Lecture / Ecriture
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Les Biens de ce monde de Irène Némirovsky

Irène Némirovsky
  Chaleur du sang
  Le Bal
  Un enfant prodige
  Ida
  Suite Française
  Les Biens de ce monde
  Le maître des âmes
  Le malentendu
  Les Chiens et les loups

Irène Némirovsky (Ирина Леонидовна Немировская) est une romancière russe de langue française, née à Kiev en 1903 et morte en déportation à Auschwitz en 1942.

Les Biens de ce monde - Irène Némirovsky

L'histoire dans l'Histoire
Note :

   Ce qui frappe en premier, c'est l'écriture classique de Irène Némirovsky, non seulement parce qu'elle est précise et sans fioritures mais aussi parce qu'on sent ainsi un lien solide avec le temps jadis, qui nous rappelle les écrivains du début du XXe siècle, ou même ceux de la fin du XIX.
   Je pense en cet instant à Guy de Maupassant, plus exactement c'est à ce grand styliste de l'art narratif que "les Biens de ce mode" m'ont d'emblée fait penser. Au moins pendant les cent premières pages...
   Pourtant chacun a sa marque, son originalité, son génie et il est difficile de voir en Irène la continuatrice de Guy. Ce dernier est plus scintillant et plus bref (ses Nouvelles), quant à Irène, on discerne le talent contenu à dessein.
   
   "Les Biens de ce monde", c'est l'histoire, la saga des Hardelot, papetiers à Saint-Elme, commune du Nord. L'histoire commence en 1900. Les Hardelot sont les employeurs, ils sont aussi les maîtres de la petite ville. Les mariages sont des arrangements pour capter de nouveaux avoirs (qu'on appelle dot) et ainsi fortifier l'entreprise. Il en est de même des héritages.
   Et si l'un d'entre eux se laisse aller aux raisons de son coeur, s'il préfère le mariage d'amour (donc avec une autre) à la sécurité planifiée avec une laideronne à portefeuille, il est immédiatement chassé des responsabilités de l'usine, et banni de Saint-Elme.
   
   La guerre de 14 est une épreuve de vérité chez les Hardecourt, d'autant plus que Sainte-Elme, en zone de combats de position, est entièrement rasée. L'après-guerre apporte son lot d'espoirs, d'illusions, avant que le monde se prépare à s'entre-déchirer.
   
   Irène Némirovsky donne une idée très juste de la vie de cette époque, et c'est d'autant plus remarquable qu'elle la "consommait" en même temps que de la décrire. Ce rapport aussi "vrai" avec l'Histoire est-il dû au type même du roman, jamais dévolu à un personnage-héros particulier?
   A moins que ce soit un talent particulier renforcé par l'histoire personnelle de cette femme-écrivain, juive et issue de milieux de la haute bourgeoisie, qui sera déportée et mourra à Auschwitz

critique par Maroni




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