Lecture / Ecriture
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Un silence de fer de Marcello Fois

Marcello Fois
  Les hordes du vent
  Un silence de fer
  Plutôt mourir
  Mémoire du vide
  Sempre Caro

Marcello Fois est un écrivain italien né en 1960, en Sardaigne.

Un silence de fer - Marcello Fois

Silence de mort!
Note :

   Encore une première avec cet écrivain italien, né en Sardaigne en 1960. Écrivain de romans policiers, il est co-fondateur avec Carlo Lucarelli de 13 (un groupe de réflexion autour du polar italien), il est à l'origine du renouveau de ce genre dans son pays natal.
   
   Un court prologue se déroule à Nuoro le 28 août 1980, un groupe de terroristes tente de faire sauter un distributeur de billets. Acte qui se termine par la mort d'un carabinier.
   8 août 1890, un couple se rend en Sardaigne, il sera assassiné. Un gitan lui aussi périra pratiquement au même endroit cette nuit là! Silvano aime Elena qui le lui rend bien, mais le père et le frère de la jeune fille ne l'entendent pas de cette oreille, ils ont pourtant tous les deux trente ans. La famille d'Elena fait suivre le jeune homme que l'on découvre dans sa voiture avec une prostituée. D'ailleurs il semble avoir des activités un peu louches ce charmant jeune homme.
   
   Qui est Mauro Piras, qui faisait partie des plastiqueurs de 1980 et avec qui le couple assassiné avait rendez-vous? Il semble qu'un trafic d'armes soit à l'origine de ces morts violentes. Le juge Corona enquête sur cette affaire, en plus d'un kidnapping dans la montagne. Les investigations sont longues, car pleines de ramifications, car tous les protagonistes ont des liens entre eux, des intérêts communs et surtout des secrets qui tout en paraissant bien enfouis ne demandent qu'à refaire surface.
   
   Beaucoup de personnages pour un puzzle qui semble un peu embrouillé. Le catalyseur de tout ce beau monde est Mauro, son frère a été tué dans une bagarre, et son assassin fut retrouvé pendu dans sa cellule. Il quitte l'île, mais ses parents ayant été abattus, il revient en Sardaigne, où il travaille au noir pour "le syndicat ". Ayant eu une brève aventure avec Elena, et ayant été un moment fiancé à la belle soeur du juge Corona, il entretient des relations épisodiques avec Francesca, son ancienne complice des années 1980 qui est devenu prostituée. Il a également habité un temps avec l'homme trouvé mort. Silvano et son cousin Davide, ont des relations très complexes dont ils ne sortiront pas indemnes. Bref chacun a un bon motif d'en vouloir à Mauro car certains de ses complices ont été condamnés à de lourdes peines de prison.
   
   Un bon roman dans une Sardaigne immuable, faite de traditions et de silence, où une certaine partie de la population se refuse au fait que le temps passe. La corruption règne partout ainsi que les vieilles haines entre les familles. Une atmosphère pesante qui est très bien rendue par exemple dans la tension des relations entre Elena et son père, qui paye pour faire suivre sa fille, âgée tout de même de trente ans!
   
   Trop de personnages malgré que petit à petit, on découvre leur utilité et l'on se rend compte que dans certains milieux, rien ne s'oublie et qu'une dette est une dette. Et aussi qu'un bon témoin est un témoin mort de préférence. Un final très surprenant et inattendu.
   
   Une lecture agréable mais qui mérite une attention assez soutenue pour ne pas se perdre dans l'intrigue.
   
   
   Extraits:
   
   - Il s'abstint de lui répondre car ce commentaire n'appelait pas de réponse.
   
   - C'était des militaires, des étudiants, des émigrés. Pas des touristes.
   
   - Il était vraiment têtu, et puis qu'avait-il contre Silvano?
   
   - Elle eu le sentiment d'être perdue, anéantie, très âgée.
   
   - Lorenzo était un expert et un camarade. Un camarade de vieilles luttes et de nouvelles batailles plus violentes.
   
   - Les choses avaient changé. C'est ainsi que l'on meurt.
   
   - Un nivellement féroce, vorace, aplanissait tout. Tout devenait absurde.
   
   - A l'enterrement il avait souri à tout le monde.
   Puis la solitude vint.
   
   - Les nouveaux quartiers illégaux, mais amnistiés s'y fraient un passage jusqu'à la butte en aval.

   
   Titre original: Ferro recente.

critique par Eireann Yvon




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