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Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Annie Barrows

Annie Barrows
  Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates
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Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Annie Barrows, Mary Ann Shaffer

Plat de résistance
Note :

   J'ai l'esprit de contestation... J'aurais bien voulu, histoire de... mais je n'ai pas résisté au charme des épluchures de patates et succombé à mon tour à ce roman épistolaire.
   Tout a sûrement été dit, je ne ferai donc qu'un petit résumé à l'usage des voyageurs intergalactiques qui auraient zappé la blogosphère ces dernières semaines.
   
   Londres, 1946. Alors que le pays se remet doucement de ses blessures, Juliet Ashton qui a écrit des chroniques durant la guerre, se voit demander un article par le Times sur le thème des vertus de la lecture, alors qu'elle s'interroge sur le sujet de son prochain roman. Elle est par ailleurs contactée par un habitant de Guernesey, Dawsey Adams, qui lui dit faire partie du Cercle des amateurs de littérature et de tourtes aux épluchures de patates de l'île anglo-normande. Rien de tel pour aiguiser la curiosité de Juliet qui entame une correspondance avec divers membres du bien nommé cercle. L'amitié naît rapidement entre cette femme spontanée et généreuse et les îliens. Elle prend alors conscience d'une réalité qu'elle n'avait pas imaginée: la condition de ces habitants durant la guerre, l'île occupée dès le début du conflit formant le poste avancé de l'armée allemande déterminée à envahir la Grande Bretagne. C'est d'ailleurs pour échapper aux soldats allemands que naît cet incroyable cercle, formé de gens qui a priori, n'ont jamais ouvert un livre... Ils vont pourtant y être obligés et céder peu à peu, selon leur personnalité, aux charmes de la lecture. Et pas seulement à Emily Brontë ou Jane Austen, non. Certains deviendront de fervents adeptes de Catulle, John Booker allant jusqu'à n'avoir lu qu'un seul livre: les Lettres de Sénèque!
   Et pourtant, nul érudit parmi eux, mais des gens simples, paysans ou femmes au foyer.
   Juliet tient le sujet de son futur roman: l'histoire d'Elizabeth McKenna, l'intrépide fondatrice du cercle, emprisonnée sur le continent pour avoir aidé un travailleur polonais et mère célibataire de la petite Kit, née de ses amours avec un soldat allemand pas comme les autres. En marge de cette intrigue principale s'écrit l'histoire romanesque et drolatique des amours de Juliet et de son bel Américain qui a décidé unilatéralement de l'épouser.
   
   Je crois que l'atout principal de ce roman est l'extraordinaire vivacité des personnages. Chacun s'exprimant lui-même à travers ses lettres, le lecteur est immergé dans ces personnalités diverses, dans leurs petites querelles quotidiennes, dans la vie au jour le jour de ce microcosme humain dans lequel se jouent tous les drames de la guerre. L'amitié, le dévouement, mais aussi la duplicité et la jalousie, et surtout la faim, la peur et l'attente. C'est souvent très drôle, parfois dramatique et pourtant, au plus fort de l'adversité, le maître mot de ces personnages débordants d'humanité reste certainement la solidarité.
   
   
   Titre original : The Guernesey Literary and Potato Peel Pie Society
   Parution aux Etats-Unis : 2008
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critique par Yspaddaden




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Délicieux et épistolaire!
Note :

   1946. Angleterre
   
   Juliette a écrit un roman "Izzy Bickerstaff s'en va t'en guerre" qui se vend super bien. Elle voyage de salon en librairie pour rencontrer ses lecteurs et lire des extraits de son livre. Elle entretient des liens de grande amitié avec son éditeur Sidney, à qui elle écrit régulièrement, ainsi qu'à la sœur de celui ci Sophie, dont elle est la marraine de son fils.
   
   Elle reçoit un jour un courrier d'un dénommé Dawseu Adams, qui a entre ses mains un livre ayant appartenu autrefois à Juliet. Il y retrouve en effet son nom et son adresse dessus ainsi que des commentaires dans la marge. Il habite Guernesey et lui demande un service, à savoir de lui faire parvenir un livre d'un écrivain dénommé Lambs qu'il adore car les librairies sont quasiment inexistantes sur l'île. Il lui confie qu'il a créé un cercle littéraire pendant la guerre pour se protéger des occupants. Chaque membre du cercle va engager une correspondance avec Juliet, jusqu'à ce que cette dernière vienne les rejoindre sur l'île.
   
   Comme le dit si bien Anna Gavalda, ce roman est "absolument délicieux". Écrit d'un bout à l'autre sous forme de lettres, ce qui rend la lecture très agréable, il offre des portraits savoureux et se déroule au fil de ses nombreuses correspondances. A la fois profond et léger, il revient sur la vie des habitants de cette île anglo-normande pendant la guerre.
   
   Nous avons perdu l'habitude de recevoir du courrier dans nos boîtes aux lettres, d'entendre le facteur déposer et faire tomber les lettres par la fente de la porte des maisons. Eh oui, Internet, a fait perdre cette habitude décrire qui donne un côté à la fois charmant et désuet à ce roman. D'apparence légère, certains épisodes relatés sont malgré tout dramatiques.
   
   Un livre que j'ai dégusté et lu en un temps record et que je vous recommande chaudement. La première de couverture est super jolie et le titre vraiment bien choisi. Une nouveauté à mettre en tête de gondole.
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critique par Clochette




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Le cercle dans lequel je ne suis pas entrée
Note :

   Janvier 1946, Londres tente de se relever de ses cendres: la guerre s'est achevée quelques mois plus tôt et Juliet Ashton, célèbre chroniqueuse sous le nom d'Izzy Bickerstaff, en tournée dans le pays pour la promotion des chroniques de guerre rassemblées en un seul volume ("Izzy Bickerstaff s'en va-t-en-guerre"), cherche un sujet pour son prochain roman. Elle ne compte pas s'orienter vers une biographie, celle qu'elle a écrite sur Anne Brontë fit un grand flop.
   C'est alors que le hasard, qui fait toujours bien les choses, atterrit dans sa boîte aux lettres londonienne: un lecteur de Guernesey lui écrit qu'il a en sa possession un roman qui, un jour, lui appartint (elle y a apposé son nom à l'intérieur) "Les essais d'Elia, morceaux choisis" de Charles Lamb. Une correspondance se met en place entre Juliet et Dawsey Adams de Guernesey. Ce dernier lui révèle en quelles circonstances il fut amené à se plonger dans l'oeuvre de Charles Lamb: l'Occupation allemande asphyxiait l'île, la nourriture se faisait rare et de plus en plus chiche et ne pas respecter le couvre-feu pouvait avoir de dramatiques conséquences. Un soir, après une réunion entre voisins et amis à partager un cochon rôti, la rencontre inopinée avec une patrouille allemande amena Elizabeth McKenna à inventer l'existence d'un cercle littéraire: le cercle littéraire des amateurs de tourte aux épluchures de patates! C'est ainsi qu'au fil des rencontres l'intérêt pour la littérature s'empara d'un groupe d'îliens peu prédisposés à se plonger dans une activité aussi oisive.
   
   Juliet Ashton voit sa curiosité attisée à mesure que les membres de ce fameux cercle lui racontent, à leur manière, leurs impressions et leur vécu de l'aventure: la galerie de personnages aussi variée que riche lui donne envie d'aller les rencontrer en vrai, à Guernesey, île britannique qui fut coupée du monde pendant cinq ans!
   
   J'avoue mon embarras devant ce roman: il est amusant, agréable à lire et pourtant, à aucun moment je n'ai ressenti d'enthousiasme. Certes, les personnages sont attachants, il y a juste ce qu'il faut d'humour pour pimenter les échanges et les missives sont truffées de renseignements historiques sur les conditions de vie dans les îles anglo-normandes pendant la seconde guerre mondiale. On y rencontre de beaux personnages, telle Elizabeth McKenna qui est la grande absente après la guerre en raison de son arrestation, elle qui tomba folle amoureuse d'un bel officier, cultivé et pas vraiment partisan des nazis, dont elle eut une fillette, elle qui aida à survivre les prisonniers-esclaves de l'armée allemande, elle qui paya le prix fort pour cela. On croise le mépris, les langues de vipères, un fat imbu de lui-même et de son charme et des gens devenus de vrais lecteurs avides de romans et d'évasions littéraires. Oui, il y a tout ce qui aurait pu m'emporter mais hélas, je suis restée en dehors du cercle littéraire. J'ai trouvé qu'il manquait un je ne sais quoi de consistance pour que ce roman dépasse le stade de simple lecture de plage.
   
    Le point positif du roman: le choix épistolaire qui le sauve de l'insipidité et il n'est guère évident de construire un bon roman épistolaire comme Les liaisons dangereuses, La religieuse ou 84, Charing Cross Road. Je dois être la seule de la blogosphère à ne pas avoir été transportée par ce roman, même si les effluves iodées de Guernesey sont une véritable invitation à prendre le premier bateau en partance de St-Malo! Je ne peux que vous inviter à lire les avis, nombreux et unanimes, des lecteurs qui en ont fait leur coup de coeur.
   
   Je suis comme devant un joli soufflé plein de promesses qui est retombé avant de sortir du four...c'est dire mon désappointement!
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critique par Chatperlipopette




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Bien sympathique
Note :

   Voici un cercle littéraire qui, depuis sa sortie en 2009, a fait couler beaucoup d’encre et de pixels. Porté aux nues par certains, décrié par d’autres, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ouvrage de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows n’est pas passé inaperçu et est rapidement devenu l’un des plus grands succès éditoriaux de ces dernières années.
   
   Bien sûr, la communauté des lecteurs n’est jamais unanime sur la qualité d’une œuvre et, face au déferlement d’avis positifs qui ont accompagné la sortie de ce roman, certaines voix se sont faites entendre, qui ne trouvaient pas cet ouvrage aussi extraordinaire que l’on voulait bien nous le faire croire. Ce fut le cas dans mon entourage où j’entendis des avis plutôt mitigés sur ce roman, voire quasiment négatifs. Inquiété par ces critiques, et influencé comme peut l’être tout un chacun par ses proches, je décidai de laisser de côté sur une étagère mon exemplaire flambant neuf, bien résolu à ne jamais en entamer la lecture.
   Puis vint l’annonce de la sélection du 8ème Prix des Lecteurs du Télégramme, et c’est avec surprise et inquiétude que j’appris que «Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates» faisait partie des dix ouvrages choisis pour cette année 2010. Mince! J’allais devoir, par la force des choses, me contraindre à lire un ouvrage dont on m’avait plus vanté les défauts que les mérites.
   C’est donc avec une certaine appréhension et une grande dose de scepticisme que j’entamais la lecture de cet ouvrage.
   
   Les premières pages de ce roman épistolaire ne contredirent pas les avis plutôt dubitatifs que l’on m’avait communiqués: difficulté à s‘immerger dans le récit, ainsi qu’à saisir et à reconnaître les différents personnages évoqués. Puis, peu à peu, je suis entré dans cette histoire, faisant progressivement connaissance avec les protagonistes de ce roman et je me suis pris au jeu et ai découvert une galerie de personnages attachants dans ces habitants de Guernesey, contraints, suite à un mensonge, de s’adonner à la littérature pendant les années d’occupation allemande. Je me suis amusé à faire la connaissance de ces fermiers, qui auparavant n’avaient jamais éprouvé d’attirance pour la lecture, se mettent à lire Sénèque ou Catulle.
   J’ai aussi été ému par le destin d’Elizabeth, qui est à l’origine de la création du Cercle Littéraire, et dont on s’aperçoit peu à peu qu’elle est le véritable personnage central de cette histoire. J’ai par contre été un peu agacé par cette bluette entre la narratrice, romancière, et ce richissime américain, un épisode du récit à l’aboutissement trop prévisible qui ne sert finalement qu’à mettre en place le Happy End de cette histoire. On pourra, en effet, au final, critiquer l’avalanche de bons sentiments qui fait le corps de ce livre mais il n’est pas désagréable parfois de lire un ouvrage où le cynisme ne règne pas en maître, où l’humanité des personnages est mise en valeur, sans toutefois tomber dans un récit de type bisounours.
   
   C’est le cas de ce «Cercle Littéraire des amateurs d’épluchures de patates», un roman sans prétentions et qui fait du bien à l’âme sans tomber dans la mièvrerie, et dont le ton, teinté d’un humour So British, nous dispense d’excès de pathos ou d’une vision par trop idyllique des rapports humains.
   
   Bref, et pour finir, je dirais que ce roman fut pour moi un agréable moment de lecture. Certes, ce livre ne fut pas une «révélation» ni un «coup de cœur», seulement un roman sympathique dont j’ai pris grand plaisir à suivre le déroulement.
   Ce ne fut pas non plus, loin de là, le désastre annoncé, et si ce livre ne fera pas partie des ouvrages les plus marquants que j’aurais lus au cours de ma vie de lecteur, j’en garde pourtant un souvenir agréable malgré le fait que par sa forme et par le sujet abordé, ce roman ne peut m’apparaître que comme un pâle ersatz de l’excellent «84, Charing Cross Road» d’Helen Hanff. Mais cela n’est après tout que mon avis, et au vu de ce que j’ai écrit plus haut, il vous est conseillé de ne pas suivre mon opinion et de juger par vous-mêmes de l’intérêt et du plaisir que vous aurez (ou que vous avez déjà eu) à lire ce petit roman, somme toute bien sympathique.
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critique par Le Bibliomane




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Pourquoi j'aime tant lire...
Note :

    Les émotions et le plaisir ressentis tout au long de ce livre sont une fois encore le gage de mon amour absolu de la lecture...
   
    Un bijou de lecture, pourtant une simple histoire d'une humble auteure américaine à son premier roman qui ne vivra même pas pour en savourer le succès...
   
    Racontez-moi une histoire, racontez-la moi avec intelligence et je la lirai toujours avec le plus grand bonheur, telle est la simple formule du bonheur de lire, tel que je le conçois et le vis depuis plus de soixante ans!
   
    Évidemment que la lecture m'a apporté beaucoup plus qu'une émotion agréable, mais celle-ci à l'état pur à la lecture des première mots jusqu'aux derniers, demeure la plus importante..., peu importe le contenu.
   
    J'ignorais à peu près l'existence de ces iles Anglo-Normandes dans la Manche tout près de la côte française, j'ignorais complètement qu'elles avaient été occupées par les Allemands durant le dernier conflit mondial, j'ignorais qu'une auteure américaine pourrait transmette d'une manière aussi juste l'esprit, la culture et les habitudes de vie d'un peuple, d'une communauté d'insulaires totalement étrangers à sa nature personnelle, tel est le talent de cette humble auteure.
   
    Presque toutes les appréciations qui précèdent la mienne décrivent les détails et le style épistolaire du récit, il est inutile de les répéter, mais j'insiste à répéter que j'ai appris plusieurs choses à la lecture de cette simple histoire et que le grand bonheur de lecture éprouvé demeurera, comme tous mes bonheurs de lecture, inoubliable!
   
    N.B. J'ai lu cet ouvrage dans sa version originale: "The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society"
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critique par Françoise




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Pour après-midi british
Note :

   Je sais, vous pensiez qu'il ne restait plus une seule personne à ne pas l'avoir lu mais si, si, c'était moi et j'ai récemment rattrapé le coup en sortant ce roman qui traînait dans ma bibliothèque depuis près de deux ans.
   
   Jeune écrivain révélée par ses chroniques humoristiques en temps de guerre, Juliet Ashton fait une tournée de promotion lorsqu'elle reçoit une lettre d'un habitant de Guernesey, Dawsey Adams. Celui a trouvé le nom de Juliet dans un livre d'occasion qu'il s'est procuré et la contacte afin d'obtenir l'adresse d'une librairie à Londres pour commander d'autres œuvres de Charles Lamb, qui lui a beaucoup apporté pendant l'occupation. S'ensuit une correspondance enjouée, des cadeaux de la part de Juliet qui peu à peu entre en correspondance avec plusieurs habitants de l'île faisant tous partie de la Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society. Intriguée par le nom, séduite par les personnalités si différentes qui lui écrivent, Juliet décide finalement d'évoquer Guernesey dans le prochain roman attendu par son éditeur (et ami). Elle se rend ainsi sur place et l'histoire se poursuit, toujours sur un mode épistolaire, à travers les lettres que Juliet adresse à son éditeur. Ajoutons à cela une secrétaire perfide, un critique ébouillanté au thé cherchant à se venger (so British!), un éditeur concurrent richissime souhaitant épouser Juliet et une habitante de l'île qui tente de mettre Juliet en garde contre la perfidie et la dépravation de cette pseudo société littéraire, et vous aurez une petite idée de ce que contient ce charmant roman.
   
   Très honnêtement, je pense que ce livre ne me laissera pas un souvenir impérissable mais, soyons fous, je l'ai tout de même bien apprécié. C'est assez gentillet, ni bien ni mal écrit, mais une fois les premières pages très légères passées, le récit devient de plus en plus intéressant. Les personnages sont attachants, chaque histoire personnelle finit par avoir son importance tandis que la toile de fond permet au lecteur de se faire une petite idée de l'occupation de Guernesey par les nazis. Sans être dense ni très fouillé, ce roman permet d'aborder un sujet historique et d'informer le lecteur tout en douceur (si le lecteur connaît aussi peu l'histoire de l'île que votre fidèle et dévouée). J'ai d'ailleurs appris au passage quelques petites choses sur le mur de l'Atlantique, qui concernent également les plages de ma région (le commun des mortels croyant en général que ce sont les soldats allemands qui ont construit les blockhaus, alors qu'il s'agissait de volontaires, puis de prisonniers).
   
   Un roman qui a pour principal avantage de constituer une lecture facile sans être complètement creux pour autant, et qui parfois ne manque pas d'humour, malgré quelques passages un poil caricaturaux. En somme, un livre idéal pour accompagner une après-midi de farniente dans un jardin anglais, avec une limonade et des sandwiches au concombre à portée de main!
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critique par Lou




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Le titre! Roman épistolaire
Note :

   Roman épistolaire. Cercle littéraire sur l’île de Guernesey. La guerre à Guernesey. La lecture acte de résistance. Une recette de tourte originale... Les idées de titres ne manquent pas pour qualifier ce roman! (même si je dois reconnaître que celui finalement retenu a dû être pour quelque chose dans sa diffusion et son succès)
   
   1946, toute fin de la guerre à Londres? Juliet Ashton n’a pas de raisons fondamentales pour s’intéresser à la petite île de Guernesey. Elle a connu un succès d’édition en publiant ses chroniques de guerre, va de ville en ville pour en assurer la promotion, tient à distance un soupirant américain insistant et riche, et lui-même éditeur, et surtout – surtout elle cherche comment rebondir littérairement. Qu’écrire maintenant?
   
   C’est le hasard – un livre annoté de sa main – qui la met en contact, épistolaire, avec Dawsey Adams, un habitant de Guernesey, une île qui a connu un épisode douloureux durant cette guerre qui vient de se terminer puisqu’elle a été occupée durement par les Allemands. Londres, où vit Juliet, avait été bombardé par les V2 mais Guernesey avait littéralement les Allemands sur le dos.
   Donc, contact Juliet/Dawsey. La lettre ne reste pas orpheline. Ça devient un véritable échange, avec Dawsey, ainsi qu’avec progressivement d’autres personnalités – comme les îles savent en recouvrer – particulièrement gratinées. Qui initient Juliet – et le lecteur ce faisant – au fameux donc "Cercle littéraire des amateurs de tourte aux épluchures de patates". Ça parait ridicule dit ainsi mais c’est en fait un véritable acte de résistance qui émeut Juliet au plus haut point. Tant et si bien qu’elle finit par se demander si ce qui s’est passé, ce qui se passe sur cette île, ne pourrait pas constituer un sujet de roman, ce sujet après lequel elle court puisque, pour l’instant, elle écrit surtout des lettres (un grand merci au passage à la British Post!). Et puis, avouons-le, elle avait quand même un peu envie d’aller voir à quoi ressemblent Dawsey, Eben, Kit, Isola... Ça en fait des correspondants, hein?
   
    Quand je vous disais, pour la British Post... Et puis le lecteur aussi en a envie. Ben oui quoi!
   
   Alors on va se rendre avec Juliet à Guernesey, dans le monde un peu fou qu’est généralement une île. Et on va s’y plaire. Et découvrir le personnage fédérateur d’Elizabeth McKenna, la véritable héroïne, un peu le pendant de "Godot", si j’osais la comparaison...!
   Alors résumons pour conclure :
   1) On peut choisir son titre
   2) Les Allemands ont envahi Guernesey pendant la guerre
   3) On peut faire une tourte avec des épluchures de patates
   4) Pour le reste : lire.

critique par Tistou




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