Lecture / Ecriture
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Peur aveugle de Paul-François Husson

Paul-François Husson
  Peur aveugle

Peur aveugle - Paul-François Husson

Plein la vue!
Note :

   Présentation de l’éditeur :
   "Tout le monde a peur du noir.
   Tout le monde, sauf Matthieu, depuis l’accident de voiture qui l’a privé de la vue et de sa mère. À tout jamais, croyait-il…
   L’été de ses treize ans, une greffe de cornée lui donne l’espoir de recouvrer la vue. Mais, dans la lumière qui tente de percer sa nuit, il est persuadé que se tapit un monstre qui en veut à sa vie.
   Son père, sa belle-mère et sa sœur y lisent le signe d’une angoisse bien légitime et décident de partir camper quelques jours au bord du lac Noir. Une simple virée pour se changer les idées… jusqu’à ce que toute la petite famille ait de vraies raisons d’être terrifiée."

   
   Etrange histoire dans laquelle Paul-François Husson nous entraîne, jouant sur la peur immuable chez l'être humain: la peur du noir. La privation d'un de nos sens qui, au plus profond de nous, et cela, dès la prime enfance, nous entraîne dans des mouvements de panique incontrôlable car signifiant la perte de nos repères.
   Histoire et idée menées de manière très intelligente: de quoi un jeune aveugle peut-il avoir peur?
   
    L'auteur construit un monde inimaginable pour nous et effrayant à plus d'un titre pour moi et, sans doute, pour bon nombre de lecteurs: la perte de notre vision.
   Dès le titre et la quatrième je m'interroge sur le bien fondé de cette lecture, ma prime panique étant davantage liée à la perte de la vue, et la quatrième me parlant de greffe (oups! moi et les hôpitaux)... Bref je me demande si ce livre est réellement fait pour moi.
   
   Verdict: je ne regrette pas ma lecture, et P.-F. Husson nous mène totalement en bateau, créant des situations imbriquées à l'affectif, au quotidien, jouant sur cette panique liée à la perte de repères. Que l'on soit voyant ou aveugle, les réactions sont les mêmes: l'affolement, une imagination qui se met à vagabonder, à errer vers nos peurs enfantines, à imaginer ce qui n'existe pas. Où s'arrête notre imaginaire dans de tels moments? Le lecteur, lui-même se laisse gagner par ce que l'auteur lui donne: vérité, illusion? Jusqu'à quel point la panique peut-elle nous entraîner à voir (à lire et à imaginer) ce que les autres ont vu (ou cru voir)?
   Il y ajoute la notion de deuil tant d'un point de vue enfantin, adolescent que celui de l'adulte, du parent, montrant le chemin que chacun doit mener par rapport à une autre peur fondamentale de notre civilisation: la mort, la perte de l'être cher.
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critique par Delphine




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Le monstre du placard...
Note :

    Je ne suis pas une grande spécialiste en matière de thrillers, amis lecteurs: méfiez-vous de mon avis (encore) plus que de coutume (on n'est jamais trop prudent, surtout lorsqu'un détraqué lumineux rode dans les parages).
   
   Mattieu a perdu la vue dans un accident de voiture qui a coûté la vie à sa mère. Sur le point de fêter ses onze ans avec sa grande sœur, son père et la nouvelle compagne de celui-ci, Mattieu commence à ressentir les premiers effets de la greffe de cornée réalisée par sa belle-mère, ophtalmologue. Tâches, ombres, la vue semble lui revenir, accompagnée par la terreur du mystérieux «Monstre lumière». Bien que les adultes traitent cette nouvelle phobie avec indulgence, Mattieu sait que le danger est bien réel. Et s’il n’est pas fantastique, c’est peut-être parce qu’il a une origine bien plus concrète, à commencer par ce chauffeur de camping-car aux allures de psychopathe que la famille croise plusieurs fois sur la route des vacances.
   
   On se laisse rapidement emporter par cette lecture, thriller hitchcockien d’après l’éditeur, roman à suspense honnête selon votre fidèle et dévouée, un peu plus réservée. Malgré quelques longueurs, on se prend facilement au jeu: les sensations effrayantes de Mattieu, le vacancier fou furieux, la nuit passée sur une route déserte en raison d’une panne d’essence, voilà quelques éléments qui entretiennent le mystère et donnent envie de savoir ce qui va bien pouvoir arriver à la famille. J’ai pourtant été déçue par la fin, un peu trop bâclée à mon goût. Les quelques passages en italique qui séparent les chapitres n’apportent pas grand-chose au récit mais c’est un détail purement anecdotique. En fait, je reproche à ce roman une tendance au cliché et des ficelles assez grossières, d’où le peu de surprise lors de la chute. Par ailleurs, peut-être que ce livre correspondrait davantage à un public adolescent en raison du ton employé.
   
   A noter que p 100, "Alice (...) entraîna son mari" quelque part, ce qui est fort intéressant (une nouvelle piste ?) car le mari en question ne semble pas au courant de son passage devant monsieur le maire. Vous avez dit bizarre?
   
   En somme, un livre qui se laisse volontiers lire mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

critique par Lou




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