Lecture / Ecriture
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Kahawa de Donald Westlake

Donald Westlake
  Au pire, qu'est-ce qu'on risque ?
  Adios Scheherazade
  Kahawa
  Moi, Mentir ?
  Mauvaises nouvelles
  Trop humains
  Un jumeau singulier
  Mort de trouille
  Le couperet
  Jimmy the Kid
  Pierre qui roule
  Aztèques dansants
  Surveille tes arrières!
  Mémoire morte
  Envoyez les couleurs

Ecrivain américain auteur d'une centaine d'ouvrages, policiers pour la plupart.
Il est né à New York en 1933 et est mort d'une crise cardiaque au Mexique le dernier jour de 2008.
Il a publié sous presque une vingtaine de pseudonymes, dont Richard Stark.

Kahawa - Donald Westlake

Café...
Note :

   Kahawa. Le café. En swahili ? En arabe. Enfin, par là, en Afrique centro-orientale, entre l'Ouganda d'Idi Amin Dada et le Kenya.
   Merveilleux D. Westlake capable de s'adapter à tous les registres. L'écrivain New-Yorkais capable des plus réjouissants délires de ce qu'il connaît le mieux, New York, a commis un superbe roman de S.F., Ordo, totalement décalé par rapport à sa production usuelle, et là, avec Kahawa, il pourrait passer pour un super connaisseur de l'Afrique et du monde terrifiant de l'ex-dictateur du pauvre Ouganda.
   On est, avec Kahawa, dans un genre de S.A.S. ou autre O.S.S. 117 (je le rêve ou ça existe vraiment ?). Non, ne fuyez pas ! Ca reste Westlake ! Si, si, je vous jure. La délicatesse, la finesse, l'humour là où on s'y attend le moins, tout y est. Westlake est merveilleux. On ne le répètera jamais assez.
   «Westlake nous embarque dans un grand roman d'aventures où se mêlent érotisme, violence, exotisme et, bien sûr, humour » nous dit la jaquette. Enlevez humour et vous avez le S.A.S. dont je parlais. Et vous avez bien lu ; exotisme (oui, oui, ça sonne très vrai, on pense au William Boyd de « Un Anglais sous les Tropiques », autre sommet du genre, sauf que Boyd, lui, a grandi en Afrique Centrale), violence (oui, mais avec du recul, pas comme dans les sinistres romans de gare que j'ai évoqués par ailleurs) et érotisme (Westlake érotique, vous imaginez ça ? non ? Lisez alors.) Et puis bien sûr, ces ressources insoupçonnées de délicatesse et d'humour que Westlake fait surgir de sa plume.
   Ca commence ainsi :
   « Chacune des fourmis sortaient du crâne en emportant une infime parcelle de cerveau. La double colonne d'insectes qui faisait la navette entre le cadavre et la fourmilière traversait en diagonale la piste humaine au bord de laquelle on avait jeté la femme assassinée. Tandis qu'une ombre traversait le soleil matinal, une douzaine de fourmis furent écrasées sous les pieds nus et calleux de six hommes qui cheminaient, venus de la route de Nawamba et descendant vers le lac, chacun portant sur sa tête un sac de soixante kilos de café ; aucun de ces hommes ne devait lui-même peser beaucoup plus de soixante kilos. Les fourmis survivantes continuèrent insoucieusement leur transport. Les hommes aussi?»
   Et on trouve des choses comme ça :
   « Au matin le ciel était plein de nuages pareils à de grands oreillers et couvertures sales empilés et instables et qui dégringolaient, certains restant en place, tandis qu'au-dessus et au-dessous des couches plus fines filaient à toute vitesse? »
   « L'avion fila vers son but, entre le ciel et les nuages , comme un jouet enjoué qu'on laisse s'amuser tout seul pendant que les Titans sont ailleurs : partis déjeuner, ou faire la sieste. Les vêtements séchèrent ; l'atmosphère de la cabine devint douce. Balim cessa de tripoter sa ceinture. Ellen décrispa ses doigts sur le manche et regarda son reflet dans le miroir qu'elle avait installé entre le pare-brise et la portière. Lew s'enfonça dans son siège et sourit, s'étirant voluptueusement. Le soleil brillait et tout allait bien en ce bas monde. »
   
   

critique par Tistou




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