Lecture / Ecriture
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Printemps éternel de Yvan Bounine

Yvan Bounine
  La vie d'Arseniev
  Printemps éternel

Ivan Bounine est né en Russie centrale en 1870, il publie son premier roman en 1909, Exilé en France dès 1920 il reçoit le prix Nobel de littérature en 1933,

Ses œuvres: "Le Village" (1909), "Le Monsieur de San Francisco" (1915), "La Nuit" (1925), il composa en exil en France des nouvelles recueillies dans "Les Allées sombres"et "La Vie d’Arseniev".

Il fait partie des figures emblématiques de l'émigration russe et ses écrits sont des classiques de la littérature de ce pays.

Il est mort en France en 1953.

Printemps éternel - Yvan Bounine

Russe blanc
Note :

    Yvan Bounine exilé en France en 1920, écrit ce petit récit en 1923. C’est une nouvelle un peu longue emplie de nostalgie, d’amour pour la Russie de son enfance, la Russie qui n’existe plus au moment où Bounine écrit.
   
   Le domaine de sa famille à Voronej était sans doute assez proche de la description qu’il fait dans ce livre.
   Le narrateur quitte Moscou car la ville s’enlaidit «que de maisons démolies, de chaussées défoncées», il prend le train pour aller voir un ami à la campagne, contraint de passer une nuit à la belle étoile «au loin dans le ciel, le croissant voilé de la lune commençait à descendre derrière les contours noirs de la forêt. Il finit par disparaître, et à l’endroit qu’il venait de quitter tressaillit la fulgurance d’un éclair chaleur. »
   
   Le domaine de son ami est magnifique et le narrateur retrouve le plaisir de vivre au plus près de la nature «les forêts de conifères dominent, sombres et sonores.(..) les aiguilles chauffées à blanc durant le jour mêlent leurs essences balsamiques aux moiteurs épicées qui montent des bas-fonds marécageux et de la rivière encaissée dont les méandres secrets se recouvrent le soir de vapeur froide.»
   
   
   Le domaine a échappé au pillage et le narrateur le parcourt à son gré, la demeure tient du palais italien «je regardais les plafonds rutilants de dorures et de blason» il admire les objets, les tableaux et les livres dans une bibliothèque où «scintillent les tranches vieil or de livres innombrables» . Une visite à l’église vient renforcer la nostalgie «j’avais l’impression d’être orphelin d’un monde perdu.»
   
   J’ai aimé ce petit texte empreint de poésie, d’une grande mélancolie mais aussi de colère, le narrateur qui là n’est autre que Bounine dit «je suis évidemment un miraculé, un condamné jeté comme des milliers d’autres dans la fosse puante de l’Histoire».
   Ce récit n’a pas la force de "La vie d’Arseniev" mais la prose, admirée par Nabokov, est de la même qualité.

critique par Dominique




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