Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Germinal de Emile Zola   

Emile Zola
  Thérèse Raquin
  La bête humaine
  L'Assommoir
  Pot-Bouille
  Au Bonheur des Dames
  Le Rêve
  Le ventre de Paris
  Son Excellence Eugène Rougon
  La Curée
  Germinal
  La Fortune des Rougon
  Le Paradis des Chats et autres nouveaux contes à Ninon
  L'oeuvre
  La faute de l’abbé Mouret
  Nana
  La Conquête de Plassans
  La terre
  La joie de vivre
  Le docteur Pascal
  Une page d’amour
  L'argent
  Les Mystères de Marseille
  Pour une nuit d’amour

Émile François Zola, chef de file du mouvement littéraire le Naturalisme, est un écrivain français, né en 1840 et mort en 1902.
Il est principalement connu pour la fresque romanesque en vingt volumes "Les Rougon-Macquart" qui suit les différents membres d'une famille dans la société française du Second Empire.
Les dernières années de sa vie sont marquées par son engagement dans l'affaire Dreyfus avec la publication en janvier 1898, dans le quotidien L'Aurore, de l'article intitulé "J'accuse".
On n'a jamais pu déterminer avec certitude si sa mort, ainsi que celle de son épouse, par intoxication au monoxyde de carbone était purement accidentelle ou criminelle.

Germinal - Emile Zola

Que la Révolution germe en eux
Note :

   Etienne Lantier fils de Gervaise (héroïne de "l'Assommoir"), arrive à Montsou, une nuit de fin d'hiver, vers 1860, venant de Lille où il a perdu son emploi de machineur pour avoir giflé un chef. Il s'arrête près d'un puits d'où l'on extrait le charbon, pour se chauffer. Il y rencontre le vieux père Maheu que l'on appelle Bonnemort, qui travaille de nuit. Etienne sympathise et se fait embaucher comme mineur, lui qui a toujours travaillé en usine. C'est la fosse du Voreux qui l'accueille: le « Voreux» est vorace, il engloutit tous les petits matins une grande quantité de mineurs de huit à soixante ans, pour les envoyer à sept cent mètres sous terre extraire des blocs charbon et les charger dans des wagonnets, pendant dix heures de suite. Il sont payés trente à cinquante sous la quinzaine suivant le rendement.
   
   Embauché grâce à Maheu le fils de Bonnemort, Etienne sympathise avec cette famille de sept enfants, qui souffre de malnutrition chronique. Il s'éprend de Catherine la fille de la maison, mais, déjà courtisée par un garçon brutal Chaval, elle n'arrive pas à faire valoir ses sentiments. L'amour est un luxe que ne peuvent se payer les ouvriers ( pas plus que les bourgeois d'ailleurs...).
   Etienne est logé à l'auberge du Bon-Joyeux, tenue par Rasseneur, socialiste modéré. Il fait la connaissance de Souvarine, ouvrier Russe anarchiste, qui a fui son pays. Entre les deux, Etienne va affirmer sa conscience politique qui le porte vers le communisme.
   Peu de temps après son installation, les mineurs apprennent que leur maigre salaire va être réduit. Etienne cherche à convaincre les mineurs de se mettre en grève. Avec l'aide de Pluchart un ouvrier du Nord, il leur fait créer une caisse de prévoyance, et les fait adhérer à l'Internationale socialiste....
   
   
   Cependant Etienne a des adversaires: le directeur de la mine Deneulin, et des petits actionnaires qui vivent du travail des ouvriers. Ainsi que le grand capital, que nul personnage ne représente, notion qui reste abstraite aux ouvriers.
   
   Ce roman mérite d'avoir survécu, témoignage inoubliable de la vie et des luttes de classes des mineurs au dix neuvième siècle.
   On partage l'existence de ces personnages , on découvre avec effroi ces existences toutes de souffrance.
   L'initiation d'Etienne Lantier, pendant son premier jour à la mine nous fait froid dans le dos. Dix heures par jour à sept cent mètres de fond perdus dans des galeries, qui évoquent aussi bien l'antique Labyrinthe, que les feux de l'Enfer, ceci sous la plume inspirée de Zola, nous devenons claustrophobes et étouffons, c'est dire le talent de l'auteur.
   
   
   Etienne est un personnage pétri de contradictions comme on les aime: les mineurs sont ses camarades et il partage leur misère de classe sociale incroyablement opprimée; mais il se sent aussi supérieur à eux, rêve d'une carrière politique à Paris, se grise de son pouvoir , d'influencer tant d'hommes …
   Des hommes mais aussi des femmes. Lors de la révolte, elles seront les plus actives à l'offensive, et l'un des moments clef sera peut-être la vengeance sanglante contre l'épicier Maigrat, un commerçant vénal qui donnait quelques provisions aux ménagères et à leurs filles en échange de relations sexuelles.
   
   Titre: Germinal est l'un des mois imaginés par les Révolutionnaires de 1992 pour remplacer le calendrier et inaugurer une ère nouvelle.
   Mais le peuple de Germinal n'est pas celui de la Révolution française. Ce peuple est devenu le prolétariat, les travailleurs des mines, des usines et des chantiers, ainsi que l'a transformé la révolution industrielle.
   Ce titre peut néanmoins faire penser à un dénouement heureux. L'action a duré un an; Etienne est arrivé fin mars et repart au mois d'avril de l'année suivante, il veut croire que les mineurs sont désormais acquis à la lutte sociale et que la Révolution germe en eux. Je les trouve moi, plus démunis qu'auparavant... à vous de voir!
   
   
    * Spéciale Rougon-Macquart !

critique par Jehanne




* * *