Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Lettres à son fils, W.B.Yeats de John Butler Yeats

John Butler Yeats
  Lettres à son fils, W.B.Yeats

Lettres à son fils, W.B.Yeats - John Butler Yeats

Père de tous les Yeats.*
Note :

   Plus de 130 lettres de John Butler Yeats. Si pour la plupart elles sont adressées à son fils William, il n'est pas le seul destinataire de ces courriers. Certaines sont adressées à ses filles Susan (Lily) ou à Elizabeth (Lollie). Et quelques unes à Jack B. Yeats, son plus jeune fils. Ses lettres ont été choisies et sont présentées par John MacGahern.
   
   John B.Yeats est né à Tullylish dans le comté de Down et est mort à New-York en 1922.
   Après avoir vécu à Londres et à Dublin, il accompagna sa fille Lily à New-York en 1908 et ne retourna jamais en Irlande. Tolérant, il ne méprisait pas les catholiques mais n'aimait pas les représentants de l'austère église anglicane. John Butler Yeats connut la gloire par fils interposés, peintre et portraitiste, il gâchait ses toiles et portraits par une dernière touche (toujours de trop), qui détruisait l'oeuvre. Écrivain et conférencier, il connut surtout des succès d'estime. Son fils aîné William est un des plus grands poètes de langue anglaise, prix Nobel de littérature en 1923, et Jack fut un des plus grands peintres d'Irlande. Ils étaient en plus et contrairement à leur père des hommes d'affaires avisés.
   
   John semblait pourtant croire en sa bonne étoile malgré le cruel manque d'argent qui le suivit sa vie durant, bradant des toiles à des prix très inférieurs au prix du marché. Dans plusieurs de ses lettres, il emploie le mot "succès". Il connut un temps les écrivains qui devaient participer au "Renouveau Celtique" et dans sa correspondance nous retrouvons les noms de Lady Gregory, qui fut la mécène de son fils William, de Synge dont Jack illustra le livre "Les îles d'Aran" dans l'édition française, le portrait de Synge est de John Butler Yeats. Une de ses lettres concerna également Oscar Wilde. Il côtoya également une multitude de personnalités de l'époque, des deux côtés de l'Atlantique.
   
   On sent dans ses courriers une écriture solide et un sens de l'observation sûrement acquise dans son oeuvre picturale. Les sujets de ses correspondances sont variés, de la réflexion sur la société "Idéalisme américain et le paysan irlandais", l'art "L'art et le grand art". La vie de tous les jours "Mes trois logeuses" dans laquelle il fait l'éloge des soeurs Petitpas, bretonnes chez qui il vécut plusieurs années.
   
   Un livre certes intéressant et instructif, mais qui n'est pas réellement essentiel. Une lecture un peu fastidieuse à la longue que j'ai étalée sur un mois.
   
   
   Extraits :
   
   - Je me porte tout à fait bien -et je suis très confiant- mais il est impossible de vendre quoi que ce soit, c'est la morte-saison.
   
   - La photographie est en train de supplanter le dessin noir et blanc, étant tellement moins chère et elle est mieux prisée des imbéciles...
   
   - C'est un vrai cataplasme à la moutarde à ses heures.
   
   - Mes portraits à la R.H.A** sont une réussite. J'ai reçu beaucoup de compliments, mais n'ai personne qui souhaite poser... si bien que je suis en train de mourir de faim pour mes péchés.
   
   - J'ai rencontré pas mal de succès -un réel succès depuis que je suis ici.
   
   - Il y a la crainte du départ des gens et de l'absence de commande. Cela voudrait dire que je mourrais de faim. L'été dernier fut terrible.
   
   - La personnalité a trop à dire pour la parole mortelle.
   
   - C'est ce besoin d'argent qui ronge ma santé et mon bonheur.
   
   - La poésie est le dernier refuge et le dernier asile de l'individu dont l'art oratoire est l'ennemi.
   
   - Le beau pur n'engendre que la lassitude ou plutôt la paresse-la vacuité.
   
   - Et que l'Angleterre est engagée dans ce qui est peut-être le seul conflit honorable auquel elle n'ait jamais participé.
   

   
   Titre original: "Letters of J.B.Yeats"
   
   * En référence au titre "Mère de tous les Behan"
   ** Royal Hibernian Academy.

critique par Eireann Yvon




* * *