de sable - Elizabeth Peters

Achat compulsif pour une relecture...
Note :

   Il y a quelques années, j'écumais au hasard ma bibliothèque et j'avais trouvé tout une série qui me plaisait bien. J'ai essayé de la retrouver quelques années plus tard chez mon libraire de quartier avec comme seuls indices : - ma mémoire trouée (on ne rit pas; enfin pas trop SVP),
   - que le rayonnage où je trouvais cette série se trouvait (j'en étais certaine) dans les P puisqu'en parallèle j'avais commencé à écluser les Ian Pears,
   -c'était un policier sympa, - cela se déroulait en Egypte et parallèlement à leurs fouilles, nos héros (un couple) résolvaient des énigmes,
   - leur fils s'appelait Ramsès...
   Bon comme je ne retrouvais pas, je me faisais une raison, mais bon...
   
   Et comme d'habitude, ma bibliothèque avait modifié l'emplacement de ses rayonnages (en raison de l’expansion de son fonds) donc mes réflexes en automatique s'avéraient vains (quand je vous disais que les libraires ne devaient absolument pas changer leurs tables de présentation, pfft !!)
   Et puis un soir, en allant voir autre chose, j'ai pu retrouver ma saga...
   
   Tadam...
   
   C'est donc avec plaisir que j'ai repris cette lecture, même si je pense que, si mes souvenirs sont bons (hum) les prochaines devraient trouver un rythme plus enlevé que dans ce premier volume.
   
   A mes yeux, cet épisode plante le décor de l'ensemble. Sont présents bon nombre de points qui font le charme de ce type de saga: une jeune femme abandonnée qui trouve le soutien d'une "presque vieille fille "(vu l'époque, c'est 30 ans), Amélia Peabody, au caractère entier, qui a décidé de découvrir les merveilles des civilisations que son père étudiait. Elles se rendent en Egypte, rencontrent 2 frères dont l'un, Radcliffe Emerson, ténébreux, a un caractère aussi direct qu'Amélia ce qui donne de savoureux échanges entre ces êtres intelligents et têtus.
   
   Ne pas oublier que ces 2 frères effectuent des fouilles archéologiques.
   
   Se retrouvant pas hasard sur le site de l'antique capitale d'Akhenaton, nos héros sont confrontés à une momie ainsi qu'à leurs sentiments.
   
   Comme je le disais précédemment, le fait que nous rencontrions pour la première fois ces personnages laissent parfois un sentiment de flottement dans le déroulement de ce volume. Les suivants sont plus impulsifs. Le fait de connaître nos personnages, d'attendre les querelles du couple Peabody-Radcliffe, liées à leurs caractères, à leurs opinions tranchées qu'ils s'agissent de politique ou autre font le charme de la série.
   
   Enfin ces histoires s'appuient sur un pays où les événements politiques se juxtaposent aux intrigues sans jamais que le lecteur ait le sentiment qu'on essaie de lui faire prendre des vessies pour des lanternes. L'auteur connaît son sujet et crée une oeuvre de fiction en s'appuyant sur l'histoire.
   
   Si vous êtes un peu sceptique à la lecture de ce premier volume, je ne peux donc que vous encourager à poursuivre. Je suis certaine que vous ne le regretterez absolument pas!
   
   Demain, direction la bibliothèque, mon libraire... Je veux poursuivre ma relecture et sans doute lire des épisodes encore inconnus de mes neurones défaillants...
   
   
   
   La série Amelia Peabody :
   
   1. Un crocodile sur un banc de sable (Crocodile on the Sandbank) (1975)

   2. La Malédiction des Pharaons (The Curse of the Pharaohs) (1981)
   3. Le Mystère du Sarcophage (The Mummy Case) (1985)
   4. L'Ombre de Sethos (Lion in the Valley) (1986)
   5. La Onzième Plaie d'Égypte (The Deeds of the Disturber) (1988)
   6. Le Secret d'Amon-Râ (The Last Camel Died at Noon) (1991)
   7. Le Maître d'Anubis (The Snake, the Crocodile, and the Dog) (1992)
   8. La déesse Hippopotame (The Hippopotamus Pool) (1996)
   9. L'Énigme de la momie blonde (Seeing a Large Cat) (1997)
   10. Le Papyrus de Thot (The Ape Who Guards the Balance) (1998)
   11. La Pyramide oubliée (The Falcon at the Portal) (1999)
   12. Le Maître des démons (He Shall Thunder in the Sky) (2000)
   13. Le Retour de Sethos (Lord of the Silent) (2001)
   14. La Nécropole des Singes (The Golden One)) (2002)
   15. La Vengeance d'Hathor (Children of the Storm) (2003)
   16. Les Aventuriers de l'Oasis perdue (Guardian of the horizon) (2004)
   17. The Serpent on the Crown (2005)
   18. The Tomb of the Golden Bird (mars 2006)
   19. A River in the Sky (avril 2010)
    ↓

critique par Delphine




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L'énigme de la momie somnambule...
Note :

   Premiers pas sur la Terre des Pharaons pour l'indomptable Amelia Peabody, après une brève escale à Rome où elle rencontre Evelyn, jeune noble anglaise ayant compromis son honneur par sa fuite avec son maître de musique italien, qui vient de l'abandonner lâchement. Les deux femmes arrivent bientôt au Caire et découvrent les joies des vestiges antiques, lorsqu'une brutale altercation entre Amelia et un archéologue anglais bouillonnant vient rompre leurs déambulations. Cet archéologue se nomme Radcliffe Emerson, et il est sans nul doute persuadé d'être le plus brillant égyptologue de son époque. Son frère cadet, Walter, présente de nombreux charmes, auxquels Evelyn ne semble pas insensible. Cette rencontre aurait pu tomber dans l'oubli, si le hasard n'avait pas remis nos quatre personnages en présence, dans la ville d'Amarna, construite par Akhénaton, le pharaon hérétique. Mais une étrange momie vient troubler les paisibles fouilles de cette charmante équipe, et se montre même terriblement vindicative, n'hésitant pas à endommager les vestiges mis au jour ou à s'en prendre physiquement aux membres du petit groupe. Il va alors falloir toute la sagacité d'Emerson et toute l'impétuosité d'Amelia Peabody pour déjouer cette mascarade.
   
   Avec ce premier volume d'une -très- longue série, Elizabeth Peters nous emmène en Égypte, à la fin du XIXe siècle, dans le cadre des grandes découvertes consécutives aux recherches acharnées menées par Maspero, Petrie et tant d'autres. La pétillante Peabody n'en finit pas de nous surprendre par ses réflexions, très féministes pour l'époque, et ses actes parfois à la limite du loufoque et du convenable (l'usage inattendu qu'elle fait de son ombrelle en est sans doute le meilleur exemple). Elle est entourée de personnages très bien conçus et qui lui donnent la réplique, dans la mesure de leurs moyens, même si seul Emerson s'affirme comme un adversaire à sa hauteur, ce qui ne manquera pas de rappeler à un lecteur attentif un certain roman nommé "Orgueil et Préjugés", qui mettait aux prises deux jeunes nobles anglais lancés dans une joute permanente mais qui en réalité se vouent un amour passionné.
   
    L'énigme de la momie somnambule n'est toutefois guère convaincante, tant elle paraît peu préoccuper nos héros jusqu'aux cinquante dernières pages, et il semble qu'Elizabeth Peters ait voulu montrer avant tout la rencontre et l'affection naissante entre nos deux égyptologues, plutôt que construire un roman policier en bonne et due forme. Le(s) mobile(s) révélés dans le dernier chapitre paraissent légèrement tirés par les cheveux (sur une momie, je vous laisse imaginer le carnage) et n'emportent pas vraiment l'adhésion du lecteur, mais le reste est si bien écrit qu'on pardonne bien vite à Elizabeth Peters de ne pas avoir apporté tout le soin nécessaire à l'élaboration de cette enquête néanmoins placée sous le signe de Sherlock Holmes et de Miss Marple.
   
   Le style est comme toujours un pur régal, avec cette pointe de flegme et d'humour so british, et les descriptions des sites et des fouilles archéologiques sont rigoureusement exactes et, ce qui ne gâche rien, vraiment palpitantes, de quoi susciter de nombreuses vocations. Enfin, il semble que le pharaon hérétique ait la cote ces dernières années chez les romanciers, drôle de revanche de l'Histoire sur celui dont le nom a été méthodiquement martelé sur les inscriptions, afin que nul ne se souvienne de son existence. A mi-chemin entre Agatha Christie et Indiana Jones, ce roman ne peut que faire des adeptes, et l'on se prendrait presque à rêver d'être Amelia Peabody elle-même, bravant les dangers et les difficultés pour l'amour de l'égyptologie, réussissant à concilier vie privée et vie professionnelle avec celui qui deviendra son collègue, son ami et son époux. 
   ↓

critique par Elizabeth Bennet




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Une excellente récréation !
Note :

   Présentation de l’éditeur :
   " "Sous le pseudonyme d'Elizabeth Peters, créé en accolant les prénoms de ses deux enfants, cette égyptologue reconnue a entrepris de faire revivre les "grandes heures" de l'égyptologie au tournant du XXe siècle, lorsque l'Angleterre victorienne s'enthousiasmait pour les découvertes de Petrie ou de Maspero. D'où l'idée de recourir au mode d'expression le plus populaire, le roman policier, pour faire découvrir ce monde fascinant."
   
   Hum, hum… alors tout de suite, n’exagérons rien, si vous avez dépassé la 6ème de collège, ces romans policiers ne vous apprendront pas grand-chose sur l’Egypte ancienne… ni sur le monde victorien dont nous est donnée ici une vision que j’estime pas mal déformée par la modernité. Mais une fois renoncé à ces prétentions didactiques, le roman de Mme Peters reste néanmoins un bien agréable petit polar plein d’humour. Le genre de lecture idéale pour la plage ou le jardin ou au contraire un après-midi pluvieux. (Et moi, en Normandie cette année, j’ai les trois en même temps, c’est dire si je suis gâtée).
   
   Le récit nous en est fait par Miss Amelia Peabody qui, ayant plus de trente ans, est considérée par tous, y compris elle-même, comme une incurable vieille-fille. Ayant passé ces dernières années auprès d’un père ermite érudit dont elle partageait la bibliothèque et faisait tourner la maison et ayant hérité à sa mort de revenus confortables, elle se soucie d’ailleurs peu de s’encombrer d’un mari qui, époque oblige, se voudrait dominant.
   "- Je ne voudrais pas être indiscret, mademoiselle Peabody, mais puis-je vous demander si vous avez une quelconque inclination pour le mariage?
   Aucune, répondis-je sans la moindre hésitation. J'y suis totalement opposée.
   (…) Pour moi-même, naturellement, précisai-je. Je conçois fort bien que certaines de mes consœurs s'y prêtent volontiers. (…) Mais je ne vois pas pourquoi une femme intelligente et financièrement indépendante devrait se soumettre aux caprices et aux exigences tyranniques d'un mari."

   
   Comme elle est riche et libre, elle décide donc de voyager et tout d’abord, d’aller voir de plus près les lieux dont elle a étudié les arts et l’histoire dans la bibliothèque paternelle, et ce sera l’Italie, puis l’Egypte. En route surviendront tout un tas d’aventures où le caractère décidé, débrouillard et autoritaire de la Miss feront miracle.
   
   Avec la pugnacité de la narratrice, ce qui fait tout le charme du récit, c’est le perpétuel understatement so british
   "Il n'était pas dépourvu de qualités. Si j'avais plus de temps, je parviendrais sans doute à en trouver une..."

   et les scènes comiques alternant avec les scènes de suspens et d’émotion.
   "- Enfin une réaction féminine! Je commençais à désespérer.
   Un mince filet de fumée montait de la poche dans laquelle il avait mis sa pipe. J'avais été sur le point de le lui faire remarquer, mais sa nouvelle pique m'incita à attendre encore un peu."

   
   Comme vous le voyez, Miss Amelia Peabody est de taille à ne pas céder sous les attaques du machisme victorien omniprésent (bien qu’adouci par sa fortune) ; et c’est ce combat permanent, plus encore que l’intrigue policière (pourtant pas mal menée du tout) qui pique le lecteur.
   
   Une excellente récréation! et comme ce n’est que le 1er volume de toute une série, je pense aller jeter un œil sur le second. Et plus, éventuellement...

critique par Sibylline




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