Lecture / Ecriture
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L'ombre de Monfort de Patricia Parry

Patricia Parry
  Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
  L'ombre de Monfort
  Petits arrangements avec l'infâme

Patricia Parry est une psychiatre et écrivaine française née à Toulouse en 1958, est décédée de maladie le 1er juin 2013.


* Vous trouverez une interview dans la rubrique "Rencontres" .

L'ombre de Monfort - Patricia Parry

Une ombre sous les feux de la rampe
Note :

    Quelle est la chose la plus compliquée lorsque l'on décide de critiquer un livre ?
   
   Que ce livre soit écrit par quelqu'un que l'on apprécie ou que l'on déteste car ces deux sentiments sont intrinsèquement (de par leur subjectivité) trop chargés pour qu'un espace de réflexions "partiales" puisse exister.
   
   Bien sûr, je sais aussi que l'objectivité en quoi que ce soit est un leurre et que rien ne surgit de nulle part comme le soulignait ce brillant Lavoisier.
   
   Mais la difficulté n'est pas tant de contourner la pensée subjective (car jusque là, ça reste dissimulé, la pensée étant par essence "pensée") mais l'écriture subjective car en quoi la critique est-elle constructive s'il ne s'agit que d'annoncer en substance "Ouais, j'adore. C'est trop bien!" ou "Beurk, quelle daube, m'étonne pas!"
   
   Voilà à quoi je suis confrontée lorsque je décide de parler du livre, du premier livre, de quelqu'un que j'estime bien.
   
   C'est sûrement la raison qui a fait qu'alors même que j'avais dans mon sac le livre de Patricia Parry "L'ombre de Monfort", il m'a fallu plusieurs jours avant d'oser l'ouvrir. Et si je trouvais cela franchement nul, qu'aurais-je à dire? Qui suis-je, moi qui n'ai rien écrit pour juger le travail abouti et publié de quelqu'un?
   
   Cette prétention inhérente à la critique se fait froussarde quand l'auteur rôde aux alentours...
   
   En débutant ma lecture je me suis donc "juré de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité" sur l'opinion que j'en aurais in fine. "Je le jure".
   
   Je commence donc par ma conclusion pour annoncer en préambule (admirez la technique du "cours après moi que j't'attrape) que j'ai beaucoup aimé ce livre.
   
   C'est un vrai thriller. Pourquoi vrai? Parce qu'on veut savoir la suite, parce qu'on tourne les pages comme on cavale. Il ne m'aura fallu que quatre jours pour dévorer ce livre.
   
   Première prouesse de l'auteure qui en 283 pages ne perd jamais le rythme. Principal écueil d'une jeune auteure contourné! Car s'il y a bien une chose que les auteurs perdent parfois en route c'est bien notre attention!
   
   Un thriller historique. Là, l'affaire pouvait se compliquer sérieusement. Patricia Parry avait visiblement décidé de placer la barre très haut. Je la soupçonne même d'avoir tenté de s'embrouiller toute seule. Elle n'y est pas arrivée. D'innombrables allers-retours nous projettent dans la Gaule du premier siècle après JC, nous expulsent au Moyen-Âge et nous ramènent en 2001. De larges embardées nous déposent à New York, Venise, Istanbul, Saint Jean d'Acre... Vous connaissiez Saint Jean d'Acre?
   
   Que les mouvements soient spatiaux ou temporels, on retombe sur nos pieds sans foulure.
   
   Chaque chapitre se ferme sur une question, un rebondissement, une énigme qui ne prend sens qu'avec la poursuite de la lecture.
   
   Patricia Parry a les défauts de ses qualités: mes objections, Madame l'auteure, se font peut-être aussi sur cette main que vous tendez aux lecteurs. Un peu trop serrée la poigne. Je suis d'avis qu'elle se relâche un peu afin de laisser certains blancs que notre imagination pourrait remplir. Il faut faire confiance au lecteur, ne pas lui servir la becquée. J'aime les petits cailloux disséminés partout dans le livre. Laissez moi me pencher seule pour les ramasser.
   
   De même, j'ai trouvé les personnages un tantinet (et pour certains franchement) manichéens.
   
   Je sais, puisque je suis informée comme personne, que Patricia Parry admet volontiers avoir sûrement trop donné à ses lecteurs. Une aération devrait être faite dans son prochain livre "Petits arrangements avec l'Infâme" Pour les connaisseurs, Jean Calas sera de la partie.
   
   Il n'en demeure pas moins que le jus est bel et bien là. L'imagination est redoutable et cela promet de très bons romans à venir. L'écriture est propre et sert plutôt bien cet artifice de rebondissements, la gageure étant ici d'obtenir un fond solide et créatif et non pas une éloquence inédite.
   
   Vous connaissiez Patricia Cornwell médecin légiste et écrivain?
   Découvrez donc Patricia Parry médecin psychiatre et écrivain... et française que diable!
   
   Beaucoup de lecteurs ont eu le même avis puisque j'ai lu que ce roman avaient récolté de très belles ventes pour un premier roman et s'était affiché numéro des ventes à la Fnac peu après sa sortie.
    ↓

critique par Cogito




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Roman d'aventure (s)
Note :

   Présentation de l’éditeur
   
   "25 juin 1218. Lors du siège de Toulouse, Simon de Montfort, chef de la croisade contre les Cathares, est tué d'un bloc de pierre lancé des remparts. 21 septembre 2001. Aux portes de la Ville rose, l'explosion de l'usine AZF provoque la mort d'une trentaine de personnes et fait plusieurs centaines de blessés. Journaliste dans un grand hebdo parisien, Vincent Nadal cherche à rencontrer le médiatique docteur François de Montréjouls, des " Médecins de la Terre ", qui serait impliqué dans la catastrophe. Mais ce dernier a disparu depuis quelques jours, laissant sa femme, Béatrice sans nouvelles. A la recherche de François, Vincent et Béatrice sont entraînés dans une quête à travers le monde: de Toulouse à New York, de Venise à Istanbul, et jusqu'aux portes du Moyen-Orient. Ils vont être confrontés à un ennemi que connaissaient déjà les ancêtres de François. "

   
   
   Commentaire

   
   Il y avait longtemps que je le cherchais, ce livre! Inutile de dire que quand je l’ai repéré dans une librairie Toulousaine, je n’ai pas hésité bien longtemps et j’ai encore moins longtemps attendu avant de le lire! Et entre Toulouse et la Belgique, alors que je sortais d’une semaine dans ce pays en compagnie d’une charmante copine bloggeuse qui avait tenté de faire comprendre l’histoire de cette région à l’ignorante québécoise que je suis, (jusqu’à ce qu'elle m’en parle, j’ignorais tout de cette explosion. Et non, je ne blague pas.) le timing était parfait!
   
    L’histoire est celle de Béatrice, psychiatre à Toulouse, en septembre 2001. Elle est sans nouvelles de son mari, figure médiatique et charismatique pour «médecins de la terre». Quand elle est contactée par Vincent Nadal, journaliste, qui l’amène à découvrir l’existence d’une société secrète, et du danger que court peut-être son mari, elle se lance dans une poursuite autour du monde, en suivant des indices à décrypter.
   
   J’ai bien aimé ce livre qui se dévore tout seul et dont on a hâte de connaître les tenants et aboutissants. L’auteur manie habilement les retours dans les diverses époques ainsi que les personnages présents et passés sans que le processus soit lourd ou mélangeant. En effet, on se balade allègrement dans les différentes époques, et chacun des événements du passé, depuis le siège de Toulouse à l’antiquité a sa raison d’être et sert à faire avancer l’intrigue. L’héritage familial semble bien lourd à porter pour ces Veilleurs, société secrète un peu ésotérique que nous découvrirons dans ce roman. L’intrigue avance, le tout est rythmé et bien agréable à lire.
   
   J’imagine qu’à lire ce résumé, qui parle de sociétés secrètes, d’énigmes à résoudre et de chasse au trésor (celui-ci étant l’énigmatique François, dans le cas présent) ne peut que rappeler le Da Vinci Code (que je devrais, selon certains, avoir honte d’avoir lu et apprécié. Mais j’arrive rarement à avoir honte de telles choses alors bon, je l’avoue haut et fort: je n’ai pas détesté le Da Vinci Code, mais je n’ai jamais perdu de vue que c’était une invention et pas une vérité absolue!! Ce commentaire en hommage à une discussion animée (et arrosée) avec trois copains datant d’il y a déjà quelques années!!) mais ce roman m’apparaît, selon les recherches que j’ai faites et les questions que j’ai pu poser, plus près de la réalité historique, malgré les tours de passe passe nécessaires à la tenue de l’intrigue. J’ai trouvé ces adaptations assez habiles et jamais plaqués.
   
   Mes petits bémols : j’avais deviné assez rapidement deux choses assez importantes, ce qui a un peu entaché mon plaisir de lecture, ce qui arrive assez rarement. Je ne dirai rien pour ne rien spoiler mais du coup, une partie du suspense disparaît assez rapidement. De plus, je me questionne toujours sur l’épisode dans le désert… je sais que c’est fait exprès mais je n’arrive pas à me faire une opinion étant donné que certains trucs ne collent pas vraiment à ce que je sais de certains phénomènes! Bref, je suis perplexe!
   
   Finalement, une lecture bien plaisante, un livre qui nous emporte dans sa quête et qui nous donne le goût de connaître ces personnages auxquels je m’étais attachée. Vincent Nadal a ma foi bien du potentiel et Béatrice, avec ses chaussures griffées et ses bandanas de grands couturiers, m’a beaucoup plu en femme forte et intelligente qui parcourt le monde à la recherche de son homme mais qui est également une mère aimante et une femme qui se questionne. Il ne me reste qu’à prendre les deux autres livres de l’auteure qui traînent dans ma pile, maintenant.

critique par Karine




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