Lecture / Ecriture
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Chevauchée avec le diable de Daniel Woodrell

Daniel Woodrell
  Chevauchée avec le diable
  La mort du Petit Cœur

Daniel Woodrell est un écrivain américain de romans policiers, né en 1953 dans le Missouri.

Chevauchée avec le diable - Daniel Woodrell

En selle!
Note :

   Premier roman de cet auteur américain que je lis. Né dans le Missouri, il bénéficie d'une notoriété certaine chez les amateurs de romans noirs américains.
   
   La guerre de Sécession n'est pas en littérature uniquement "Autant en emporte le vent"!
   Les combats ne furent pas seulement des actes de bravoures pour littératures larmoyantes. Comme tous conflits, l'horreur et la stupidité furent monnaies courantes.
   Nous sommes pendant la guerre de Sécession, dans les années 1860 dans le Kansas et le Missouri. Mais en marge des troupes régulières, d'autres bandes armées agissent pour un camp ou pour l'autre! Et les lois de la guerre ne sont pas toujours respectées. Jake Roedel fait partie d'une de ces bandes, les "Buschawkers", ils combattent pour le Sud, mais n'appartiennent pas à son armée.
   Les "Jayhawkers" du Kansas eux combattent pour le Nord. Des prisonniers sudistes sont pendus puis écartelés, des nordistes seront massacrés en représailles! Jake permet la libération d'un prisonnier pour aller parlementer, mais n’en sera pas récompensé. Vient l'hiver et la perte de beaucoup de combattants, la nature désolée offrant moins de cachettes pour des embuscades contre un ennemi supérieur en nombre. La troupe se sépare, chacun se cachant dans des fermes amies des environs. C'est là que Jack rencontrera Sue Lee, jeune veuve de seize ans. La guerre est là avec son cortège d'horreur, la prison pour femmes de Kansas-City s'écroulant, car les troupes nordistes avaient volontairement affaibli les fondations. Les troupes sudistes attaquant Lawrence, pour ce qui devait être un baroud d'honneur, mais qui se transforma en massacre des innocents, aucune troupe nordiste n'étant dans la ville!
   Jake Roedel, à peine sorti de l'enfance, baigne déjà dans l'horreur, ayant tué de nombreuses fois. Il aura au coeur de l'hiver cette réflexion désabusée :
   - "J'avais fait ce que j'avais fait. Devais-je m'en tourmenter?"
   Il connaîtra la jalousie, mais aussi l'amour.
   Jack Bull Chiles, son frère de sang, mourra tragiquement. Holt, homme noir au service de Clyde, n'est pas esclave, mais peu d'hommes de la troupe acceptent sa présence.
   Sue Lee dont Jake dit : "Elle était en quelque sorte deux fois veuves à dix-sept ans".
   Mais l'espoir et la vie renaissent même dans les pires horreurs!
   
   Ce livre a un intérêt: il m'a donné envie de faire des recherches sur cette époque troublée de l'histoire américaine, on apprend que certains personnages étaient des fous furieux comme William Quantrill dont l'auteur parle pour la mise à sac de la ville de Lawrence.
   Mais le rôle des armées nordistes n'est pas réellement glorifié dans ce livre, ni celles des différentes bandes pour qui la guerre n'est en définitive qu'une question de rapines. Une oeuvre qui démystifie pas mal d'idées reçues.
   
   Une lecture facile qui ne restera pas dans les mémoires, j'en conviens, mêlant aventures et histoire. Des scènes poussées à l'extrême, mais un happy end final. Un auteur qui mérite une seconde chance, plus tard.
   Un roman somme toute agréable (sauf pour certains protagonistes) qui fut porté à l'écran par Ang Lee sous le même titre, film que je n'ai pas vu.
   
   Un peu dans le même genre j'ai préféré " Crépuscule Sanglant " de James-Carlos Blake
   
   Extraits:
   
   - Nous anéantissions hommes et foyers.
   
   - Car le bonheur semble avoir déserté depuis fort longtemps ces régions.
   
   - Ils restaient retranchés et suivaient les Fédéraux, frappant lorsque les risques encourus étaient dérisoires.
   
   - Lorsque c'était possible nous rectifions le score.
   
   - Les mères restent des mères, aux quatre coins d'une carte.
   
   - Oh, doux Jésus!
   Il n'existe pas d'horreur comparable.
   
   - Tout le sang et la gloire que générait le conflit semblaient bien inutiles.
   
   - Il était pire d'assister à l'effondrement de nos idéaux que de subir cette défaite.
   
   - "Tu ne portes pas malheur, répliquai-je. Tu n'as pas eu de chance, voilà tout."
   
   - J'étais toujours fidèle à la Cause, mais méfiant envers les hommes qui s'en réclamaient.
   
   

    Titre original: Woe to live On.

critique par Eireann Yvon




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