Lecture / Ecriture
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Vanina Vanini & Le Coffre et le Revenant de Stendhal

Stendhal
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Stendhal, de son vrai nom Marie-Henri Beyle, est né le 23 janvier 1783 à Grenoble et mort le 23 mars 1842 à Paris.

Vanina Vanini & Le Coffre et le Revenant - Stendhal

Les folles aventures de Miss Lou en compagnie de Marie-Henri
Note :

    Je ne sais pas pourquoi mais Stendhal passe chez moi comme un nuage, mes souvenirs en la matière étant toujours particulièrement brumeux. "Le Rouge et le Noir" avait été une lecture d'été plaisante pour mes 19 ans, mais je crois que c'est l'un des classiques dont je me souviens le moins aujourd'hui; quant aux nouvelles "Vanina Vanini" et "Le Coffre et le Revenant" lues il y a environ un mois, on dirait bien que le sort qui leur est réservé n'est pas plus enviable. Je serais étonnée de me souvenir encore de leur trame dans six mois.
   
   Dans "Vanina Vanini", l'héroïne se prend de passion pour une jeune femme cachée par son père et soignée en cachette. Lorsqu'elle découvre qu'il s'agit d'un carbonaro poursuivi par les autorités, elle croit avoir trouvé son héros après avoir refusé maintes demandes en mariage. Mais le jeune amant est partagé entre la belle Vanina Vanini et son sens de l'honneur. Leur histoire n'est donc pas de tout repos.
   
   Dans "Le Coffre et le Revenant" (et je me souviens que j'avais choisi ce livre au collège ou au lycée en raison du mot «revenant», qui n'en est pas un mais il m'a fallu dix ans pour le découvrir!), il s'agit du malheureux mariage d'une douce jeune femme avec le terrible directeur de la police qui, jaloux et possessif, entend bien écarter définitivement l'ancien fiancé de sa pauvre épouse. L'amoureux éconduit à contrecœur tente de retrouver sa belle en se cachant dans un coffre censé contenir des étoffes. Au péril de sa vie, car le mari-tortionnaire veille.
   Voilà deux textes qui se laissent lire mais qui ne vont pas franchement constituer une révélation dans ma vie de lectrice; ils auraient pour moi parfaitement trouvé leur place dans une feuille de chou publiant en épisode des histoires rythmées pour un public avide de sensations (feuilles de chou qui ont ceci dit, publié des romans incontournables).
   
    Stendhal ne nous épargne rien, pas même l'improbable, à commencer par cette Vanina Vanini qui prend son futur amant pour une fille malgré de nombreux échanges. Je sais bien qu'autrefois au théâtre il suffisait à un homme de porter la robe et une perruque pour jouer le rôle d'une femme, mais j'ai trouvé l'étonnement de Vanina Vanini assez grotesque. Certes, Stendhal est un passionné, ses personnages sont magnifiés par la force de leurs émotions et patati et patata mais vraiment, que c'est mal ficelé! Au final, je n'ai trouvé aucune des deux histoires crédibles (ce qui dans le fond ne me dérange pas car ce n'est sans doute pas le but), tandis que ni le style, ni l'impression de mouvement ne m'ont réellement emportée. La très courte introduction suggère le choix d'un réalisme (ah bon?) politique, soulignant le fait que Stendhal a été chassé d'Espagne et d'Italie, les lieux décrits, pour ses convictions. C'est un point intéressant mais qui ne me convainc pas tout à fait de l'intérêt de ces nouvelles.
   
   J'avoue que Vanina Vanini est intéressante: maîtresse passionnée, on pourrait attendre d'elle un dévouement total alors qu'en réalité, il s'agit d'un personnage profondément égoïste qui ne soutient les projets de son amant que lorsque cela sert son propre intérêt. C'est une femme pragmatique, qui après sa malheureuse histoire, choisit de se marier à un autre, se plaçant bien loin des clichés romantiques. Quant à la deuxième nouvelle, dont la fin est catastrophique pour l'héroïne, on peut s'étonner du peu de moralité de l'histoire et de la manière crue avec laquelle en quelques phrases coupantes comme ce qu'elles énoncent, on apprend le meurtre de la femme malheureuse, une fin brutale qui finalement rétablit l'équilibre, laissant le tortionnaire dans sa situation de célibat initiale et mettant fin au désordre matrimonial occasionné par le retour de l'ancien fiancé. Malgré tout, je ne peux m'empêcher d'avoir l'impression que ces textes sont un peu légers. J'ai surtout bien ri et lu rapidement l'ensemble pour satisfaire ma curiosité. Je suis comme vous vous en doutez un peu déçue car après tout, c'est Stendhal, que diable!

critique par Lou




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