Lecture / Ecriture
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Ados: Apocalypse Maya de Frédérique Lorient

Frédérique Lorient
  Ados: Apocalypse Maya

Ados: Apocalypse Maya - Frédérique Lorient

Demain peut-être
Note :

    Jové vient d’arriver sur la planète Maya, chez Trree qui serait son grand-oncle d’origine indienne. Le jeune homme est employé par AgroCorp, comme quasi toute la population de la planète, qui fait pousser du maïs transgénique. Trree, «un marginal exilé de Terre depuis plus de cinquante ans» , est quant à lui, tourné vers la nature et à l’écoute de celle de Maya. Il a donc compris qu’une des créatures extraterrestres présentes sur son sol est douée d’intelligence: les Suris, que les imbéciles d’AgroCorp prennent pour de vulgaires serpents, sont «une espèce émergente. Ils ont un début de langage, ils font des peintures de sable, ils connaissent le feu, ils ont même un ensemble de rituels religieux fondés sur le culte solaire.» Grâce au vieux Trree, Jové va peu à peu prendre conscience de l’intelligence des Suris et le moment venu, il tentera de les sauver des manipulations mortelles des ingénieurs inconscients.
   
   On retrouve dans ce roman le schéma classique du jeune qui débarque avec ses idées sur tout et prend les conseils du vieux sage pour de vains radotages. Résultat: le vieux a raison et le jeune homme va devoir se démener pour sauver la planète. Avec une petite histoire d’amour très chaste, quelques descriptions dont on se demande ce qu’elles font dans un cinquième roman («cette chevelure magnifique roulait sur ses bras nus et auréolait de lumière un visage qui rayonnait de grâce et d’intelligence», «La lumière dorée ruissela sur elle, inondant sa couronne de cheveux. Toutes ses mèches s’illuminèrent de multiples reflets, au point qu’elles se mirent à rayonner» ) et une intrigue qui peine à démarrer: ce premier roman de la collection Soon ne fait pas partie de ce que j’ai lu de meilleur. L’intrigue prend vraiment forme au-delà de la centième page, quand Jové découvre que le maïs d’AgroCorp est mortel pour les créatures autochtones. Il me semble par ailleurs que certains fils narratifs esquissés ne sont pas tissés, comme la mort de la mère de Jové, décédée alors qu’elle travaillait dans les labos d’AgroCorp (et alors ?).
   
   Les intentions de l’auteur sont claires: sensibiliser les jeunes lecteurs au problème de l’alimentation génétiquement modifiée, tout en soulignant le droit à la différence et le respect d’autrui. Le tout dans une préoccupation écologique évidente. Elle privilégie une approche plus poétique qui donne à son texte une certaine lenteur, voire une lenteur certaine, qui confine au sur place. Les jeunes gens sont des personnages assez classiques, seul le vieux Trree acquiert au fil des pages une originalité due à son attachement à la culture indienne.
   
   J’ai donc été déçue mais je garde toujours présent à l’esprit dans ces cas-là que je n’ai pas l’âge requis pour ce genre de lectures…

critique par SBM




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