Lecture / Ecriture
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La forêt des ombres de Franck Thilliez

Franck Thilliez
  La chambre des morts
  La mémoire fantôme
  La forêt des ombres
  L'anneau de Moebius
  Fractures
  Le syndrome E
  Vertige
  Gataca

Franck Thilliez est un auteur français de romans policiers et thrillers, né en 1973.

La forêt des ombres - Franck Thilliez

Glauquitude et surenchère
Note :

   Peut-être n’ètes-vous jamais allés en Inde et n’avez-vous donc jamais mangé de plats indiens - de curries pour faire court - cuisinés en Inde? Vous croyez vous régaler, et vous finissez par ne manger que le riz blanc parce que… c’est immangeable tant la dose de piment est incompatible avec nos palais occidentaux. Et pourtant vous avez l’habitude de manger Tandoories et autres Masalas en Europe et vous en aimez le goût… Sniff!
   
   «La forêt des ombres» a plus de rapport avec la Forêt-Noire (Schwartzwald) outre-rhin qu’avec Madras ou Dehli - d’ailleurs il n’y est pas question de cuisine - mais la comparaison s’impose à mon esprit. J’aime les polars et tout ce qui tourne autour; de la recherche de l’énigme aux considérations sociétales, le plus souvent, qui s’y rapportent, mais un excès de barbarie, de cruauté, de «glauque» nuit à l’appréciation. Exactement comme l’excès de piment dans les curries!
   
   David Miller, un jeune écrivain de polar. Sa famille (femme-fille), un peu perturbée. Un admirateur (ou qui se présente comme tel) fortuné qui lui propose un pont d’or pour exercer ses talents d’écrivain à son usage unique. Et voilà comment on s’embarque avec David Miller et sa famille pour un mois de huis clos dans un chalet isolé au coeur de la Forêt-Noire en plein hiver, avec très vite une évolution perverse de la situation. Et quand je dis «perverse» …
   
   Franck Thilliez a de l’imagination, il écrit agréablement, pourquoi se croit-il obligé de rameuter les plus vils et plus malsains comportements humains pour étayer son roman (et pas que celui-ci subodorai-je?) ? Il y a comme une surenchère dans l’horreur et l’abject qui brise mon plaisir à le lire.
   
   «Doffre se tenait un peu en retrait, le fusil posé derrière lui, à proximité de la cheminée. Son oeil noir balayait la silhouette masculine avec délectation, sa langue venait parfois mouiller ses lèvres, tandis que ses doigts caressaient le bras tiède de «Dolor».
   - Vous n’êtes que mensonge! répondit Emma en lui crachant à la figure. J’ai cru en vous! J’ai vraiment cru en vous! Mais vous n’êtes pas différent des autres! Vous êtes un salaud!
   Elle le gifla dans un beuglement rauque.
   - Avec ceci … dit Arthur en désignant les instruments de torture. Il faut arracher le péché de ses entrailles, lentement, très lentement … Tu dois laisser ton empreinte sur son corps, lui infliger la douleur qu’il t’a fait subir depuis des semaines. Pour qu’il n’oublie jamais. Fais-le! Et pose chaque morceau de chair sur la balance, jusqu’à l’équilibrer. Ote-lui cent vingt-cinq grammes de méchanceté et de mensonge. Il te suppliera … Emma! Il te suppliera comme il ne t’a jamais suppliée. Et il te respectera. Fais-le!»

   
   Alors oui, Oui-Oui c’est un peu fade. Mais entre Oui-Oui et «La forêt des ombres» il y a autant de distance qu’entre mon «indien» préféré de Strasbourg et le sous-continent indien. Il doit y avoir possibilité de trouver un moyen-terme?

critique par Tistou




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