Lecture / Ecriture
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Le 5e règne de Maxime Chattam

Maxime Chattam
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  Le 5e règne
  Les arcanes du chaos
  La théorie Gaïa
  Ados: Autre monde T1: l’Alliance des Trois
  Ados: Autre monde T2: Malronce
  Le requiem des abysses
  Leviatemps

Maxime Chattam est un auteur français de romans policiers né en 1976.

Le 5e règne - Maxime Chattam

Je ne connaîtrai pas la peur car la peur tue l'esprit...
Note :

   "Je ne connaîtrai pas la peur car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur, je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi, et quand elle sera passée, je tournerai mon oeil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée il ne restera plus rien que moi."
   F. Herbert. Le cycle de Dune, Litanie contre la peur.

   
   
   Vous l'aviez reconnue, j'imagine? Si vous ne connaissez pas, que faites-vous encore là??? Précipitez-vous sur cette saga!!! Oui je sais, je ne suis guère objective.
   Quel plaisir de la retrouver, utilisée par Maxime Chattam, et lui donnant le même sens que celui que je lui avais attribué après avoir lu "Dune". La faculté de "m'aider". En se consacrant à répéter cette litanie, vous oubliez votre peur, et je dois vous avouer qu'elles étaient bien moindres par rapport à ce qu'il fait vivre à ces personnages.
   A travers cette évocation de F. Hebert et autres références, je suis ravie de lire M. Chattam.
   
   L'auteur le rappelle dans sa Préface, ce roman est le "premier "gros" texte de fiction qu'[il ait] écrit". Alors, sans doute avez-vous lu bon nombre de critiques à l'égard de ce livre, mais il n'en reste pas moins, pas si mal ficelé que cela.
   
   Oui, on dénote certaines maladresses dans l'écriture, le style. Cela m'a beaucoup amusée de voir combien l'auteur parle inlassablement des conditions météorologiques. C'est bon j'ai bien compris qu'il s'agit d'un événement important et illustrant à merveilles l'opposition des forces du bien et du mal (oui, ce sont des clichés mais je vous rassure cela passe). Il faut bien que jeunesse se passe, et qu'il nous montre qu'il a assimilé les critères du genre. Je me moque, mais aurais été bien en peine de rédiger cet ouvrage (ou un autre d'ailleurs).
   Oeuvre de jeunesse donc où l'auteur choisit de mêler thriller et imaginaire à une échelle assez importante - ce qui lui a valu les remarques de ces détracteurs férus le plus souvent de science fiction, et qui n'y trouvent guère leur compte à de nombreux points de vues - .
   M. Chattam explique très bien qu'avec cet ouvrage il a voulu rendre hommage à l'enfance, prendre du recul par rapport à l'adolescence et établir un premier bilan de sa vie de jeune adulte.
   
   Effectivement, les personnages principaux de cette histoire sont des adolescents; ils sont à différents stades de cet état, et vont apprendre, avancer, en dépit de leurs forces et faiblesses. Aucun ne ressortira indemne de cette aventure, confronté à la mort de leurs amis, au fantastique et à l'inimaginable. Il est certain que pour que cette histoire prenne place, le statut de ces jeunes était essentiel: vieille maison, désobéissance aux parents, nuit, tempête, amours naissants et bévues qui font s'enchaîner les événements, le tout allié à un manque de réalisme, d'esprit trop terre à terre qui les font s'acheminer vers l'inconnu et permet à l'histoire de se construire.
   
   On retouve dans ce premier opus de nombreux éléments précurseurs des ouvrages de "La Trilogie du mal" de Chattam: serial killer, innocentes victimes, élément climatologique, araignées, amour et jeunesse perdue...
   
   En dépit des erreurs de jeunesse, l'auteur sait faire monter la tension. Bien entendu cela est plus abouti dans "L'âme du mal" par exemple, mais je vous en reparle très bientôt.
   Cet ouvrage avait reçu le prix du roman fantastique du festival de Gérardmer.
   
   Présentation de l’éditeur :
   Ils auraient dû se méfier.
   Respecter le couvre-feu instauré depuis le meurtre du jeune Tommy Harper, retrouvé étranglé près de la voie ferrée. Reposer ce vieux grimoire poussiéreux tant qu'il était encore temps. Et surtout... ne pas en tourner les pages. À présent, Sean le rêveur et sa bande vont devoir affronter le Mal absolu: à Edgecombe, petite ville tranquille de Nouvelle-Angleterre, les éléments se déchaînent, de nouveaux adolescents disparaissent et de mystérieux hommes au charisme effrayant font leur apparition...
   Et si ce livre maudit détenait la clé du plus effroyable mystère de l'humanité?»

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critique par Delphine




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Faible, faible...
Note :

   Edgecombe, petite ville paisible de Nouvelle-Angleterre, est secouée par le meurtre aussi brutal qu'inexpliqué d'un adolescent, retrouvé étranglé près de la voie ferrée. Ses amis sont sous le choc : qui pourrait s'en prendre ainsi à un garçon sans histoires ? Et pourtant, des histoires, ils vont s'en attirer, eux aussi, à commencer par les ennuis que leur causent les deux loubards du quartier.
   
   Alors qu'un autre de leurs amis disparaît mystérieusement au cours d'une banale partie de paint-ball près d'une cimenterie désaffectée, Sean et sa bande déjouent le couvre-feu instauré par les autorités et tombent, par le plus grand des hasards, sur un ancien grimoire rongé par le temps.
   
   Inconscients du danger qu'ils encourent, les adolescents se mettent à étudier d'un peu plus près ce vieux livre qui semble rempli de formules magiques. Autour d'eux, les disparitions d'enfants se multiplient, les éléments se déchaînent, d'étranges individus aux yeux perçants se mettent à rôder... C'est sûr, Sean et ses amis ont réveillé sans le vouloir quelque force maléfique. Mais ils n'imaginent pas encore à quels dangers ils s'exposent...
   
   Maxime Chattam fait partie, depuis une dizaine d'années maintenant, de ces auteurs que les éditeurs n'hésitent pas à publier les yeux fermés, tant le moindre de leurs ouvrages se transforme en best-seller. Et quand l'auteur n'écrit pas assez vite pour satisfaire l'appétit du public, rien de plus simple : l'éditeur se rabat sur les œuvres de jeunesse publiées dans d'obscures maisons d'édition, voire à compte d'auteur. De toute façon, le livre se vend rien que sur le nom de l'auteur, peu importe sa qualité littéraire.
   
   C'est ainsi que "Le 5e règne", premier roman de Maxime Chattam, au succès confidentiel, a été réédité chez Pocket, où il a connu un bien meilleur destin. Tant pis pour les éventuelles faiblesses de l'intrigue ou le manque d'épaisseur des personnages : il s'agit là d'erreurs de jeunesse bien pardonnables, nous assure l'auteur lui-même dans sa préface, puisque c'est bien connu, on n'est jamais mieux servi que par soi-même...
   
   Las ! Ne voit-il donc pas que ce roman d'épouvante (on ne peut pas vraiment le qualifier de thriller, tant le paranormal y tient une place prépondérante), bourré de coquilles et tellement rempli de grossières fautes de syntaxe qu'on le croirait traduit de l'anglais, repose sur une intrigue si pauvre qu'elle aurait pu être écrite par un collégien ? La jeunesse n'excuse pas tout, cher Maxime Chattam, et si vous avez connu un succès mérité pour votre Trilogie du Mal, ce premier roman, pourtant récompensé par le festival de Gerardmer, n'aurait jamais dû être réédité.
   
   Rien n'est en effet à sauver dans ce polar, ni le style, grossier, ni l'intrigue, rocambolesque et prévisible, ni les personnages, stéréotypés au possible (avec des méchants très très méchants et de gentils adolescents bien naïfs) ou trop peu développés pour susciter l'intérêt (le shérif et l'agent du FBI sont ainsi complètement laissés de côté, au profit de cette bande d'ados caricaturale, avec le petit gros trouillard, le bad boy qui séduit la petite intello, la rebelle bourrue mais sympathique...). Ne parlons même pas des dialogues, aussi artificiels et creux que ceux d'une série B.
   
   Un roman parfaitement dispensable, donc, surtout si l'on souhaite conserver une certaine estime pour l'auteur, et ne pas le juger sur cette histoire invraisemblable truffée de fautes d'accord, de facilités scénaristiques et de maladresses stylistiques.

critique par Elizabeth Bennet




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