Lecture / Ecriture
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C comme: Le phalanstère du bout du monde de Eric Corbeyran

Eric Corbeyran
  C comme: Le phalanstère du bout du monde

C comme: Le phalanstère du bout du monde - Eric Corbeyran

Noir + blanc = lumière
Note :

   Texte: Eric Corbeyran
   Dessin: Amaury Bouillez
   
   
    Jean est envoyé par ses parents dans une école étrange. Lorsque ses parents le déposent, ils repartent aussitôt, car ils doivent traverser le bras de mer qui sépare l’école de la terre ferme avant que l’eau ne le recouvre. Surtout, les conditions de vie à l’intérieur de l’école sont inhabituelles: les élèves sont notamment contraints de manger de la touille, bouillie infâme, à tous les repas. Mais surtout les cours sont étranges: l’unique activité consiste à donner des coups de rame! Enfin, et surtout, le personnel dirigeant de cette école n’est pas pour inspirer confiance à Jean…
   
   Coté scénario, signé Corbeyran, cette bande dessinée est relativement attendue, et fait irrémédiablement penser à d’autres ouvrages jeunesse qui se déroulent dans des milieux scolaires étranges. Outre le célébrissime Harry Potter, cette lecture m’a fait penser à "l’Ile du Crâne" de Horowitz. Après une entrée en matière assez classique, la rencontre avec la fille du cuistot apporte un peu de piment. Et le mystère dure, puisque les sous-sols de l’école regorgent de créatures monstrueuses. Surtout, la fin de la bande dessinée est assez surprenante, et ne résout pas toutes les questions posées lors de la lecture.
   
   Mais cette bande dessinée vaut en fait surtout pour son dessin. Dans une utilisation des couleurs restreintes au noir et blanc, le dessinateur, Bouillez, parvient à jouer sur les ombres et utilise des jeux de lumières qui donne une intensité remarquable au dessin. Avec une économie de moyen (un trait net et deux couleurs), le dessinateur parvient à faire naître quantité d’images chez le lecteur, autres que celles dessinées.
   
   Une histoire classique très joliment et savamment illustrée, qui vaut donc le coup d’œil!
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critique par Yohan




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La fin d'une utopie
Note :

   Texte: Corbeyran
   Dessin: Bouillez
   
    Imaginez que vos parents, soucieux de votre éducation, vous abandonnent aux portes d'un établissement censé vous former pour les prochaines années. Imaginez maintenant que le pensionnat en question est un mélange d'orphelinat dickensien, de Mervyn Peake, de Tim Burton et de galère grecque. Que 364 jours par an, les eaux recouvrent le seul chemin menant à l'établissement, rendant toute visite ou tentative de fuite impossibles. Que le directeur est un vampire et que les élèves sont habillés dans des pyjamas rayés évoquant davantage le bagne que le système éducatif. Vous aurez une petite idée de ce phalanstère où j'ai traîné mes guêtres le temps d'une lecture.
   
   Voilà un tableau morbide et, je vous l'accorde, l'histoire est dans le fond tout à fait épouvantable. Et pourtant, les monstrueux dessins ajoutent un aspect décalé, grotesque et même parfois comique à ce récit, qui devient une aventure fantastique enthousiasmante. Il s'agit d'un conte judicieusement sombre qui devrait plaire aux amateurs des diverses références citées plus haut. L'intrigue est solide et l'idée originale, tandis que les dessins en noir et blanc servent parfaitement le récit, avec des plans extrêmement bien choisis et quelques contre-jours à l'effet intéressant. J'ai savouré cette promenade dans un monde halluciné... d'autres seraient-ils prêts à me suivre dans les couloirs du phalanstère?
   
   (PS: ce livre n'est pas un livre de vampires à proprement parler mais vu la place qu'occupe finalement cette créature dans le déroulement, je pourrais classer cette BD dans mes Chroniques de vampires)

critique par Lou




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