Lecture / Ecriture
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Carnage, constellation de Marcus Malte

Marcus Malte
  Carnage, constellation
  Garden Of Love
  Intérieur Nord
  Toute la nuit devant nous
  Cannisses
  Les harmoniques
  Fannie et Freddie
  Il va venir
  Le garçon
  La part des chiens

Marcus Malte est né en 1967 et vit depuis ce temps à La Seyne-sur-Mer. Il a fait des études de cinéma, a été musicien de rock, de jazz et de variétés. Puis il s’est lancé dans l’écriture, plus particulièrement des romans noirs pour les adultes et pour la jeunesse…
(Source éditeur)

Carnage, constellation - Marcus Malte

On ne gagne pas à tous les coups
Note :

    Je garde un souvent ébloui et admiratif de ma lecture de "Garden of Love" de Marcus Malte: construction diabolique, personnages cinglés à souhait, tout pour me plaire. J'ai lu plus récemment un livre jeunesse qui m'a moins emballée mais ayant entendu parler en termes très positifs de "Carnage, constellation", je n'ai pas résisté à la tentation de pousser plus avant la découverte de cet auteur.
   Eh bien... je n'ai peut-être pas choisi le bon roman... Je suis déçue, je n'ai pas accroché du tout à ces personnages que j'ai vraiment trouvés trop caricaturaux sans parler du style que je n'apprécie pas.
   
   Il y a Césaria, un travelo qui fait le trottoir depuis un viol durant son adolescence. Très belle, très professionnelle aussi: pour le cas où ça en intéresserait certain(e)s, le manuel de fellation est fourni avec, si j'ose dire... Césaria rencontre Clovis qui sort de prison après dix ans d'enfermement suite à un braquage raté: un des complices a prévenu la police et Clovis ne rêve que de se venger. Il passe chez son mentor récupérer une arme et part aussitôt assouvir sa vengeance. Son chemin croise alors celui de Césaria qui tombe instantanément amoureuse de lui. Clovis ne tarde pas à comprendre que Césaria est un homme et essaie donc de lutter contre son attirance. Les voilà tous deux partis buter le traître puis vivre le parfait amour loin du monde et de cette société toute pourrie.
   
   Précisons quand même que je n'ai rien contre les couples homosexuels (ou autres...), moi, tant qu'on s'aime, tout est bon. Mais le discours amoureux de Césaria est mêlé à un galimatias mystique qui m'a semblé tout à fait en contradiction avec le personnage: "La vérité c'est que Dieu a retenu ton bras, dit-elle d'une voix qui enfle. Tu étais aveugle et Il t'a ouvert les yeux, et Il t'a montré la voie. Pardonne! Il t'a dit. Parce que le pardon est plus fort que la colère, plus fort que la vengeance. Et tu l'as entendu. C'est ainsi que tu as montré ta force: en pardonnant. Et c'est moi que Dieu a choisie pour être l'instrument de ta délivrance! Il m'a choisie pour ça! C'est moi qui devais faire couler le sang afin que tes propres mains ne soient pas souillées, qu'elles demeurent pures et blanches et ton âme aussi!" Précisons à nouveau que je n'ai rien non plus contre les travelos mystiques, mais là, vraiment, ça ne colle pas...
   
   Marcus Malte place dans la bouche de Césaria un discours bourré de clichés sur l'amour, la passion et les petites fleurs bleues: l'éblouissement de l'amour? Je l'aurais aimé plus subtil.
   Le style très froid, souvent clinique de Marcus Malte n'arrange rien. Absolument pas émouvant alors que le parcours de Césaria d'homme en femme aurait pu être tellement sensible. Les jambes rasées, les seins qui poussent, les jupes moulantes: où est l'humain et l'empathie pour son personnage ?
   
    Cette troisième rencontre fut donc une déception, mais je ne pense pourtant pas m'arrêter là avec cet auteur tant est encore présent en moi l'éblouissant "Garden of Love". Rendez-vous remis à la prochaine fois!

critique par Yspaddaden




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