Lecture / Ecriture
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Maître et serviteur de Léon Tolstoï

Léon Tolstoï
  Maître et serviteur
  La mort d'Ivan Ilitch
  Anna Karénine
  La guerre et la paix
  La sonate à Kreutzer - Le bonheur conjugal - le diable
  Les Cosaques
  La tempête de neige
  Résurrection
  T comme: Ce qu'il faut de terre à l'homme

Le comte Lev Nikolaïevitch Tolstoï, dit Léon Tolstoï, est un écrivain russe, né en 1828 et mort en 1910.

Ils ont écrit sur Léon Tolstoï
Tatiana Tolstoï
Sophie Tolstoï
Dominique Fernandez
Alberto Cavallari
George Steiner

Maître et serviteur - Léon Tolstoï

L'hiver russe
Note :

   J'ai lu Tolstoï parce que j'allais en Russie. C'est bête. Je suppose que c'est comme si un étranger lisait Balzac avant de venir en France. Cela ne le renseignerait guère sur le Français actuel. Mais d'un autre côté?ce n'est pas bête de lire Balzac, ou Tolstoï. J'ai donc bien fait.
   Pour les auteurs russes, j'étais restée sur une cuisante défaite, pour cause de confusion irrémédiable du nom des personnages, leurs prénoms et de leurs déclinaisons. C'est vous dire ma culture en ce domaine. J'ai donc prudemment choisi un ouvrage court.
   
   Nouvel essai : Tolstoï. Je commence avec « Maître et serviteur ». Je suis tout de suite sous le charme de « l'âme russe ». Les « mon petit pigeon », les « ma chère âme » m'enchantent. J'aime le thé. J'aimerais sûrement les isbas si je les connaissais, et je vois bien que les Grognards de Napoléon n'avaient pas leur chance dans ces hivers que les autochtones eux-mêmes respectent.
   
   Je parviens, je ne sais par quel tour de force à m'identifier aux deux personnages antagonistes. Je suis Nikita, l'exploité, qui parle aux animaux comme aux gens, mais je suis aussi Vassili, l'exploiteur, qui a gagné de ses mains, de sa dureté et de ses efforts tout ce qu'il possède? et ce n'est pas rien. Ainsi, forcément, je meurs et ainsi, forcément, je survis.
   
   J'aime beaucoup l'écriture de Tolstoï. Son style fluide qui raconte, suit son fil et progresse inexorablement dans son récit, sans rien laisser dans l'ombre.
   
   Les réflexions, sur la valeur que chacun peut accorder à sa vie (parfois pour changer d'avis presque tout de suite, comme Vassili) m'ont beaucoup intéressée.
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critique par Sibylline




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Parabole sur la mort
Note :

   Tolstoï a été toute sa vie en proie aux tourments, il a traversé une crise morale et religieuse, n’arrivant pas à vivre sa foi ni à réaliser son idéal de pauvreté.
   
   L’histoire qu’il conte ici en est l’illustration, il traduit l’idée qu’il se fait d’une vie réussie, bénéfique, de l’importance du don de soi.
   
   Le récit se situe dans un milieu modeste, le marchand Brékhounov se dispose "à se rendre chez un propriétaire du voisinage pour lui acheter une forêt" S’enrichir, faire des affaires, amasser des biens, devenir millionnaire, voilà sa préoccupation première.
   
   Nikita son valet va le conduire, il est connu pour son coeur à l'ouvrage, sa bonté, son adresse. Son maître l'exploite honteusement tout en se persuadant qu'il est le bienfaiteur de Nikita. Ils vont entreprendre un voyage en pleine tempête, bientôt perdus dans un univers sans repaires le danger les guette. Les pensées de Brekhounov sont alors bien éloignées des biens matériels, la peur, la terreur l'envahissent "Il sentait qu'il allait périr au milieu de cet affreux désert de neige mais ne voyait aucun moyen de salut"
   Véritable parabole sur la mort ce récit haletant s'écoute avec bonheur.
   
   Georges Haldas grand connaisseur de Tolstoï dit "C’est la face visible, humaine, d’une angoisse infiniment riche et féconde à la fois."
   Je suis certaine que comme moi vous écouterez (ou lirez) ce récit avec passion.

critique par Dominique




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