Lecture / Ecriture
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Shalimar le clown de Salman Rushdie

Salman Rushdie
  Les enfants de minuit
  Les versets sataniques
  Dès 10 ans: Haroun et la mer des histoires
  Est, ouest
  Le dernier soupir du Maure
  Furie
  Shalimar le clown
  L'Enchanteresse de Florence
  Patries imaginaires
  Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits

AUTEUR DES MOIS DE JUIN & JUILLET 2009

Salman Rushdie est un écrivain britannique d'origine indienne, né à Bombay le 19 juin 1947. Il a émigré avec sa famille au Pakistan après la partition de l'Inde. Il a actuellement la nationalité britannique et, ayant été anobli en 2007, est devenu Sir Ahmed Salman Rushdie.

Depuis la publication de son roman 'Les versets sataniques', sa vie est menacée, suite à un appel à l’assassinat lancé par l’ayatollah Khomeini et il doit faire l’objet d’une protection constante.

Il a écrit une quinzaine d’œuvres, pour la plupart des romans, mais également des essais et a obtenu de nombreux prix dont le Booker Prize en 1981 pour "Les enfants de minuit".

Traduite dans une douzaine de langues, la valeur de son œuvre est internationalement reconnue.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Shalimar le clown - Salman Rushdie

Kashmir, paradis perdu
Note :

   Fabuleux roman que ce «Shalimar le clown» dans lequel Salman Rushdie nous retrace l’agonie du Kashmir, province coincée entre Tibet, Pakistan et Inde, appartenant à l’Inde mais peuplée de nombreux musulmans et revendiquée à ce titre par le Pakistan. La Partition, cet épouvantable évènement …
   
   Il se trouve qu’ayant connu le Kashmir, en des temps un peu moins troublés que ceux décrits dans le roman, j’y retrouve cet état de grâce, de sérénité, raconté par Salman Rushdie. C’était beau le Kashmir, c’était paisible. Escale à Srinagar, c’était un retour au calme après la frénésie de l’Inde. Et on le ressent, il me semble dans ce qu’écrit Salman Rushdie.
   
   Il n’est pas question que de Kashmir dans «Shalimar le clown», mais tout gravite autour, tout y prend source et tout s’y termine. Pourtant, pour autant que je croie savoir Salman Rushdie n’est pas Kashmiri ?
   Il y a du John Le Carré dans ce roman, du William Boyd (celui de «L’après-midi bleu»), il y a une grande maîtrise de l’écriture et de l’art d’amener une histoire, une maîtrise psychologique aussi. C’est cohérent, c’est lumineux. Très beau.
   
   «A l’entrée du jardin de Shalimar, près du somptueux lac sur lequel dansaient des bateaux qui ressemblaient à un public impatient guettant le début du spectacle, sous les chinars susurrants et les peupliers loquaces et sous l’égide silencieuse et éternelle des montagnes indifférentes, lesquelles étaient absorbées dans leur effort gigantesque pour s’élever très lentement de plus en plus haut dans le ciel virginal, les villageois de Pachigam rassemblèrent les bêtes qu’ils avaient amenées pour le banquet, … »
   
   Shalimar, Boonyi, deux jeunes Kashmiri, l’un musulman, l’autre hindoue, du village de Pachigam, s’aiment. C’est une époque où les deux communautés antagonistes peuvent encore cohabiter. Un américain, ambassadeur de son état, irrésistiblement attiré par Boonyi, va casser l’équilibre idyllique du couple, et symboliquement, des communautés. Le couple détruit, Shalimar n’aura de cesse de tout mettre à feu et à sang pour se venger, de la même manière que la haine va monter entre les deux communautés jusqu’à rendre la guerre civile, larvée, mais guerre civile néanmoins, inévitable. C’est le point où en est rendu le Kashmir actuel. Pour Shalimar et Boonyi, il s’agit d’une fiction, qui se referme quand se referme le livre. Pas pour le Kashmir hélas!
   
   «Shalimar le clown» est construit comme un polar. Ca le rend passionnant à lire. Un polar mais philosophique. L’histoire et les à-côtés sont bien plus complexes que le court résumé que j’en fais. Et l’histoire déborde largement le cadre du Kashmir, elle déborde en France, en Angleterre, et à Los Angeles. Une sacrée histoire. Celle du Kashmir récent, un paradis en voie de perdition.

critique par Tistou




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