Lecture / Ecriture
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Léonard et Machiavel de Patrick Boucheron

Patrick Boucheron
  Léonard et Machiavel
  Histoire mondiale de la France

Léonard et Machiavel - Patrick Boucheron

Le Prince... des inventeurs?
Note :

   L’un Léonard... de Vinci bien sûr mais vous aviez deviné, l’autre Machiavel celui qui a permis de créer un nouveau mot dans notre petit Larousse.
   Nous voilà transporté à la Renaissance, époque de foisonnement intellectuel et artistique mais aussi de danger, de sang et de poisons.
   
   Un constat: pendant environ 15 ans Machiavel et Léonard de Vinci se sont côtoyés, rencontrés, ont été liés aux mêmes personnes aux mêmes protecteurs ont travaillé sur les mêmes projets et ... rien, pas d’écrits, aucun document, rien de rien.
   
   Machiavel secrétaire de chancellerie, un peu ambassadeur un peu espion, occupe une fonction risquée à l’époque où les princes se succèdent le plus souvent dans le sang et la fureur.
   Léonard, lui a déjà 50 ans, il peint, dessine depuis plus de 30 ans , il a depuis toujours une passion pour les techniques, les phénomènes naturels et l'eau en particulier, sans doute l’esprit le plus curieux de son temps.
   Patrick Boucheron est persuadé que les deux hommes se sont rencontrés mais voilà... nulles traces de ces rencontres.
   
   Plus agaçant encore: ils ont travaillé sur le projet fou du détournement du cours de l’Arno, pas un noble projet humaniste pour protéger les paysans des inondations, non un projet guerrier pour détruire Pise l’éternelle rivale de Florence.
   
   D’autres rencontres ont eu lieu lorsque Léonard de Vinci reçoit en commande la réalisation d’une fresque pour la salle du Palazzo Vecchio à Florence, la fresque de la bataille d’Anghiari ne sera jamais terminée par Léonard et le destin va séparer les deux hommes.
   Ces deux figures de la Renaissance rapprochées par la soumission obligatoire aux condottieri de l’époque, il fallait bien vivre! ces deux hommes ont dialogué, conversé, peut être échangé des lettres, mais il n'en reste rien, ni dans les fameux carnets de Léonard, ni dans la correspondance de Machiavel.
   
   Très contrariant pour un historien de n’avoir aucun écrit à se mettre sous la dent, plus que contrariant, carrément frustrant, alors me direz-vous, il invente? il fait dans le romanesque... et bien pas du tout, il digresse, tourne autour de son sujet, «il interroge le silence» dit-il lui même et tout cela pour notre plus grand plaisir.
   
   Ni traité de peinture ni traité politique, ni biographie, ni fiction, ce texte à la fois érudit sans être pédant, limpide mais exigeant se lit avec délices.
   
   Une critique parle d’une singularité exceptionnelle et d’une ambition littéraire indiscutable, le compliment est mérité.

critique par Dominique




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