Lecture / Ecriture
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Le martyre des Magdalènes (Jack Taylor, 3) de Ken Bruen   

Ken Bruen
  Hackman Blues
  London Boulevard
  La Main Droite du Diable (Jack Taylor, 5)
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  Le martyre des Magdalènes (Jack Taylor, 3)
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  Une pinte de Bruen (Vol.1 )
  Une pinte de Bruen (Vol.2)

Né à Galway en 1951, après une carrière d'enseignant d'anglais qui le mène en Afrique, en Asie du sud-est et en Amérique du Sud, il décide de se consacrer à l'écriture.

Auteur de polars, Ken Bruen crée le personnage de Jack Taylor. (Nous indiquons l'ordre de parution des romans de la série car il est préférable de les lire dans l'ordre à cause des personnages récurrents.)

Le martyre des Magdalènes (Jack Taylor, 3) - Ken Bruen

Série Jack Taylor, n°3
Note :

    A cause du titre, je pensais lire un polar en lien avec l’histoire des Magdalènes. Il n’en est rien. Ce roman, sous-titré «Une enquête de Jack Taylor», est en fait un épisode supplémentaire dans la vie de cet ex-flic irlandais. Je n’ai pas lu les deux premières enquêtes, mais il en dit suffisamment pour comprendre que ce type a perdu tous ses repères avec ceux qu’il aimait. Tout le livre n’est qu’une lente dérive entre alcool, drogues et cigarettes, avec Galway en personnage secondaire.
   
   Quand le truand Bill Cassell demande à Taylor de retrouver Rita Monroe qui a aidé sa mère à sortir du couvent des Magdalènes, l’épisode fait vraiment figure de micro événement. D’ailleurs Taylor s’en soucie si peu que ce n’est même pas lui qui va la retrouver. Il va s’intéresser bien plus à l’affaire qu’un certain Terry Boyle lui met entre les mains: son père aurait été assassiné par sa seconde femme, Kirsten, que Jack trouve vraiment à son goût.
   
   Pas de doute, le personnage de Jack Taylor est un hommage aux privés américains dans toute leur grandeur: le gars froid, solitaire, porté sur l’alcool et tout ce qui peut lui faire oublier en général, avec un passé aussi lourd que le pays tout entier. Un héros douloureux, dont les errements nocturnes et autres délires éthyliques m’ont quand même un peu lassée…
   Mais Jack Taylor, c’est aussi l’Irlande d’aujourd’hui dans une grande ville où se croisent dealers et touristes. Galway et ses bars louches, ses rues sombres… merci le développement économique!
   
   Les Magdalènes sont donc loin des préoccupations de Bruen, qui en profite cependant pour régler leurs comptes à tous les curés irlandais saturés de fanatisme et de bêtise. Frustrée comme je l’étais, je me suis donc tournée vers le film de Peter Mullan, "The Magdalene Sisters", et là, vraiment, j’ai été émue par l’histoire de ces filles esclaves de couvents dont le dernier a fermé en 1996, c’est-à-dire hier.
   
   Á l’origine conçus pour des prostituées, ces établissements ont finalement accueilli des femmes jugées immorales par la très catholique Irlande: des filles-mères, on s’en doute, mais aussi des filles violées (des victimes donc) et d’autres «moralement en danger», comme la Bernadette (Nora-Jane Noone) du film qui a pour principal défaut d’être bien trop jolie. La souffrance et la solitude de ces filles sont terribles, rejetées par leur propre famille, elles n’ont personne. Le personnage de Crispina (Eileen Walsh), fille simplette à qui on a enlevé son enfant, est complètement bouleversant, c’est à pleurer et c’est magnifique.
   
   Si je n’ai pas trop aimé le livre de Ken Bruen, c’est surtout parce que j’attendais autre chose, mais vous trouverez un avis quasi dithyrambique avec Eireann.
   
   
   Titre original: The Magdalen Martyrs
    publication en Irlande: 2003

critique par Yspaddaden




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