Lecture / Ecriture
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Omicron de Mikaël Hirsch

Mikaël Hirsch
  Omicron
  Le Réprouvé
  Les successions
  Avec les hommes
  Notre-Dame des vents
  Libertalia
  Quand nous étions des ombres

Mikaël Hirsch est un écrivain français né en 1973.

Omicron - Mikaël Hirsch

Omicron versus Omega
Note :

   Le point crucial de ce livre, c'est qu'il est très difficile à résumer par l'abondance des thèmes développés, par l'ampleur des sujets abordés.
   
   En premier lieu, il me semble que cette abondance soit assez caractéristique des premiers romans. L'auteur veut dire beaucoup de choses et tente de déverser en une seule fois l'ensemble de ses convictions, ses doutes, ses interrogations, sa vision du monde. La peur sans doute de ne pas avoir une seconde chance de le faire... de le faire savoir. C'est du moins l'impression que cette densité de réflexions m'a laissée même si au passage, ces réflexions sont souvent extrêmement intéressantes.
   
   L'écriture est parfaitement soignée, n'ayons pas peur des mots : parfaitement maîtrisée. Certaines phrases sont littéralement somptueuses de simplicité et de justesse.
   "Franck, son père, avait couru le monde, et le monde, dans son ingratitude, lui avait ensuite couru après."
   
   En revanche, il en est d'autres bien plus byzantines. L'accumulation de métaphores brouille la fluidité de la lecture et il advient souvent que trop de métaphores tue la métaphore. Je suis d'ordinaire assez gourmande de ce type d'expressions littéraires surtout lorsqu’elles sont inédites mais Mikaël Hirsch flirte parfois avec une certaine overdose d'allégories.
   Les dialogues sont tout simplement succulents, admirablement écrits. Là aussi, grosse maîtrise de la chose. Il n'y a rien à redire ce qui est plutôt rare pour un premier livre. C'est un vrai régal.
   
   J'ai préféré la troisième partie du roman. Seulement voilà, elle se mérite car en effet la première partie est lente et j'ai évalué que le rythme s'accélère aux alentours de la page 98. Soit avant la seconde partie. Il faut donc tenir pour découvrir la suite.
   
   Là où j'ai eu du mal à être convaincue c'est bien par le changement qui s'opère chez Thomas Steren, le héros. Il est certainement vrai que la violence fascine tout autant les êtres introvertis et passifs que les impulsifs irascibles mais j'ai tout simplement eu du mal à croire que Thomas puisse à se point se transformer et se jeter avec délectation dans une réalité qui auparavant ne le concernait pas le moins du monde. Je ne mets pas en doute le travail de Mikaël Hirsch autour de la construction psychologique de ce personnage mais je suis passée à côté. Du coup je ne peux pas vous dire qui est Thomas Steren, j'ai terminé ce roman sans pouvoir le définir réellement. C'est dommage car à ne pouvoir cerner un personnage on a toutes les chances de ne rien en garder non plus.
   
   Pour finir, je pense que ce roman est très ambitieux et comme souvent dans les premiers romans, trop ambitieux peut-être. Ce qui d'une certaine façon démontre clairement les immenses capacités d'écriture de Mikaël Hirsch et devrait donner suite à de très beaux romans, une fois la fécondité canalisée et le style épuré de quelques lourdeurs stylistiques qui à mon sens n'apportent pas grand chose.
   
   Le mieux est l'ennemi du bien paraît-il...

critique par Cogito




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