Lecture / Ecriture
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Le Fils de la mort de Adrian McKinty

Adrian McKinty
  Le Fils de la mort
  Une terre si froide
  Dans la rue j'entends les sirènes
  Le fleuve caché

Adrian McKinty est un écrivain irlandais né à Belfast en 1968.

Le Fils de la mort - Adrian McKinty

Magouilles & Manipulations
Note :

   Troisième roman de cet auteur natif d'Irlande du Nord, ce livre est la suite de «À l'automne je serai peut-être mort» que j'ai lu il y a quelques années.
   
   Michael Forsyth est depuis cinq ans assigné à résidence et gardé par la police. Pour se changer les idées, il décide de partir à Ténériff. Ses plages, son soleil le paradis sur terre. Sauf qu'un match amical de football est programmé: d'un côté, un club anglais de l'autre, un club irlandais; l'amitié séculaire qui lie les deux pays aurait dû inciter les organisateurs à la prudence! Suite à des heurts la police intervient, et Michael se retrouve en prison!
   Et là son cas s'aggrave à la vitesse grand V, car le chef de la maffia irlandaise de New-York aimerait bien avoir une petite conversation avec lui, pour lui rappeler qu'il a tué son lieutenant et témoigné contre certains membres de son gang. L'Espagne ne lui en veut pas trop, quelques années de prison pour hooliganisme. Mais les espagnols pourraient signaler à leurs homologues mexicains qu'il est en prison chez eux et l'extrader sans problème. Et là la vie risque d'être plus que difficile pour un «Gringo» comme lui! Les services secrets britanniques lui offrent une porte de sortie, mais pas forcément une situation de tout repos!
   L'IRA est sur le point de signer un cessez le feu, en Irlande cette décision est en règle générale bien acceptée, il semblerait que quelques cellules dormantes aux États-Unis pensent l'inverse et s'apprêteraient à commencer une vague d'attentats sur le sol américain.
   Alors notre héros, avec l'aide du FBI et des services secrets britanniques, doit infiltrer une des plus puissantes organisations irlandaises «Les Fils de Cuchulainn». Les membres de cette cellule sont d'ex-partisans de l'I.R.A. qui furent chassés de celle-ci et d'Irlande.
   Commence alors pour Michael une aventure pour le moins mouvementée, mais passionnante pour le lecteur. Un bon roman bien noir, du sang, des larmes et des personnages convaincants, Michael Forsyth est un héros plutôt sympathique, enfin dans ce livre-ci, ce qui n'étais pas le cas dans le premier.
   
   Samantha représente les services secrets britanniques, toujours aussi retors pour tout ce qui concerne L'Irlande. Elle est prête à tous les sacrifices, celui de son corps en particulier (qu'elle a fort beau d'après l'auteur).
   Kit, dont il sauve la vie dans une mise en scène digne d'un mauvais scénario d'Hollywood, est la fille du leader des «Fils de Cuchulainn» ; elle est son passeport et sa carte d'entrée dans ce groupe.
   On se demande d'ailleurs ce qui motive l'intérêt de tout ce beau monde pour ce groupuscule, qui semble à première vue composé de personnages vieillissants. Touched est un tueur sadique. Avec son chef Gerry, ils rêvent de représenter encore quelque chose et de pouvoir peser sur le processus de paix, mais leur époque est révolue, le pragmatisme est à l'ordre du jour.
   
   Le schéma classique des ouvrages de cet auteur, L'Irlande où il est né, L'Amérique où il réside, avec la vie de la pègre irlandaise aux Etats-Unis. Ou comme dans cet ouvrage l'histoire d'une cellule républicaine sur le sol américain. Encore un savant mélange des deux, avec une plongée au coeur de la maffia irlandaise et au sein des organisations irlandaises qui servaient de soutiens logistiques et financiers à l'IRA.
   
   A noter que l'auteur encore un fois fait un clin d'oeil à la littérature irlandaise en donnant comme fausse identité à son héros Brian O'Nolan qui est le vrai nom de Flann O'Brien. Les services secrets le rebaptisent Sean McKenna, ce qui fait effectivement plus sérieux. Autre hommage à la littérature W.B.Yeats et H.D.Thoreau, qui n'avait pas une haute opinion de la côte de la Nouvelle-Angleterre où l'auteur situe son roman.
   
   Extraits :
    - Ils ont évité le chaos et le chaos les a évités.
   Peut-être la plupart des hommes sont-ils ainsi faits.
   Pas moi.
   
   - New-York. Une ville déjà tellement décrite qu'on sait à quoi elle ressemble sans y avoir jamais mis les pieds.
   
   - Les yeux de Samantha étincelaient impérieusement, sa voix était celle de Thatcher juste avant de lancer l'invasion des Malouines.
   
   - .... et les rumeurs sur ses activités sexuelles, l'Irlande du Nord est la seule carte avec l'économie que le président Clinton puisse jouer pour entrer dans l'histoire.
   
   - Les British ont peut-être conquis l'Inde et remporté deux conflits planétaires, mais leur suffisance et leur incompétence ont causé beaucoup de morts.
   
   - ...encore plus imprévisible que Gerry-d'où son surnom de «Touched», c'est-à-dire «cinglé»-....
   
   - Alors vous avez catalogué Gerry comme un vieux Provo que l'IRA veut, soit éliminer, soit forcer à rentrer dans le rang. C'est ça?
   
   - On devinait qu'elle était anglaise; la dernière créature aussi grande et aussi blanche aperçue dans le Massachusetts, c'était Moby Dick.
   
   - Il y a deux villes voisines dans le New Hampshire, l'une nommée Derry et l'autre Londonderry.
   
   - On ira dans le sens de l'histoire et du fric, de l'influence, du pouvoir, Sean!
   
   - Pourrait-elle me tuer?
   Pourrais-je la tuer?

   
   Titre original: The dead yard (2006)

critique par Eireann Yvon




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