Lecture / Ecriture
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La servante écarlate de Margaret Atwood

Margaret Atwood
  Faire surface
  Captive
  La femme comestible
  La servante écarlate
  L'odyssée de Pénélope
  Mort en lisière
  Le fiasco du labrador
  C’est le cœur qui lâche en dernier
  Les testaments

Margaret Eleanor "Peggy" Atwood est une écrivaine canadienne née en 1939.
Elle a reçu le Prix Franz Kafka en 2017.

La servante écarlate - Margaret Atwood

Dystopie
Note :

   Defred est une servante écarlate. Dans la république théocratique de Giléad, elle est de celles dont la matrice a été déclarée ressource nationale. Une esclave parmi des esclaves. Car en un éclair, les femmes ont perdu tous les droits acquis par leurs mères, à commencer par celui de décider de leur destin. A travers son journal intime, Defred donne à voir ce monde dans lequel elle vit, où toute entorse à la règle religieuse est punie de mort, mais où, comme dans tout régime tyrannique, les déviances n'en sont que plus réelles.
   
   Si l'utopie donne à voir un monde meilleur, la dystopie, elle, raconte le pire. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Margaret Atwood offre un roman d'une force rare. Par la voix d'une femme, elle raconte la violence faite aux femmes, ou plutôt, elle synthétise toute l'horreur de la condition féminine. Dans la république de Giléad, les femmes sont réduites à leur seule fonction de reproductrices, d'animal à qui la pensée est interdite. Pas d'école, pas de lecture, pas d'écriture, pas de travail, pas de compte bancaire, juste un voile et un vêtement d'une couleur qui définit leurs statut: épouse, martha destinées à servir, servantes écarlates vouées à la reproduction, ... Seule reste la liberté de penser de celles qui ont connu l'avant, le temps de la liberté.
   
   Dans de constants aller-retour entre son présent et ses souvenirs, Defred raconte le basculement, les pensées de la femme et de la mère libre qu'elle a été et qui a vu son monde chavirer, et son époux si peu comprendre sa détresse, les hurlements de désespoir et de haine contenus de l'esclave qu'elle est devenue pour échapper à la déportation en zone irradiée. Chacun de ses mots glace un petit peu plus. Car Margaret Atwood n'invente rien. Ce que vit Defred ressemble fort à ce qu'ont vécu et à ce que vivent encore les femmes dans le monde. Il suffit de se souvenir de la date à laquelle les femmes françaises ont obtenu droit de vote et droit à l'indépendance financière. Il suffit de se souvenir de ce qui se passe dans des pays comme l'Afghanistan... Elle rappelle tout simplement qu'il suffit d'un rien pour que ce que nous croyons acquis ne nous soit enlevé.
   
   Ce sont par ces souvenirs et par sa perception du monde qui l'entoure que les mécanismes d'installation et de fonctionnement d'une tyrannie sont tout doucement décortiqués. La violence est faite aux femmes, par les hommes, mais aussi par leurs semblables. Les Tantes, chargées d'enseigner et de surveiller les Servantes écarlates, monstrueuses de sadisme en sont un exemple. Tout comme cette propagande qui veut faire croire que tout cela n'est fait que pour protéger les femmes, les rendre à la sacralité qui doit être la leur et qui n'est que règles de vertu imposées par des hommes qui ont peur des femmes. Quand aux hommes, pris dans les rets d'un gouvernement qui fait espionner ses espions, ils ne sont guère mieux lotis, réduits à se cacher pour jouer au scrabble ou rencontrer des putains affublées de ces vêtements qui ont été brûlés parce que laissant voir le corps des femmes.
   
   La servante écarlate est un roman exigeant par son thème, pas le style de l'auteur, et par la charge politique, religieuse et symbolique dont il est porteur. C'est un coup de poing et un cri extrêmement violent contre un monde capable de réduire l'humain à une machine, à l'animal qu'il est physiologiquement, et finalement, mentalement aussi. Le style d'Atwood ajoute encore à la fascination qu'exerce son oeuvre. On a envie, encore et encore, de suivre les méandres des souvenirs et des rêves de Defred, ses amours, les pas hésitants qu'elle fait pour conserver sa santé mentale et un peu de dignité. J'ai particulièrement aimé l'épilogue, qui ouvre une perspective intéressante sur le récit.
   
   C'est une lecture salutaire, aussi essentielle que celle de "1984" et de ces romans d'anticipations qui en parlant du futur, parlent du monde dans lequel nous vivons. Un roman qui rappelle, que les mauvais genres sont aussi ceux qui parviennent avec le plus de force à ouvrir les yeux.
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critique par Chiffonnette




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Lointain et familier
Note :

   Avec cette fiction marquante, nous entrons dans un futur improbable mais plausible où la société américaine est contrôlée par le système totalitaire d'un régime théocratique. La baisse de natalité due à un contexte environnemental (déchets toxiques, pollution) est une des causes de l'avènement du nouveau régime. Certaines femmes sont destinées à jouer un rôle utilitaire de procréation et se voient privées de leurs droits fondamentaux. La narratrice, une jeune femme de la classe des Servantes, décrit dans un journal la situation cauchemardesque dans laquelle elle est maintenue, avec la nostalgie de moments insouciants d'épouse et de mère durant les temps révolus.
    "C'étaient nos mains qui étaient sensées être pleines de l'avenir, lequel pouvait être tenu mais non pas vu."
   

   Parti pour une histoire fantastique, j'ai tôt découvert que Margaret Attwood ne donnait pas gratuitement dans ce genre car elle lui communique un regard intelligent sur le totalitarisme avec une subtile mise en lumière des droits de la femme.
   
   Les Servantes – identifiées par vêtements et voile rouges assortis d'ailes évoquant des cornettes de religieuses – sont des femmes vouées exclusivement à la maternité, comme certaines le sont aux tâches domestiques (les Marthas) et d'autres à l'enseignement de la doctrine (les Tantes). Les hommes ont aussi un rôle dévolu : les Anges sont des gardiens de sécurité et les Commandants ont les privilèges les plus élevés ainsi que leurs Épouses. On s'amusera des sources sans doute venues de sa jeunesse dont Margaret Atwood a tiré ces appellations (A-t-elle connu une domestique prénommée Martha?).
    "Rien en nous ne doit séduire... "
   

   Une Servante doit procréer: une cérémonie rituelle la place régulièrement sur le dos dans le giron de l'Épouse, tandis qu'elle subit les hommages du Commandant qui doit la fertiliser. "Pour laquelle de deux est-ce pire, elle ou moi?" Réduite à un tampon, à un utérus de servitude, elle ne doit rien désirer d'autre que concevoir, sous peine de finir dans les Colonies affectées aux déchets toxiques.
    "...l'amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c'est tout: vases sacrés, calices ambulants."
   

   L'allusion à des religieuses d'un ordre sévère (les Servantes) me paraît évident: chuchotements, isolement et privations sont le lot de la jeune femme. Le roman pourfend les intégrismes religieux : le livre a d'ailleurs été au centre d'une polémique au Canada suite à sa dénonciation par un élève comme anti-chrétien et anti-islamique.
    "On pourrait aussi bien dire:... n'existez pas."
   

   Autant j'ai aimé le concept du roman, autant je l'ai trouvé déséquilibré : le dernier chapitre fort instructif est le compte-rendu d'un colloque historique postérieur à l'action qui identifie le reste du récit comme un manuscrit retrouvé et anonyme. Cet épilogue réjouit par son ajustement contextuel enthousiasmant mais le corps du roman m'a semblé étiré.
   "Vous êtes une génération de transition, disait Tante Lydia. C'est pour vous que c'est le plus dur. Nous savons quels sacrifices sont attendus de vous. C'est dur quand les hommes vous humilient. Pour celles qui viendront après vous, ce sera plus facile. Elles accepteront leurs devoirs de bon cœur."
   

   Avec la république de Gilead où les choses peuvent apparaitre telles qu'avant mais ont changé de sens, l'auteure canadienne a réussi à restituer minutieusement un univers aussi lointain que familier. Ce roman d'anticipation intelligent de 1985 ne laissera personne indifférent. Un film en a été tiré en 1990.
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critique par Christw




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Un récit qui fait peur
Note :

   Le roman de Margaret Atwood, écrit en 1985, plonge le lecteur dans une société américaine où le pouvoir est tombé entre les mains de fanatiques religieux, annihilant toute liberté et imposant aux femmes une vie de soumission et surveillance absolue en raison d'un manque de natalité dans la population.
   
    Livre dystopique, il dépeint une dictature à son paroxysme où la délation, la propagande, les arrestations et les exécutions installent une peur constante.
   
    La mise en place du régime totalitaire crée des castes, des codes, des tatouages pour identification. Le régime casse, sépare, soumet.
   
    Les servantes toutes habillées de rouge, jeunes femmes conditionnées et éduquées pour devenir des mères porteuses sont à la disposition des Commandants, hommes de pouvoir, de tous les pouvoirs et de leurs Epouses.
   
    Et puis il y a les autres, tous les autres qui ne servent plus à rien et que l'on oublie, élimine, condamne, tue.
   
    Defred fait partie de ces servantes, anéantie de soumission et d'effroi. Elle se sait dans l'attente de porter un enfant, seule condition de survie. Nous assistons à son quotidien figé dans le silence, cerné de menaces et d'ennui face aux inéluctables tâches et à l'impossible espoir de changement de vie.
   
    Defred, la narratrice, nous raconte son histoire et se souvient de son couple et de sa petite fille, des études entreprises, des amis. Tout est perdu, que sont ils devenus ? Dernière génération encore porteuse de souvenirs d'avant, Defred porte en elle l'interdit et dans sa tête la dernière liberté. Elle nous fait voir un passé où la société se perd dans une trop grand libéralisation des mœurs, où les échanges humains sont salis par le racisme et où on assiste à l'ascension de faux dévots. Le tout sur fond de changement et de drames climatiques....
   
    C'était le temps où le monde "ignorait qu'il était heureux", c'était avant la chute et le chaos.
   
    Le livre de Margaret Atwood, nous transporte au-delà d'un roman de science fiction. Avec une glaçante justesse, elle crée une société où toutes les valeurs ont basculé mettant les femmes sans possibilité de choix de vie.
   
    C'est un récit qui fait peur et qui nous amène à réfléchir. Les situations de violence, de guerre, d'extermination nous rappellent les heures sombres de notre histoire et font écho malheureusement et effroyablement à notre actualité présente.
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critique par Marie de La page déchirée




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Femmes, méfiez-vous !
Note :

   Titre original : The Handmaid’s Tale, 1985.
   
   Suite à mon abandon de la série du même nom, qui m’avait rapidement lassée en dépit de l’intérêt du propos, je me suis procuré le roman, et je l’ai lu d’une seule traite ; en dépit de certaines répétitions un peu fastidieuses (mais c’est la vie d’Offred, entre ennui et terreur et c’est normal que le lecteur y participe…) ce récit est intéressant. A travers les propos de la narratrice, nous apprenons comment une dictature théocratique s’est mise en place aux USA, devenue "la République de Gilead", et comment Offred a été capturée et mise au service d’un couple quinquagénaire, dont le mari appelé "commandant" est effectivement un des piliers du régime ; la narratrice est censée leur servir de mère porteuse : avant même l’installation de la dictature, la pays affrontait un gros problème de stérilité, dû à la pollution, à l’invasion de certains virus, à l’abus de divers médicaments. Les souvenirs de Defred (qui ne révèle pas son vrai nom) naviguant entre le présent, et divers couches de passé, sont clairs et nets (dans la série, je n’avais pas compris certaines choses).
   
   Dans son ancienne vie, la perte de son emploi et de son compte en banque, l’ont dépossédée de tous les droits chèrement acquis aux femmes, ensuite le dressage des captives par les "tantes" , le développement de la relation avec le commandant, la vie quotidiennes des servantes, l’exploitation de la peur, le destin des femmes tristement revenues aux vicissitudes d’autrefois, tout cela est fort bien décrit et fait froid dans le dos (rien de ce que j’ai exploité comme situation n’est inventé, a prévenu la romancière, qui a puisé dans la passé de civilisations bien connues…) .
   J’ai su que la série avait une suite, le roman n’en prévoit pas, il suggère seulement le destin d’Offred. Et cela me suffit !
    ↓

critique par Jehanne




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Au Panthéon des romans d'anticipation
Note :

   J'ai bien compris que La servante écarlate faisait partie du Panthéon des romans d'anticipation, que ne pas le lire manquerait indéniablement à ma culture littéraire. Comme j'avais aussi très envie de le découvrir, je ne me suis donc pas trop forcée.
   II y a aussi un facteur non négligeable : l'hiver et le printemps passés n'ont pas été des périodes d'intense lecture romanesque en raison d'autres priorités plus urgentes, j'ai peu lu mais j'ai assuré mes lectures en choisissant des titres qui ont trouvé la reconnaissance soit des critiques littéraires soit du public, et en général, des deux !
   Verdict : je comprends que La servante écarlate soit un modèle du genre mais je n'ai pas été aussi enthousiaste que je l'aurais souhaité. Pour faire simple : j'aurais bien voulu connaître le coup de cœur mais en fait, non !
   
   La servante écarlate narre un instantané de vie d'une femme renommée Defred au service d'un Commandeur de la république de Gilead.
   Dans ce nouveau royaume qui succède à notre ère, les femmes non épouses de Commandeurs portent des robes monochromes dont l'unique couleur désigne à la fois la tâche et la condition sociale. Le rouge représente celles des esclaves sexuelles. Dans cette nouvelle dynastie "républicaine" (où l'humanité est avilie, exceptés les gouverneurs et leur épouse), la fertilité est une denrée rare : or ce royaume a besoin de progéniture pour subsister et justifier son modèle.
   
   Le monde dressé dans La servante écarlate est rempli de rituels : chaque geste est répété à l'identique, chaque mot est mesuré, chaque déplacement est contraint, chacun et chacune épie autrui. Bref c'est l'éclate totale ! De république, il n'en est que le mot puisque derrière Gilead se dresse une dictature (les résistants ou envisagés ou soupçonnés sont pendus ou livrés au public à titre d'exemples). Dans ce monde-là, l'amour n'existe plus ou peu, les relations sexuelles sont réduites à de actes de procréation et se résument le plus souvent à des viols domestiques, là encore programmés. Tout est sous contrôle donc. Mais la nature humaine est dérangeante et certains esprits libérés et non totalement asservis n'ont pas encore oublié leur enfance, leur adolescence voire leur émancipation ancienne et sont bien décidés à bouger le cocotier, au péril de leur vie !
   
   Margaret Atwood décrit dans La servante écarlate un univers aseptisé de façon très clinique et scientifique. Ce monde sans âme donc se ressent dans son écriture peu lyrique (même si le style est plus fluide, plus agréable que celui d'Aldous Huxley dans Le Meilleur des Mondes) mais néanmoins efficace avec un descriptif précis de chaque scène, de chaque rituel : on baigne dans ce logis, empli de femmes et d'hommes qui pèsent leurs mots, élude les regards. Le toucher est rare voire impossible. L'être humain est devenu un automate (ou du moins ce que souhaitent les instances de Gilead). Les femmes et les hommes sont conditionnés par un embrigadement éducatif poussif et massif. La prouesse littéraire de Margaret Atwood est d'avoir construit un univers avec ses codes, un cheminement collectif et individuel.
   
   Voilà, je comprends que ce monde-là puisse faire peur, puisqu'il regroupe tout ce que l'être humain a été et est capable de commettre à autrui afin de le soumettre. Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, j'ai été complètement distanciée par rapport à l'histoire. Je ne dis pas que cela ne pourrait pas arriver mais certains scènes décrites dans le livre sont malheureusement monnaie courante de nos jours ou l'ont été dans le passé : j'ai encore en mémoire la scène de la première relation sexuelle d'un couple dans le film Kadosh d'Amos Gitaï (certes filmé en 1999) sur fond de religiosité poussée ; le lynchage public était monnaie courante dans le passé (pas si lointain ; maintenant il n'est plus physique mais numérique... L'indignité et la cruauté, elles, restent communes) ; la zone libre et la "prison" etc. Les arguments annoncés sont déjà bien présents dans différentes civilisations de notre ère : c'est le cumul à un même endroit, simultanément, qui rend la situation inédite de Gilead.
   
   Je crois que ce qui m'a éloignée de La servante écarlate, c'est le manque d'empathie à l'égard des personnages : aucun ne m'a émue, ne m'a accrochée. Même si je comprends parfaitement le message : la forme littéraire qui suit le fond. Ce que Margaret Atwood réussit parfaitement dans ce roman, c'est de dessiner un univers sans amour, automatisé, où on consomme l'humain comme une marchandise. Et c'est bien l'amour qui soulève la résistance. Il y a aussi un autre truc qui m'a dérangée : le manque de risque ! Margaret Atwood plante un décor, le fait vivre, mais ne dit pas comment on en est arrivé là, comment on en sort : en gros le passé et le futur sont finalement évoqués sans être parfaitement disséqués. Or, c'est là que La servante écarlate aurait pu trouver une autre dimension. Même si vous pourriez me rétorquer que c'est justement à la lectrice et au lecteur de le deviner : je trouve que cet argument de l'imagination est un peu facile et élude la logique implacable du pourquoi et du devenir ! Certes la série télévisée éponyme répond certainement à mon questionnement et ma remarque mais ne l'ayant pas vue (et je ne compte pas la visualiser), j'en reste à l'écrit majeur !
   
   Derrière cette histoire, l'auteure canadienne critique de façon virulente le monde moderne : celui de la consommation à outrance, celui du pseudo-libéralisme des mœurs quand certains s'attachent à conserver leur hégémonie. Je ne sais pas si Margaret Atwood a rédigé ce roman pour nous prévenir d'un quelconque risque, il me semble qu'elle a plutôt enfoncé le clou du capitalisme qui sous couvert de la réussite individuelle annihile tout esprit du collectif, isole et fragilise les plus faibles.
   
   La servante écarlate est un roman à lire, un écrit salutaire pour toutes les hypothèses de recherche littéraire qu'il soulève, pour la réflexion et la prise de conscience qu'il engendre. Je comprends aussi son succès, sa portée métaphysique, sa dimension planétaire. J'envisage également que cette dystopie ne satisfasse pas tous les lecteurs pour ses travers et l'attente de sa lecture, attente de tout classique qui soulève exigence de la part du lectorat. A vous de voir donc !

critique par Philisine Cave




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