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L'étrange histoire de Benjamin Button, suivi de Un diamant gros comme le Ritz de Francis Scott Fitzgerald

Francis Scott Fitzgerald
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  L'étrange histoire de Benjamin Button, suivi de Un diamant gros comme le Ritz
  Gatsby le Magnifique
  Un diamant gros comme le Ritz
  Le Réconciliateur

Francis Scott Fitzgerald est un écrivain américain né en 1896 et mort en 1940.

L'étrange histoire de Benjamin Button, suivi de Un diamant gros comme le Ritz - Francis Scott Fitzgerald

Mieux vaut le diamant
Note :

    A l’occasion de la sortie au cinéma du film de David Fincher adapté de la nouvelle de Fitzgerald, les éditions Pocket ont sorti un recueil composé de deux nouvelles de Fitzgerald. Le moins que je puisse dire, c’est qu’elles m’ont paru assez inégales…
   
   Dans la première, on suit l’histoire de Benjamin, l’homme qui rajeunit. Né vieux, à tel point que les plus vieilles femmes de la ville lui trouvent une ressemblance avec leur défunt mari, Benjamin aura une croissance inversée. Quand tout le monde vieillit, lui rajeunit. Ce qui n’est pas sans créer de situations difficiles à expliquer.
   
   J’ai acheté ce recueil pour lire la nouvelle avant de voir le film. Et je dois avouer que j’ai été assez déçu. L’idée de départ est très originale: on suit cet enfant qui a un corps de vieillard, ce qui suscite de nombreuses réactions dans le voisinage. On le voit grandir, mûrir,… Mais comment faire tenir en une cinquantaine de pages une idée aussi dense?!? J’ai trouvé extrêmement frustrant la petite taille de la nouvelle. Sur un scénario aussi riche, Fitzgerald se contente de tracer à grands traits la vie de Benjamin, sans entrer dans le détail, sans analyser pleinement les implications qu’a ce physique totalement déconnecté de l’âge réel. Une réelle frustration, face à une idée qui permet d’ouvrir beaucoup d’horizons.
   
   Mon impression est totalement différente pour "Un diamant gros comme le Ritz". John Unger est un jeune étudiant envoyé sur la côte Est dans une pension de bonne famille. Un peu déboussolé, lui qui vient de la petite ville d’Hadès, au bord du Mississipi, il se prend d’amitié pour Pearcy. Ce dernier lui annonce que son père possède un diamant gros comme le Ritz, et il l'invite pour un week-end dans sa famille. John va donc chez les Washington, mais le luxueux voyage prend des tournures étranges…
   
   J’ai vraiment été emballé par cette nouvelle. J’ai trouvé que, dans ce cas-ci, Fitzgerald arrive à partir d’une intrigue assez mince, à aborder de nombreux thèmes, avec une belle imagination. Rien que l’arrivée de Pearcy dans la demeure des Washington, avec le passage entre les collines et la description de la richesse des demeures, est saisissante. Ensuite, on découvre la mégalomanie du propriétaire des lieux, qui veille jalousement sur le diamant abrité sous son château, au point de tout faire, mais absolument tout, pour empêcher qu’on ne découvre le lieu où il habite. Le tout se déroule sur un fond de lutte entre les noirs et les blancs, avec l’esclavage très présent dans cette nouvelle. Fitzgerald fait une belle description de l’isolement, de la soif de pouvoir, qui va jusqu’à l’autodestruction. Cette nouvelle m’a donc permis de ne pas regretter l’achat de ce recueil, même si ce n’est celle qui m’attirait le plus a priori.
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critique par Yohan




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Un conte... à rebours
Note :

   A Baltimore, en 1860, une étrange naissance eut lieu à l'hôpital, ce qui en soi était déjà un anachronisme à une époque où les femmes accouchaient chez elles et on se demande encore si ce ne fut pas la cause de l'histoire extraordinaire qui suivit.
   "Je vais vous dire ce qui s'est passé et vous laisserai seuls juges."

   
   C'était avant la guerre de Sécession, la famille Button faisait partie des notables de cette ville du Sud des Etats-Unis. Ils attendaient leur premier enfant et leur déception fut immense quand ils découvrirent leur nouveau-né:
   "Emmailloté d'une épaisse couverture blanche, et assis inconfortablement dans un berceau où l'on n'avait pu caser qu'une partie de son corps, se trouvait un vieillard âgé d'environ soixante-dix ans."
   
   Niant l'évidence, ils l'élevèrent et l'habillèrent comme un jeune enfant en culottes courtes jusqu'à ses douze ans quand on lui offrit son premier pantalon. On se rendit compte alors qu'il rajeunissait régulièrement et à dix-huit ans, quand il voulut entrer à l'université de Yale, il semblait avoir cinquante ans mais on ne crut pas son histoire et on ne l'accepta pas. Il s'occupa alors avec succès des affaires de son père, se maria par amour, eut un fils qui reprit plus tard ses activités quand il devint trop jeune et trop insouciant, retourna à l'école et fut enfin le bébé qu'il aurait dû être au départ. 
   
   Bref, ce malheureux Benjamin Button vécut sa vie à l'envers.
   
   "Puis tout devint noir, et son berceau blanc, comme les visages troubles qui s'agitaient au-dessus de lui, et le goût du lait chaud et sucré, disparurent à jamais de son esprit." 

   
   Qui ne s'est pas dit un jour qu'il vaudrait mieux rajeunir au cours de sa vie plutôt que vieillir? C'est le rêve de la jeunesse retrouvée, celui de Dorian Gray et de tant d'autres. L'idée n'est donc pas originale mais Fitzgerald l'a traitée le plus logiquement possible, du début à la fin: toute la vie de son héros est évoquée, juste évoquée à grands traits car en une quarantaine de pages, difficile d'en dire plus et c'est cette brièveté que je déplore. L'histoire, le lieu, l'époque, tout est là, bien mis en place mais les personnages, eux, ne sont que des marionnettes qui manquent d'épaisseur comme dans un conte.

critique par Mango




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