Lecture / Ecriture
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Ados: L'étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

Neil Gaiman
  Anansi Boys
  American Gods
  Neverwhere
  Ados: L'étrange vie de Nobody Owens
  Dès 11 ans: Coraline
  Des choses fragiles
  Dès 11 ans: Odd et les Géants de Glace
  Ados: Entremonde
  Ados: Stardust
  L'Océan au bout du chemin
  Dès 10 ans: La Belle et le fuseau

Neil Gaiman est un auteur britannique de romans et de scénarios, vivant aux États-Unis. Il est né en 1960.

Ados: L'étrange vie de Nobody Owens - Neil Gaiman

Presque personne
Note :

    Paru en Mars 2009
    Titre original: The Graveyard Book
    Illustrations de Dave McKean
   
   Alors que sa famille entière est atrocement assassinée par un mystérieux Jack, un tout petit être, le seul survivant du massacre crapahute jusqu'en haut d'une colline et échappe de justesse à son exécution. En haut de la colline, il y a un cimetière terriblement vivant. Peuplé de fantômes, d'esprits et autres créatures des obscurités, ce cimetière accueille le cher enfant afin de le protéger de cette confrérie secrète et meurtrière. C'est le couple Owens qui en a la charge et Nobody est déclaré citoyen libre du cimetière. Il peut aller et venir comme bon lui semble sauf qu'au cours de son enfance, il voit bien que les choses ne sont pas si normales qu'elles en ont l'air. Il ne peut quitter le cimetière sous le joug de la menace qui le guette. Mais Nobody rêve de l'extérieur, il voudrait être un garçon normal, avec une éducation autre que celle de savoir comment effrayer les gens ou s'effacer. "L'étrange vie de Nobody Owens" est l'histoire de ce garçon peu ordinaire, qui vit parmi les morts tout en restant vivant et dont l'étonnante vivacité le conduira à affronter le cruel Jack...
   
   Après "Coraline", Neil Gaiman continue ses romans jeunesse avec un talent certain. On ne s'ennuie jamais. Nobody Owens est un garçon énigmatique, ses questions sont les nôtres, son apprentissage est passionnant et nous dépeint un univers foisonnant, incroyablement riche en détails et en descriptions.
   
   Venez à la rencontre de sorcières, fantômes, esprits vengeurs et autres créatures des ténèbres, on déambule dans le cimetière, on s'étonne du décor, un monde créé à partir d'ombres et de tombes. Entre enchantement imaginaire et ambiance noire, Neil Gaiman excelle dans l'art des frontières. Frontière entre la réalité et ce qui s'y cache, frontière entre réel et imaginaire, un quotidien réinventé à la fois attachant et magique. Un clin d'oeil à Tim Burton et à Courtney Crumrin. Le lecteur se meut, glisse et erre dans un monde imagé à la limite du cauchemardesque sauf que tout y est subtilement inné et naturel.
   
   Un coup de maître ce roman. A la fois sombre et merveilleux, Neil Gaiman joue avec les registres, invente un univers personnel qui mêle intimement le fantastique à l'intensité d'une intrigue. Etrange est le mot qui qualifie le roman, certes, mais le tout témoigne comme toujours venant de Neil Gaiman, d'une grande originalité: inquiétant et macabre. Imprévisible et hallucinée, cette traversée dans le monde des morts est délicieusement empreinte de fluctuations dérangeantes et de portes invisibles. Un grand coup de coeur pour ce roman fantasmagorique dont l'escapade littéraire vous offrira beaucoup de frissons et d'adorables songeries... hantées!
   
   Nous sommes nombreuses et nombreux à avoir aimé "The Graveyard Book"(titre original) et à être conquis par Neil Gaiman!!
    ↓

critique par Laël




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Au milieu des morts!
Note :

   Au cours d'une sombre nuit, Jack tue toute une famille. Mais lorsqu'il s'apprête à donner le coup de couteau final au petit dernier, il trouve à la place du bébé censé dormir dans le berceau un ours en peluche. Cet enfant qui "faisait le désespoir autant que la joie de ses parents, car jamais on n'avait vu garçon plus doué pour explorer, grimer, se fourrer dans tous les recoins et s'en extirper" vient de flirter avec la mort.
   
   Inconscient cependant de ce à quoi il vient d'échapper, ses pas le portent vers le cimetière de la ville, accueilli par monsieur et madame Owens, qui n'en croient pas leurs yeux de découvrir un nourrisson devant l'entrée. Mais ce bébé, bien vivant, n'a en principe rien à faire dans un cimetière!
   
   Le fantôme de sa mère implore les Owens, décédés depuis des siècles, de protéger leur fils. N'en ayant jamais eu eux mêmes, ils décident alors d'accorder la libre citoyenneté à cet étranger, qui aura un statut bien particulier, celui de vivant dans le monde des morts. Il grandit heureux et insouciant en passant d'un monde à l'autre, grâce à son tuteur Silas, mais le danger guette car Jack n'est pas prêt à abandonner la mission qu'il n'a pu mener à terme.
   
   Ce roman m'a enthousiasmée. Je me suis retrouvée plongée dans une histoire qui m'a entrainée, amusée, et tenue en haleine tout le long du récit.
   
   Quelques jolies illustrations en noir et blanc viennent avantageusement rehausser ce livre à la couverture par ailleurs magnifique. Nobody Owens et les morts qu'il côtoie sont super attachants et c'est avec grand regret que je les ai quittés.
   "Un roman enchanteur, noir, magique, tendre et profond"
. qui a remporté la Newbery Medal 2009
    ↓

critique par Clochette




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Où que l’on aille, on s’emmène avec soi
Note :

   Si j’avais souffert avec "American gods", ce n’est pas du tout le cas avec ce joli récit fantastique destiné de prime abord à la jeunesse, et qui a reçu le prix Hugo 2009 du meilleur roman.
   
   Quand je dis "joli", c’est une façon de parler puisque cette curieuse histoire débute avec le massacre d’une famille dont réchappe seulement un bambin. L’enfant se réfugie dans le cimetière voisin où il va être littéralement adopté par les fantômes, et notamment le couple Owens.
   
   Les premières pages m’ont immanquablement évoqué l’univers de Tim Burton, je trouve que la filiation entre Burton et Gaiman est évidente. Je m’étais déjà fait la réflexion avec Coraline. Mais les références de Gaiman sont aussi littéraires, c’est un hommage à peine déguisé à Dickens et Kipling. Cela devrait donner envie de relire ces piliers de la littérature anglaise.
   
   Nobody, le bien nommé, va se recomposer une famille, se faire des amis (le personnage de Silas, ni vivant ni mort, est sans conteste l’un des plus intrigants) mais surtout, va devoir se garder du meurtrier des membres de sa famille, surnommé Jack, toujours à sa recherche.
   
   Dans une ambiance macabre et poétique, le jeune Nobody Owens entraîne le lecteur dans son sillage, au cours de ses années d’apprentissage ponctuées d’aventures parfois dramatiques, souvent drôles et même touchantes. Les morts ont plus d’épaisseur que les vivants, qui sont d’une certaine manière, moins intéressants et "humains" que les trépassés. On s’attache sans peine à ces figures singulières, issues du folklore occidental.
   
   Faut-il en déduire que le monde des vivants est bien plus dangereux, noir et cruel que le royaume des morts ? Possible. Mais le talent de Gaiman consiste aussi à brouiller les pistes et rendre poreuses les frontières entre ces deux extrêmes. Nobody Owens est pour le moins un héros tout à fait original, et je gage que vous regarderez désormais les vieux cimetières pleins de tombes moussues d’un autre œil.
   
   - Ils se tuent, tu veux dire?
   Bod avait une huitaine d’années, les yeux curieux et bien ouverts, et il n’était pas idiot.
   – Absolument.
   - Et ça marche? Ils sont plus heureux une fois morts?
   – Parfois. La plupart du temps, non. C’est comme les gens qui s’imaginent qu’ils seront plus heureux en allant vivre ailleurs, mais qui apprennent que ça ne marche pas comme ça. Où que l’on aille, on s’emmène avec soi. Si tu vois ce que je veux dire.

critique par Folfaerie




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