Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Un long chemin de Herbjørg Wassmo

Herbjørg Wassmo
  Voyages
  Le livre de Dina
  La fugitive
  Un long chemin
  Mon péché n'appartient qu'à moi (Karna, t.1)
  La Véranda aveugle
  Cent ans
  La chambre silencieuse
  Ciel cruel
  Thesaurus (tome 2)

Herbjørg Wassmo est l’auteur d’une œuvre considérable, des livres pour enfants à l’écriture théâtrale en passant par la poésie. Œuvre inscrite aux programmes scolaires et universitaires, et qui, traduite en de nombreuses langues, connaît un succès populaire exceptionnel. Elle est, en Scandinavie, l’écrivain mondial le plus lu, et Dina a pris place aux côtés des grandes héroïnes de la littérature.(source l’éditeur)

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Un long chemin - Herbjørg Wassmo

Se reconstruire!
Note :

   J'ai dans ma bibliothèque depuis quelques temps la trilogie de Tora, mais je ne me sentais pas de lire une oeuvre aussi longue pour une première tentative, alors j'ai choisi ce titre.
   
   Ce roman nous ramène durant l'hiver 44/45 dans une Norvège envahie par l'armée allemande, certains partisans résistent encore, mais la famille de ce résistant doit fuir. La seule échappatoire, gagner la Suède, mais au prix de quels sacrifices!
   
   Nous suivons les aventures de l"enfant", âgé de 5 ans, et de ses parents dans leur long périple, une température de moins 30 degrés. La neige et un vent glacial, ainsi qu'un équipement nettement insuffisant rendent cette fuite très difficile, car les milices allemandes les poursuivent. La faim et la peur au ventre, il faut continuer, le froid fait des ravages sur les corps des humains, certains membres gèlent, la femme souffre d'hallucinations. La frontière n'est pas une ligne précise, les allemands ne se gênent pas pour la franchir, donc il faut coûte que coûte continuer, se nourrir de pain gelé, marcher, et marcher encore.
   
   Quand apparaît un chalet, enfin un peu de répit. Perdue dans la neige, cette construction sert de refuge à des prisonniers russes et tchécoslovaques évadés. La vie y est précaire, les privations sont quotidiennes, mais on partage les lits, les couvertures et la nourriture.
   
   Les évadés quittent le chalet à la recherche de secours, et le temps passe, la santé se dégrade, les vivres baissent, mais enfin un avion passe au dessus de leurs têtes.
   
   Commence alors une autre épreuve, vivre dans un pays étranger, subir des amputations, accepter cette nouvelle vie en espérant rentrer un jour en Norvège, plus tard, après la guerre.
   
   Ce couple ordinaire traverse les épreuves de cette guerre, au péril de leurs vies, il survivront, mais seront mutilés à jamais dans leurs corps et dans leurs âmes. Une famille comme beaucoup sûrement en ces temps troublés, un père résistant, une femme aimante et un enfant qui ne comprenait pas ce qui se passait.
   
   Une histoire dure et une écriture sans concessions, ni romantisme. Mais un hommage aux humbles, dont on ne parle pas souvent, ceux qui malgré le danger et la peur des représailles luttèrent avec leurs moyens, prouvant que l'héroïsme peut être anonyme. Une petite déception malgré tout, vu la réputation de Wassmo et les éloges qui saluent son oeuvre, je m'attendais à un peu mieux, mais cela sera pour la prochaine lecture.
   
   Extraits :
   - Il arrive que les enfants jouent à l'Allemand et au prisonnier russe. Ce n'est pas drôle de faire le prisonnier russe.
   
   - C'est le 5 janvier. Ils sont en fuite depuis octobre.
   
   - A un moment où il examine ses pieds, il entend quelqu'un pleurer. Le monde bascule et devient effrayant quand il comprend que c'est papa qui pleure.
   
   - Cela sent déjà mauvais. La gangrène.
   
   - L'être humain a le don d'être présent tout en prenant ses distances.
   
   - Mais il ne comprend pas pourquoi il y a la guerre en Norvège et à Lodingen, quand il n'y a pas de guerre en Suède.
   
   - A part cela on ne lui décerna aucune distinction honorifique pour ce qu'elle avait vécu. Et elle n'était pas la seule. La loyauté féminine n'a jamais été un critère qui confère la médaille militaire.
   
   
   Titre original: Veien â ga

critique par Eireann Yvon




* * *