Lecture / Ecriture
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Les Cenci de Alexandre Dumas

Alexandre Dumas
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  La Dame aux camélias
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  Le meneur de loups
  La Comtesse de Saint-Géran
  La route de Varennes
  Le Chevalier d'Harmental
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  Georges

Alexandre Dumas, (dit aussi Alexandre Dumas père) est un écrivain français né en 1802 et mort en 1870.

Les Cenci - Alexandre Dumas

Balzac est formidable, lisez donc Dumas
Note :

   Rome, XVIe siècle. Beatrix Cenci, fille du dépravé Francesco, qui, entre autres tares, voue une haine sans bornes à ses enfants, grandit enfermée dans une chambre. Mais la petite fille devient une jeune fille d'une incroyable beauté et son père la met de force dans son lit. Après trois années de supplice, alors que la jeune fille et sa belle-mère, Lucrezia, ont envoyé au pape des suppliques restées sans réponse, elles décident de prendre les choses en main et de faire assassiner Francesco...
   
   Figurez-vous, chers happy few, que suite à une énième relecture du "Père Goriot", j'ai vu grandir en moi une fringale de classiques en général et de Balzac en particulier, fringale que j'ai en partie assouvie en lisant "Le colonel Chabert", gentiment arrivé dans mon casier par la grâce des specimen de fin d'année (pas de doublon, cette année, it's a miracle, chers happy few). Mais, même si je souhaite participer au Mouvement de Réhabilitation de Balzac, je ne veux pas voir arriver dans ce modeste salon des élèves en mal de fiche de lecture (une maladie hélas très répandue) ; je me contenterai donc de dire à tous ceux qui ont été dégoûtés de la lecture de la gigantesque oeuvre d'Honoré dans leur prime jeunesse qu'il faut absolument lui donner une deuxième chance, ne serait-ce que pour sa plume extraordinaire et son incroyable analyse des sentiments humains. Voilà qui est dit. Vous n'avez donc plus aucune excuse, chers happy few balzacophobes. Bref. C'est donc Alexandre Dumas qui aura les honneurs de ce billet, cette nouvelle se trouvant par le plus grand des hasards (of course) dans ma toute petite PAL.
   
   "Les Cenci", qui est ici publiée seul mais qui fait partie à l'origine des "Crimes célèbres" (1839-1840), est une histoire terrible tirée d'un fait divers. La belle Beatrix a fait assassiner son père avec la complicité de sa belle-mère, de son frère aîné et d'un jeune prêtre amoureux d'elle, et ils ont tenté de maquiller le crime en accident. Mais alors que le lecteur pense que l'infâme Francesco, qui a mené une vie de débauche et de crimes, n'a eu que ce qu'il méritait, la justice en a décidé autrement. Arrêtés sur des présomptions et un début de preuve (un drap taché de sang), nos conspirateurs, soumis à la question, ne tardent pas à tout avouer, même Beatrix, qui résiste longtemps au supplice de l'estrapade. Lors d'un procès resté célèbre, l'opinion publique s'émeut, face à la rayonnante beauté de cette jeune fille torturée par son père puis par la justice mais par un malheureux concours de circonstances, Lucrezia, Beatrix et Jacques (le frère aîné), sont condamnés à mort et exécutés publiquement.
   
   Pour raconter cette histoire épouvantable, Dumas adopte le ton d'un chroniqueur: il utilise très peu de dialogues, et rapporte tous les faits avec le plus de précisions possible. Ce sont ces précisions qui rendent le texte parfois insoutenable: rien ne nous est épargné de la torture de Beatrix (Dumas trouve même bon de décrire, dans un souci d'historien, les différents types de torture en vigueur à Rome à la Renaissance) et de l'exécution des trois malheureux. Derrière ces horreurs, il faut lire l'histoire d'une expiation: l'ange qu'est Beatrix expie non seulement pour son crime, mais pour ceux de son père. Figure tragique de martyr, Beatrix reste jusqu'au bout une femme droite et pieuse qui a été sacrifiée par la cruauté et la dépravation des hommes de son temps, dont une description rapide, enlevée et très ironique est habilement brossée au début de la nouvelle. Décidément, j'aime Dumas, chers happy few.
   
   PS : Mary Shelley et Stendhal se sont aussi inspirés de ce fait divers, dans des ouvrages qui portent le même titre que la nouvelle de Dumas. "Les Cenci" de Mary Shelley est disponible chez José Corti, la version de Stendhal se trouve dans les "Chroniques italiennes".
   
   PPS : À noter comme d'habitude chez cet éditeur la jolie double couverture qui s'ouvre sur le portrait de Beatrix par le Guide.

critique par Fashion Victim




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