Lecture / Ecriture
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En attendant Godot de Samuel Beckett

Samuel Beckett
  En attendant Godot
  Molloy
  Premier amour
  Nouvelles et textes pour rien

Samuel Barclay Beckett est un écrivain et dramaturge irlandais né en 1906 et décédé en 1989.
Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1969.

En attendant Godot - Samuel Beckett

"Un jour, nous nous reposerons"
Note :

   "Un jour, mon oncle, nous nous reposerons"... Dans les ultimes instants de "L'oncle Vania" d'Anton Tchékhov, Sonia et son oncle Vania voient s'étendre devant eux une vie de dur labeur, à tenter de faire fructifier le patrimoine familial, un travail éreintant dont les bénéfices ne suffiront pas à satisfaire les besoins de leur père et beau-frère, et de sa nouvelle épouse. On mesure bien alors l'inanité de leur tâche, autant s'efforcer de remplir le tonneau des Danaïdes... leur seul espoir, c'est qu'un jour, plus tard, ils seront libérés de leur fardeau et qu'ils pourront se reposer...
   
   J'ai découvert le théâtre de Tchékhov il y a 12 ans, au pied du sapin de Noël et je m'y suis plongée avec bonheur, le sourire aux lèvres avec les pièces en un acte ("L'ours"...), la mélancolie avec "La Cerisaie" et l'éblouissement à la lecture de "L'oncle Vania", devant la vanité mais aussi la grandeur tragique de ce labeur sans fin de Sonia et de son oncle, et cet espoir de repos dont on se dit qu'il ne réalisera que dans la mort. Un éblouissement que j'ai retrouvé à la lecture de "En attendant Godot". Vladimir et Estragon attendent, non pas le jour où ils pourront enfin se reposer, mais l'arrivée de Godot. Vladimir et Estragon ont faim, Estragon a mal aux pieds et il fait froid dans ce pays désolé quand la nuit tombe, mais ils restent là quand même à attendre Godot. Et pendant que Vladimir et Estragon attendent, Pozzo et Lucky s'agitent et courent dans tous les sens donnant à nos deux clochards un spectacle grotesque et vide de sens, mais qui fait passer le temps plus vite, un spectacle qui se répète d'un jour à l'autre sans que les protagonistes en conservent le souvenir, une extraordinaire métaphore de l'activité humaine. Et puis, si Godot ne vient pas aujourd'hui, il viendra peut-être demain, et en attendant, c'est toujours mieux de relever son pantalon.... C'est drôle et bouleversant. Bref, c'est magnifique.

critique par Fée Carabine




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Dépressif !
Note :

   « En attendant Godot » est une pièce de théâtre, destinée donc à être vue. Je l’ai lue, c’est certainement différent. C’est sur l’aspect lecture que je me fonderai.
   
   Samuel Beckett était irlandais. Il nous a fait l’honneur d’écrire en français, cette pièce notamment. L’écriture n’est d’ailleurs pas d’une sophistication poussée. C’est plus dans le propos et la mise en situation que réside l’intérêt de «En attendant Godot».
   Difficile de présenter le propos d’une telle oeuvre tant le «visible», l’apparent n’est que le prétexte à allégorie. On nage dans l’absurdité à contre-courant. Quoi de passionnant dans des dialogues décousus de deux clochards (Estragon et Vladimir) et leur rencontre, principalement, avec Lucky et Pozzo. L’un esclave de l’autre, les deux déjantés. Du grotesque, de l’absurde, du désespéré beaucoup.
   
   On est devant un arbre. Estragon a mal aux pieds et la seule chose intelligible de leur pourquoi ils sont là, qui reviendra comme un leitmotiv, c’est qu’ils attendent Godot. Se pendre ? Oui pourquoi pas, mais la corde … ? Et ponctuellement, un jeune garçon vient leur faire savoir que Godot ne viendra pas ce soir, demain …
   
   Donc pas de premier degré. Après … Y trouvera chacun ce qu’il pourra. La condition humaine et son misérabilisme, la quête de Dieu, … Beaucoup, beaucoup de choses, c’est sûr. Comme soulever des cailloux dans le désert pour trouver des scorpions. Evidemment on en trouve ! Beckett est-il pour autant un désert ? (question stupide)
   
   A mes yeux «En attendant Godot» présente cependant un inconvénient notoire, il me fiche un cafard profond. Genre celui conféré par les oeuvres de Boris Vian.
   Je ne suis pas certain que ce genre de théâtre vieillisse bien.

critique par Tistou




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