Lecture / Ecriture
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Faire surface de Margaret Atwood

Margaret Atwood
  Faire surface
  Captive
  La femme comestible
  La servante écarlate
  L'odyssée de Pénélope
  Mort en lisière
  Le fiasco du labrador
  C’est le cœur qui lâche en dernier

Margaret Eleanor "Peggy" Atwood est une écrivaine canadienne née en 1939.
Elle a reçu le Prix Franz Kafka en 2017.

Faire surface - Margaret Atwood

Ce qui était enfoui...
Note :

   
   Margaret Atwood est aujourd'hui l'auteur d'une oeuvre abondante et une des valeurs sûres des lettres canadiennes anglophones. Paru en 1972, à l'époque des pantalons patte d'ef et de la libéralisation des moeurs, son deuxième roman, "Faire surface", témoignait déjà d'une maîtrise impressionnante de la construction romanesque et de belles qualités d'écriture.
   
   L'héroïne de "Faire surface", jeune femme à l'approche de la trentaine, revient passer quelques jours dans la maison de son enfance, au bord d'un lac perdu dans une région reculée du nord du Québec, suite à la disparition mystérieuse de son père, qui y vivait seul depuis la mort de son épouse. Elle est accompagnée dans son voyage par son compagnon et un couple d'amis, les deux hommes comptant profiter de ces quelques jours pour tourner un film expérimental qui sera intitulé "Random samples". Ce retour dans la maison familiale prend pour l'héroïne l'allure d'une véritable épreuve initiatique, à la fois plongée dans ses souvenirs, dont certains étaient très profondément enfouis, et confrontation avec ses compagnons de voyage. La nature - le lac, la forêt, les oiseaux... - joue également un rôle important pendant ces quelques jours, même si l'angle de vue adopté par Margaret Atwood est à cet égard bien différent de celui d'un Jim Harrison. Loin d'être à part entière un protagoniste du roman, la nature se fait ici un reflet amplificateur des états d'âme et des émotions de l'héroïne selon une approche qu'une autre romancière canadienne, Jane Urquhart, a porté à un sommet dans son roman "Ciel changeant".
   
   Margaret Atwood porte un regard lucide et cruel sur les errements de son héroïne, et sur le terrible sac de noeuds des relations entre ses personnages - pouvoir, manipulation, rancoeur et remords... Et si ses descriptions de la nature sont belles, elles ne sont pas non plus exemptes de cruauté: l'homme est certes un loup pour l'homme, mais il l'est davantage encore envers les animaux, exterminés pour le seul plaisir de la chasse. Un livre plutôt noir, mais surtout un bon roman à (re)découvrir.

critique par Fée Carabine




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