Lecture / Ecriture
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Leaving Las Vegas de John O'Brien

John O'Brien
  Leaving Las Vegas

Leaving Las Vegas - John O'Brien

Las Vegas: goulot sans issue
Note :

   Un des trois romans écrits par cet auteur américain, mais le seul traduit en français.
   
   Comme son héros "Ben", John O'Brien avait un gros problème avec l'alcool. Il s'est suicidé le 13 avril 1994 à 34 ans. Quelques semaines avant il avait appris que son livre allait être adapté au cinéma.
   
   Sera vit de la prostitution après différents déménagements elle exerce ses talents à Las Vegas, capital du jeu où l'argent est roi. Elle est lucide sur sa vie et les dangers de sa profession. Elle vient par exemple d'être violée et tabassée par trois jeunes étudiants en mal (mâles) de sensations fortes. Ne pouvant travailler, vu l'état de son visage et de son corps, elle se détend en jouant au casino. Mais refait irruption dans sa vie Gayal Fathi son ancien "protecteur" dont la splendeur n'est plus qu'un souvenir.
   Malgré les coups, Sera retombe sous le joug de celui-ci.
   
   Ben lui habite à Los Angeles, licencié de son travail, malgré l'amitié que lui portait son patron qui connaissait son inaptitude à toute vie normale. Ben est alcoolique chronique. Sa vie est réglée de bars miteux à certaines heures matinales, puis ensuite direction le centre ville, où il n'est pas indécent de boire vers 11 heures. Puis retour chez lui avec quelques bouteilles, quelques heures de sommeil réparateur, puis la ronde infernale recommence.
   Contrairement à Los Angeles, à Las Vagas les débits de boisson ne ferment jamais. Ben calcule qu'avec l'argent de son licenciement, il peut boire au moins cent jours.
   Il donne tous ses biens et part pour Las Vagas. Là, il brade sa Rolex, les horaires ne le concernent plus, vend sa voiture, donc place à son autodestruction programmée.
   Mais pour la dernière fois, il veut une femme dans ses bras.
   
   Sera sur son trottoir voit arriver un homme ivre qui lui propose beaucoup d'argent.
   Ils vont donc à l'hôtel de Ben.
   Mais que peuvent faire ces deux personnes, chacun avec le désastre d'une vie brisée?
   
   Seulement trois personnages principaux dans ce roman. Gamal Fathi est vraiment décrit comme la gravure de mode du proxénète américain, bien qu'il ne soit pas américain et qu'il flatte les gens qui pourraient lui rendre service, Sera est souvent une grande part de ces cadeaux.
   Comble de déchéance, il a été obligé de mettre ses bijoux au Mont de Piété. Un être abject, qui la lacère de coups de couteau, qui la frappe et qui trouve qu'elle ne gagne jamais assez d'argent.
   
   Sera, fille de l'Est des États-Unis, sans doute attirée par le soleil californien ou des rêves de cinéma, a vécu à Los Angeles avant de fuir cette ville. Elle regarde objectivement sa vie et son métier ; elle se rappelle ses peurs avec certains clients, les moments où elle fût obligée de déménager, quand les propriétaires la voyaient au petit matin, le visage en sang. Pourquoi accepte-t-elle tous les mauvais traitements de Gamal?
   
   Ben, lui n'a plus qu'un objectif, boire à en mourir. Il n'a plus d'états d'âme, le combat est perdu, la fin est proche. Il tente de finir en beauté, en alcoolique conscient et au grand coeur, il donne son superbe vélo à une petite voisine avant de partir, offre sa chaîne stéréo à un ami. Et puis froidement, méthodiquement il commence sa propre mise à mort.
   
   Un livre dur et réaliste, souvent très cru qui nous plonge dans le monde de la prostitution et dans les affres de l'alcoolisme.
   Certaines scènes sont décrites avec un luxe de détails dont on se passerait bien, mais cela donne une force certaine à ce récit.
   Quand Ben, prenant une douche, boit une bouteille de vodka, une gorgée, un vomissement et encore une fois et encore: "Ce n'est qu'à la deuxième bouteille qu'il arrive à ne pas tout rejeter". Sortant de la salle de bains, les deux bouteilles sont vides. Il peut enfin commencer à boire.
   
   Extraits:
   - Le côté dur, elle peut gérer; et le côté désespéré s'est révélé être un club pas si privé que cela.
   
   - Ils comprennent la parité entre un billet de cents dollars et la location d'un corps femelle pour une demi-heure: une transaction commerciale et pas un commentaire social.
   
   - Leur chance est inversement proportionnelle à leurs besoins, ils perdent toujours.
   
   - Une fois arrivée, elle se couche et dort jusqu'à ce qu'elle s'éveille, reste éveillée jusqu'à ce qu'elle se rendorme.
   
   -Dans le genre type du coin, mais pas de ce coin-ci.
   
   -Cela lui fait donc dix mille dollars à boire.
   
   - Il se regarde dans son miroir et se fiche d'être un alcoolique.
   
   - Rien n'est plus beau à ses yeux que la relation entre le reflet d'une femme et la femme qui le crée.
   
   - Mais la blessure n'est pas le message; elle n'est que le messager.
   
   - Il peut lui faire -et lui fera- ce qu'il voudra, mais il ne peut plus lui faire mal.
   -On pourrait peut-être synchroniser nos mouvements d'égarements... ou les faire alterner.

critique par Eireann Yvon




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