Lecture / Ecriture
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Mort au romantisme de Antoni Casas Ros

Antoni Casas Ros
  Le théorème d'Almodovar
  Mort au romantisme
  Enigma
  Lento

Auteur français né en 1972.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Mort au romantisme - Antoni Casas Ros

Un monde de saveurs et de sensations…
Note :

   Chacune des 39 nouvelles rassemblées ici est une explosion de saveurs, tour à tour corsées, amères ou veloutées, à l’instar de ces petits cafés bien serrés que l’on peut déguster sur le pourtour de la Méditerranée. Evoquant les thèmes les plus divers – la cérémonie du café cortado dans un petit bar de Barceloneta, justement, la plongée dans l'obscurité d'un tunnel pendant un trajet en train, une éclipse solaire ou une chambre d'hôtel des plus banales – Antoni Casas Ros n'a pas cessé de me surprendre, et de me maintenir en alerte.
   
   Chacun des textes réunis ici est une ouverture vers un monde en soi: une infinité de possibilités enfermée dans l'espace de quelques pages à peine, quelques pages d'une prose qui suscite l'admiration par sa concision et son extrême économie autant que par sa puissance de suggestion. Les sensations s'y bousculent avec une intensité inédite, tout comme les réflexions qui s'y nourrissent de quelques affinités électives (Baltus, Graham Greene et surtout, surtout, Frida Kahlo) et d'une conception exigeante de l'art et de la littérature - lecture comme écriture - en marges des remous médiatiques.
   
   Depuis la parution de son premier roman, "Le théorème d'Almodovar", en 2008, la personnalité d'Antoni Casas Ros a suscité d'abondantes spéculations dont son site personnel se fait d'ailleurs l'écho. On s'est beaucoup interrogé sur la part respective de l'autobiographie et de la fiction dans l'oeuvre de cet auteur qui préserve jalousement son anonymat. Mais le découvrant ici avec son second livre, je ne peux me défendre de l'impression que toute cette agitation est vaine: peu importe ce qui est vrai et ce qui relève de l'imagination. Et peu importe l'identité réelle de l'auteur. Seul compte le fait qu'il ait choisi de s'effacer derrière son oeuvre, en toute cohérence avec elle. Et seul compte, surtout, la très grande qualité de cette oeuvre qui s'impose d'entrée comme profondément originale.
   
   Extrait:
   
   "- L’ultime acte poétique est de disparaître avec son œuvre.
   - Je comprends. M’autoriserez-vous à la lire avant de la détruire?
   - Non, j’ai décidé de la manger.
   - Et vous pensez que cela sera suffisant pour mourir?
   - Absolument, si vous pouviez la lire, vous comprendriez immédiatement. C’est une œuvre faite d’éclats de diamant et de lave en fusion, de curare et de plumes de colibri. Elle me transpercera!" (p. 139)

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critique par Fée Carabine




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La maladie de lire
Note :

   Présentation de l'éditeur :
   "Une observation précise des oreilles conduit le narrateur à méditer jusqu'à l'hallucination sur le silence; du sucre répandu sur une table évoque un monde secret; l'immobilité d'une jeune fille pendant des heures à une terrasse de café; les rites funèbres d'un club érotique barcelonais; un dictateur se décompose physiquement pendant l'audition de la symphonie de franck ; pourquoi les japonaises ont la peau blanche ; une nuit dans la maison de frida kahlo; l'art d'un faiseur de bulles; une nageuse unijambiste, et bien d'autres anecdotes, choses vues ou entendues, rêves, réflexions, redéfinition du réel, etc."

   
   
   Je viens de lire un livre de nouvelles "Mort au romantisme" de Antoni Casas Ros publié chez Gallimard en 2009 qui m'a beaucoup plu.
   
   Il commence bien avec une phrase de Antonio Lobo antunes "L'unique manière me semble-t-il d'aborder mes romans est de les attraper comme une maladie."
   
   La trentaine de nouvelles est très facile à lire, de la plus courte (8 lignes) à quelques pages (20), de la plus réaliste à la plus poétique.
   
   Celle dédiée à Frida Kahlo est une merveille et même le foot sera vu autrement après Barça.
   
   Bonne lecture peut-être.

critique par Yvette




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