Lecture / Ecriture
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Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles de Gyles Brandreth

Gyles Brandreth
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  Oscar Wilde et le mystère de Reading

Gyles Brandreth est un auteur britannique né en 1948.

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles - Gyles Brandreth

Oscar & Sherlock
Note :

   Titre original : Oscar Wilde and the Candlelight Murders (2007)
   
   Alors qu'il ouvre la porte d'une pièce où il a rendez-vous, Oscar Wilde découvre le cadavre égorgé d'un jeune garçon qu'il connaît bien. Chandelles, odeur d'encens, Billy Wood semble avoir été victime d'un sacrifice rituel. Le célèbre écrivain irlandais n'aura dès lors de repos qu'une fois la lumière faite sur cette histoire.
   
   A ses côtés, Robert Sherard, narrateur de cette aventure et grand admirateur de Wilde; le docteur Arthur Conan Doyle qui vient de publier la première enquête d'un certain détective destiné à une illustre renommée; l'inspecteur Aidan Fraser de Scotland Yard. Wilde a lu "Une étude en rouge" et Sherlock Holmes lui plaît. Il fait du narrateur son docteur Watson, lui assenant petites phrases et déductions destinées à l'éblouir tout autant qu'à le perdre. Et ébloui, il l'est, un peu trop systématiquement d'ailleurs. Oscar Wilde était certainement un homme charismatique, charmant et généreux, mais de là à être parfait...
   
   
   J'ai paradoxalement été gênée au départ par l'ambiance so british, too british même. Cette complicité entre Wilde et Conan Doyle me paraissait facile et factice, trop romanesque pour être vraie. Il se trouve cependant que les deux écrivains se connaissaient comme l'indiquent les notices biographiques en fin d'ouvrage. Au temps pour moi... De même que Robert Sherard, écrivain lui aussi quoique de moindre renommée. Reste que les brillantes déductions de Wilde sont un peu trop systématiques à mon goût et que l'avalanche d'aphorismes finit par être indigeste. Et que j'avais deviné l'identité du meurtrier vers la page deux cents, moi qui ne suis pourtant pas d'une grande perspicacité. J'ai vraiment lu des romans policiers beaucoup plus réussis.
   
   Je trouve que l'auteur se livre à un exercice d'admiration qui nuit au roman lui-même. Si l'on suit avec plaisir les deux hommes dans leurs pérégrinations londoniennes, on ne peut vraiment pas s'extasier devant l'intrigue... On dirait parfois du théâtre, plutôt mal joué avec des personnages secondaires improbables. Wilde prenant toute la place, les autres sont des faire-valoirs.
   
   On ne peut cependant pas reprocher à l'auteur de ne pas connaître son sujet: éminent spécialiste de Wilde et de la période, il restitue une société victorienne intransigeante et fermée, les nuits londoniennes agitées du beau monde et la vie culturelle d'une époque en pleine effervescence.
   
   Mais pourtant, ce roman ne m'a pas vraiment convaincue, je suis même assez déçue. Je me sens d'ailleurs un peu seule dans ce cas, d’autres ne tarissent pas d'éloges.
   
   
   Les enquêtes d' Oscar Wilde:
   
   Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles

   Oscar Wilde et le jeu de la mort
   Oscar Wilde et le cadavre souriant
   Oscar Wilde et le nid de vipères
   Oscar Wilde et les crimes du Vatican
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critique par Yspaddaden




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Le premier de la série
Note :

   Dans cette aventure d'Oscar Wilde imaginé comme détective, l'auteur joue jusqu'au delà du possible avec les ambiguïtés sexuelles du personnage et de l’époque. C'en est vraiment remarquable de voir à quel point il dit les choses sans les dire et les fait sans jamais que ce soit même envisagé comme une possibilité. Cela doit ressembler assez justement et nous mettre dans l'ambiance exacte de ce qu'était l'homosexualité masculine dans cette société où elle était encore un "crime" capable de vous envoyer en prison pour plusieurs années et où donc, vous l'aurez compris, elle n’existait pas.
   
   Dans cette enquête, très bien tournée et imaginée, Wilde découvre le cadavre d'un adonis qui est un de ses protégé très aimé, son préféré du moment, qu'il rencontre régulièrement dans une auberge écartée... pour lui donner des cours aptes à lui permettre de ne pas faire tache dans une société plus raffinée que celle d'où il vient (qui est terriblement sordide). Il s'agit, ainsi qu'il l'explique sans rire à son ami l’écrivain et narrateur habituel Robert Sherard et par son intermédiaire au lecteur, d'un jeune homme à la beauté et aux qualités si remarquables qu'il méritait de s'élever dans la société et que Wilde s'était chargé de corriger les injustices de sa naissance.
   
   Bref, le jeune homme nu git dans la-dite chambre d'auberge mort et installé dans une mise en scène genre sataniste (les chandelles du titre). Oscar qui le découvre ainsi comprend tout de suite que le temps de la séduction a fait place à celui de la peine et des ennuis, d'autant qu'il se met en tête de découvrir le fin mot de l'histoire. Et tant mieux parce que s'il avait fallu s'en remettre à la police...
   
   La police donc où le double langage va continuer à régner en maitre étant donné que tous ces messieurs d'un certain âge et parfois du meilleur monde qui, comme Wilde, fréquentaient le personnage assez répugnant qui découvrait des beaux jeunes gens méritants au fond des masures et leur organisait une meilleure vie à Londres, ne le faisaient que par souci d'équité sociale. Leurs réunions régulières en des lieux discrets n'avait d'ailleurs qu'une vocation totalement artistique et culturelle. Comme on l'aura bien compris. Enquêter dans un milieu qui n'existe pas avec des personnages faussés ayant des motivations jamais évoquées, seul un personnage aussi à l'aise que Wilde dans cette eau-là pouvait y parvenir.
   Et c'est ce qu'il fit.
   
   Un bon moment de lecture dans un univers où tout est faux, autant dans le monde des personnages qui nient leur réalité, que dans celui du lecteur qui va s’imaginer un moment qu'Oscar Wilde a pu ressembler à cela. Mais Brandreth maîtrise tout cela si bien, qu'avec notre consentement, il nous y fait croire l'espace de quelques heures un peu compliquées certes, mais comment tout ne le serait-il pas dans ces conditions?

critique par Sibylline




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