Lecture / Ecriture
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Ados: La voix du couteau de Patrick Ness

Patrick Ness
  Ados: La voix du couteau
  Ados: La Guerre du Bruit
  Quelques minutes après minuit

Patrick Ness est un auteur britannique né en 1971 aux Etats-Unis.

Ados: La voix du couteau - Patrick Ness

Le Chaos en marche
Note :

   Prix Guardian 2008
   Prix Booktrust Teenage Prize 2008
   
   Thèmes: Fanatisme religieux, obscurantisme et misogynie
   
   Quatrième de couverture:
    «C'est l'année de ses treize ans et, dans un mois, Todd Hewitt va devenir un homme. Il est le dernier garçon de Prentissville. Cette ville de Nouveau Monde est uniquement peuplée d'hommes. Depuis longtemps, toutes les femmes et les enfants ont disparu. A Nouveau Monde, chacun peut entendre les pensées des autres, qui circulent en un brouhaha incessant, le Bruit. Nul ne peut échapper au Bruit, nulle part, jamais.»
   
   
   "Le livre que vous ne pouvez pas lâcher" annonce le Times pour parler de "La Voix du couteau". Ce n'est pas exagérer, en effet... à peine commencé, je l'ai dévoré en deux jours. "La Voix du couteau" est un roman fort, autant par les thèmes qu'il porte que par son écriture haletante. C'est un coup de coeur, car cela faisait depuis "Twilight" que mon coeur de lectrice n'avait pas autant été malmené, rythmé par une intrigue riche en action et en émotions.
   
   Todd Hewitt a treize ans. Dans un mois, il sait qu'il deviendra un homme, un homme de Prentissville. Todd est le dernier enfant de "Nouveau Monde", une colonie qui était peuplée d'hommes et de femmes, venus sur cette planète pour recommencer une vie nouvelle, une vie meilleure faite d'espoir et de paix. Mais à Prentissville, il n'y a que des hommes. Les femmes ont été tuées par un virus venant des Spackle. Une guerre s'est engagée... A Prentissville, Todd étouffe. Etouffé par le Bruit, mélange incessant de toutes les pensées des hommes qui l'entour. Aucune intimité, aucun secret ne peut être préservé car les pensées sont limpides comme les paroles. Mais le Bruit détruit le langage, il le pervertit et rend les hommes dangereux. Aucun secret? Lorsque Todd découvre un trou dans le Bruit, tout bascule. Ben et Cillian, les hommes qui l'ont élevé le forcent à s'enfuir au-delà de Prentissville. Mais que se passe-t-il? Pourquoi Todd se retrouve-t-il en danger? Que veulent les hommes de Prentissville? Une terrible course poursuite s'engage. Dans cette fuite effrénée, Todd rencontre une fille. Viola. Alors que les femmes ont toutes été tuées, Todd se trouve nez à nez avec une fille. Tout s'effondre et la vérité, aussi cruelle, aussi folle soit-elle perce tout doucement le coeur de Todd...
   
   Patrick Ness signe un roman déchirant, palpitant. Un roman fort, intense et tellement puissant, porté par une intrigue d'une rare intelligence. Roman d'apprentissage s'il en est car Todd va devenir un homme de la plus horrible des manières. Il va grandir, devoir se battre pour survivre, pour protéger Viola. Avec un talent confirmé, Patrick Ness conjugue avec brio plusieurs registres: aventure, fantastique, science-fiction et utopie. Car le Nouveau Monde est cette colonie d'hommes qui s'auto gèrent, qui vivent en autarcie afin de créer ce qu'on appelle une nouvelle utopie. Hélas, dans "La Voix du couteau", les choses tournent mal. Le Bruit, cette hyper empathie, sorte de télépathie rend les hommes fous. Alors que les femmes ne sont pas touchées. Il faut bien le dire, ça les rend dingue et cela crée des hommes fanatiques comme Aaron, comme Monsieur le Maire Prentiss dont le seul but, tout au long du livre est de retrouver Todd, pour en faire un homme de Prentissville, et gouverner sur toutes les colonies de Nouveau Monde.
   
   Fanatisme religieux, obscurantisme, puritanisme, misogynie, violence sont les thèmes de ce roman en pleine puissance. Puissance des mots, qui sont parfois très durs, puissance des images créés par les scènes de combats, puissance de cette poursuite: une armée contre un seul garçon. Et pourquoi Todd? Parce qu'il est le dernier des enfants? Parce qu'il doit être le dernier homme de Prentissville et que la loi du Maire dit: "Si l'un de nous tombe, nous tombons tous". Il le veut pour en faire l'un des leurs. C’est un combat de conviction, d'opinion. La tolérance contre l'assassinat.
   
   Il ne faut pas oublier les héros: Todd, un garçon courageux et Viola, fragile au début mais qui s'affirme petit à petit. Une relation complice, non dénuée de sentiments d'amour et d'amitié se forme comme étant la meilleure parade pour s'aider, fuir et survivre. C'est du pur roman jeunesse! "La Voix du couteau" porte des personnages attachants, qui se posent de réelles questions sur leur passé et surtout leur avenir. Un roman d'apprentissage comme on les aime, qui prend la forme d'une question philosophique: le choix du couteau, le choix de tuer pour survivre ou pas. Cette question est un leitmotiv dans ce tome 1, une question sous-jacente qui obsède le héros. Avec une finesse psychologique constante, une écriture saccadée, hachée, un monde dénué d'espoir et débordant d'un chaos oppressant, "La Voix du couteau" est un roman dynamique, incroyablement vif, qui laisse son lecteur sans répit.
   
   Au-delà du divertissement, il prend à la gorge, il emporte son lecteur dans une quête de la délivrance où l'humanité est une vision désenchantée, abusée par des gourous avides de pouvoir, où l'utopie reste un rêve sans espérance, où la fin nous laisse épuisés. Mais tant pis, car Le Chaos est en marche, et je n'ai qu'une seule chose à dire: Vivement la suite!
   
   
   Trilogie "Le chaos en marche"
   
   1 - La voix du couteau

   2 - Le cercle et la flèche
   3 - La guerre du bruit
    ↓

critique par Laël




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SF mâtinée de western
Note :

   Todd Hewitt a presque 13 ans. Il vit dans la colonie de Prentissville, à Nouveau Monde, une planète que les humains ont colonisée une vingtaine d'années auparavant. Il est le dernier garçon dans cette petite communauté exclusivement composée d'hommes. Les femmes sont toutes mortes, victimes d'un virus répandu par les Spackles, aliens vivant dans ce monde: le Bruit. Ce virus, en plus d'avoir éliminé femmes et filles, a modifié les hommes : ils entendent toutes les pensées du monde qui les entoure, humains et animaux, vivant dans un monde plein de bruit, où l'intimité n'existe plus.
    Un mois à peine avant son anniversaire, qui fera de lui un homme à part entière, Todd découvre dans le marais qui entoure le village... une fille de son âge. C'est le début d'une longue fuite pour les deux adolescents, et d'une longue traque.
   
   "La voix du couteau", chers happy few, premier volume de la trilogie "Chaos en marche", est un roman de SF mâtinée de western, clairement destiné à un lectorat adulescent, que j'ai trouvé très emballant. Si le propos n'est pas vraiment original puisqu'on est en présence d'un roman initiatique assez typique (Todd franchit des épreuves, découvre qu'on lui a menti toute sa vie, est contraint de composer avec une nouvelle vision de la réalité, apprend que sa différence est une force, se transforme au contact de la jeune fille, Viola, et des rencontres, et devient finalement un homme, tout seul, sans initiation autre que sa propre vie et son propre cheminement intérieur), la forme, elle, rend le roman extrêmement page-turner. En effet, la narration est assurée par Todd, qui ne sait ni lire ni écrire: on est donc plongé dans les pensées de ce personnage qui ne maîtrise pas toujours le vocabulaire (il emploie parfois un mot pour un autre, ou change l'ordre des syllabes) et qui surtout, n'a qu'une vision très imprécise du monde qui l'entoure, puisqu'il a toujours vécu dans ce village replié sur lui-même. Le lecteur est donc contraint de deviner au travers des propos des autres personnages ce que Todd peine à comprendre. Jeune garçon têtu, il ne fait pas toujours vraiment les bons choix (surtout au début), tributaire de son histoire et de la manipulation dans laquelle il a vécu toute sa vie.
   
   Les rebondissements s'enchaînent avec rapidité et violence dans ce monde vide dans lequel les colons survivent tant bien que mal. L'argument de science-fiction permet comme toujours une réflexion sur l'autre (non pas tant ici les Spackles, rapidement éliminés du décor, que les femmes, premières victimes de cette colonisation en terre inconnue) et le libre-arbitre, réflexion qui s'ajoute ici à une mise en scène de la violence de groupe et de la folie individuelle. Dommage qu'il faille attendre la suite, attente rendue d'autant plus insoutenable que ce volume s'achève sur un double cliffhanger. Terrible.
   
   Je trouve la couverture française très réussie (on ne le voit pas bien mais il y a du texte en relief en bas, texte qui reprend les pensées confuses qu'entend en permanence Todd).

critique par Fashion Victim




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