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La maison du peuple, suivi de: Compagnons de Louis Guilloux

Louis Guilloux
  Vingt ans ma belle âge
  Le sang noir
  La maison du peuple, suivi de: Compagnons

La maison du peuple, suivi de: Compagnons - Louis Guilloux

Je vous parle d’un temps…
Note :

   Louis Guilloux est né dans les Côtes d’Armor (Côtes du Nord à l’époque), moi aussi. Son père était cordonnier, j’ai travaillé quarante ans dans la chaussure. A noter, outre la préface d’Albert Camus, que ce livre a été primé (Prix Blumenthal) en 1927 alors que c’était son premier roman.
   
   Louis Guilloux dans "La maison du peuple" raconte les débuts du syndicalisme à Saint-Brieuc. Après les premiers succès et les premières inscriptions, vient une espèce de répression larvée, un meneur Faber est chassé de la ville, les clients ne viennent plus chez le père de l’auteur. Les seules aides de l’époque étaient les œuvres chrétiennes que beaucoup d’ouvriers refusaient. La mère fait du porte à porte pour trouver du travail, puis la famille est dans l’obligation de déménager et la mère, usée par tous ces soucis, doit être hospitalisée. Après la victoire aux élections, les ouvriers seront trahis par les notables et de nouveau les divisions mineront le mouvement. Mais l’espoir renaît, les fondations de la maison du peuple voient le jour, mais la guerre commence!
   Dans "Compagnon" la guerre est finie depuis quelques temps. Kernevel et Le Brix l’ont faite ensemble, comme pratiquement tout dans la vie, du compagnonnage à la création d’une petite entreprise, mais Kernevel va mourir, il oblige Le Brix et Dagorne à voir avec lui les comptes. Les souvenirs de Kernevel lui reviennent, l’exil de son frère, la folie de sa sœur depuis que son mari est mort à la guerre. Cette guerre qui les aura tous marqués quoiqu’ils en disent.
   
   Le père de Louis Guilloux est la figure de proue de ce livre, mais tous ses camarades de lutte doivent être associés dans cet hommage.
   Ce monde des anonymes toujours en première ligne dans la misère ou dans les guerres.
   
   C’est bien écrit mais avec une certaine pudeur, sans tomber dans le mélodrame. La vie était dure, très dure, la misère était pratiquement généralisée et le patronat tout puissant. Malgré le temps ce plaidoyer n’a pas pris une ride.
   
   En souvenir de ces hommes et femmes qui ont lutté pour une vie meilleure, à une époque où cela n’était pas évident.
   
   Extraits :
   -La domination de la ville entière par les commerçants et les nobles.
   
   -Il n’est pas juste que l’argent des contribuables de notre ville ne serve qu’à faire des travaux dont l’armateur Le Den a besoin au port.
   
   -Un homme qui n’a pas le sou, faire de la politique!.
   
   -Il prit la pièce dans sa main noircie par la poix et le cuir.
   " Il y a Marie, que Jean Kesnevel est foutu. As-tu compris ? "
   
   -L’hôpital lui faisait peur. Son père y était mort, et après son père, sa mère.
   "Voilà, Jean Kernevel est sur le flanc"
   -"Je vas à mon tombeau" dit-il.

critique par Eireann Yvon




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