Lecture / Ecriture
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Le Discours sur la tombe de l’idiot de Julie Mazzieri

Julie Mazzieri
  Le Discours sur la tombe de l’idiot

Julie Mazzieri est née au Québec en 1975.
Docteur ès lettres, elle compte parmi ses publications, divers articles portant notamment sur l’écriture de la fin et la rhétorique de l’idiot dans les œuvres de Faulkner, Bernanos, Dostoïevski et Denis de Rougemont.
Elle a enseigné la traduction à l’Université McGill (Canada) et travaille actuellement à la traduction française d’un inédit de Jane Bowles. Elle vit aujourd’hui en Corse.

Le Discours sur la tombe de l’idiot - Julie Mazzieri

Mouvements souterrains
Note :

    «En plein jour. Ils l’ont jeté dans un puits de l’autre côté du village. Ils l’ont pris par les jambes et l’ont fait basculer comme une poche de blé. En comptant un, deux, trois. Le maire et son adjoint.»
   
   Ce sont les premières lignes de ce premier roman. Ils étaient deux, deux pour débarrasser le village de l’idiot. Celui qui pissait sur la porte de la mairie, qui bavait et crachait, qui se couchait sur son ombre et qui n’avait pas de nombril.
   Chronique de village, chronique de la bêtise et de la haine ordinaire, de la peur de ce que l’on ne comprend pas.
   Un meurtre a été commis mais la vie continue mais pour l’un des coupables la culpabilité arrive, tenace et envahissante.
   
   Le village s’interroge, les bruits se répandent, la rumeur comme un cancer va envahir le village, l’idiot a disparu juste quand arrive dans la ferme des Fouquet un nouvel ouvrier agricole, justement... Et puis il y a ce corps que l’on trouve au fond d’un fossé, c’est l’ouvrier, c’est sûr... qui d’autre? Ce bouc émissaire fait l’affaire du Maire.
   
   Je vous laisse découvrir la suite de l’histoire, Julie Mazzieri sait dire la violence impulsive, la peur de l’étranger ou tout simplement de l’inconnu, elle s’abstient de tout jugement moral.
   Un vrai régal en cinq parties, avec des phrases courtes, sans aucun pathos, sans émotion apparente.
   
   Son écriture a le coupant de la faux, la dureté de la pierre. Un récit concentré, très maîtrisé. J’ai pensé à Giono à plusieurs moments de ma lecture et bien sûr à Raskolnikov pour le remord et la culpabilité. Une jeune femme qui promet.
   Une réussite.
   
   Faite une place à ce livre dans votre bibliothèque.
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critique par Dominique




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Très bien raconté
Note :

   Le maire et l'adjoint du village de Chester jettent Midas, l'idiot du village dans un puits, gênés et scandalisés qu'ils sont par son comportement. Après ce meurtre, les éléments se déchaînent : pluie, vent, tempête. Le maire fait tout pour éloigner d'eux les enquêteurs. L'adjoint, lui, est effondré par le remords et en tombe malade. Aux yeux de la population, tout désigne Paul Barabé, ouvrier agricole, arrivé au village un mois plus tôt.
   
   Roman à "l'essence policière" mais qui s'attache à nous décrire les remords des uns, la veulerie des autres et la vie d'un village comme si on y était, Paul Barabé étant le témoin principal.
   
   L'atmosphère est lourde, pesante et parfois inquiétante. Mon a priori de lecture fastidieuse à la vue du livre a été vite oublié. On se retrouve plongé dans ce village. J'avais envie de connaître l'issue de cette histoire, mais pas trop vite pour profiter de faire un tour dans chaque maison et voir comment les habitants vivaient ces événements. Ce que nous raconte très bien Julie Mazzieri.

critique par Yv




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