Lecture / Ecriture
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Crépuscule sanglant de James Carlos Blake

James Carlos Blake
  Crépuscule sanglant

Crépuscule sanglant - James Carlos Blake

... Et aubes blafardes
Note :

    Premier roman que je découvre de cet auteur américain.
   
   Les sanglantes pérégrinations de deux jeunes gens dans les années 1840. Edward et John, les deux frères ne sont pas gâtés, leur mère s'est prostituée pendant une grande partie de son adolescence, leur père est une espèce de brute buvant parfois. Un jour il apprend la vérité sur son épouse, la corrige. Puis il tue un voisin (un de ses anciens clients?) venue l'inviter à danser au bal du village. Obligés de quitter la Géorgie, c'est alors la fuite vers la Floride, où la vie n'est pas plus simple. Après plusieurs années, la mère, maligne, fait tuer son cher et tendre époux par ses fils et s'enfuit, mais où est passée Maggie, leur soeur? Commence alors une randonnée macabre qui les mènera par les chemins du sud profond en passant par la Nouvelle-Orléans, pour finir au Texas. Edward retrouve sa soeur alcoolique et prostituée dans un bordel de la Nouvelle-Orléans, la reperd de vue, ainsi que son frère et se retrouve enrôlé dans l'armée américaine. Nous découvrons dans ces pages les châtiments corporels dans cette armée, c'est vraiment inimaginable! Beaucoup de ses soldats sont des Irlandais, ne parlant pratiquement pas anglais, chassés de chez eux par les grandes famines, mais tous les gradés sont anglo-saxons et protestants. La convivialité ne règne pas.
   Bref un voyage mouvementé, une route semée d'embûches et de cadavres.
   
   La famille, entre Lilly la mère qui s'arrange pour que ses fils Edward et John Little tuent leur père, Daddyjack qui était tout sauf un ange et qui disparaît avec Margaret, sa fille, le soir du meurtre, du beau monde style "Famille je vous aime".
   
   Quant aux rencontres au fil des pages, quelques-unes concernent des gens normaux voire accueillants, cette famille qui les invite à partager leur déjeuner et dont la femme soigne Edward blessé. Ou alors ces pionniers qui aident les nouveaux arrivants à construire leurs habitations.
   Pour le reste, c'est le musée des horreurs au Far-West, comme la foire aux monstres avant leur arrivée à la Nouvelle-Orléans. Bandits de grands chemins, profanateurs de tombes, tricheurs et prostituées, la lie du grand ouest américain en pleine construction entre lynchages et congrégations religieuses.
   
   Ce roman se déroule en suivant un cycle : la famille, les frères, John, Edward, John, Edward, les frères.
   
   Une épopée sauvage et sanguinaire, sur fond de sauvagerie inouïe. Pour du noir, c'est du noir, du noir concentré, l'horreur sur papier. Évidemment il n'est pas possible d'éviter les pontifes du genre chevauchées, nature hostile et filles faciles. Ce qui donne parfois un petit air de déjà vu, ce qui fait paraître ce livre un peu long. Une découverte pour moi, le "débauchage", le mot n'est pas trop fort, des soldats catholiques (surtout irlandais) par le Mexique, qui formèrent un bataillon appelé "San Patricios"*, renégats pour les uns, héros pour les autres, ils sont encore chaque année fêtés au Mexique. Ils furent soit torturés, soit pendus par l'armée américaine.
   
   
   Extraits :
   
   - Assise par terre, son épouse dévisageait ses deux fils qui regardaient bouche bée le cadavre de Jack Little. Elle avait mis sa main sur sa bouche pour cacher le sourire qui illuminait aussi ses yeux.
   
   - Tous les Texans que j'ai connus était plus cinglés qu'un chat qui s'est fait attaquer par un essaim d'abeilles.
   
   - Edward se dit que l'enfant avait les yeux les plus tristes qu'il n'avait jamais vus.
   
   - Sans une terre qu'il peut dire à lui, un homme n'est qu'une plume dans le vent.
   
   - Oublie pas ça : on meurt comme un chien battu, ou la queue bien dure. C'est le seul choix qu'un homme a en ce bas monde.
   
   - "Interdit aux chiens et aux Irlandais".- Ça s'appelle un "brank". Une bride de mégère.
   
   - Pourtant, certains Irlandais ne riaient pas, de même que certains Allemands.
   
   - John fut surpris de se voir troublé par un emblème rassemblant des hommes comme lui, le drapeau vert vif des déracinés et des damnés.
   
   - Bordel de merde, c'est toi le crétin, si tu crois qu'un Mex peut être de notre côté!

   
   
   Titre original: In the Rogue Blood.

critique par Eireann Yvon




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