Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Le fond des forêts de David Mitchell

David Mitchell
  Le fond des forêts
  Cartographie des nuages
  L’âme des horloges

David Mitchell est un romancier anglais né en 1969.

Le fond des forêts - David Mitchell

«Les arbres, ça vous réconforte toujours, après les gens.»
Note :

   "Treize ans, c'est un âge misérable." Surtout quand on bégaie, que vos condisciples vous harcèlent et que vos parents se disputent, de manière feutrée certes, mais bon, Jason n'est pas dupe: "Les questions ne sont pas juste des questions. Ce sont des munitions." Heureusement il y la poésie où l'enfant peut exprimer exactement ce qu'il veut et la forêt. Cette dernière prend parfois des aspects à la limite du fantastique et Jason y fait des rencontres tour à tour effrayantes, chaleureuse ou drôles car il a le chic pour se fourrer dans des situations délicates!
   
   Tout cela pourrait être empesé de pathos mais David Mitchell, sait à la fois jouer sur le rythme haché du récit, utilisant l'ellipse ou arrêtant l'action juste au moment où elle pourrait devenir trop poignante, et sur le style allègre. Les situations sont souvent fort drôles, même si la violence est présente, Jason entendant des conversations intimes bien involontairement mais n'étant pas toujours capable de les décrypter. Le tout sur fond de tubes des eigties, kate Bush en tête, mais aussi de politique Thatchérienne, dont les échos rythment le récit.
   
   L'auteur, parce que son alter ego est poète glisse aussi quasi subrepticement des notations poétiques qui sont autant de petites pépites qui illuminent le roman: "Le feu c'est le soleil qui se dévide d'une bûche." Bref, David Mitchell confirme ici tout le bien que je pensais de lui après avoir lu "Ecrits fantômes".
   
   474 pages délicieusement britanniques.
   ↓

critique par Cathulu




* * *



Ado dans l'Angleterre de Thatcher
Note :

   J'ai pris ce livre à la librairie sur les conseils du libraire. C'est un livre que je n'aurais jamais lu sans lui. Cela fait deux ans que Cartographie des nuages, le deuxième livre de l'auteur, attend patiemment dans ma PAL. Je me suis dit "tu es folle de le prendre, tu as déjà suffisamment de livres à lire". Le libraire me l'a vendu en disant que cela n'a rien à voir avec Cartographie des nuages et que ça lui avait rappelé le livre de Jonathan Safran Foer Extrêmement fort et incroyablement près (qui attend aussi patiemment dans ma PAL depuis quatre ans …).
   
   Franchement, je ne regrette pas d'avoir écouté le libraire (il vient quand même de faire remonter deux livres en haut de ma PAL). C'est un très bon roman surtout pour l'écriture (merci au traducteur !!!). En effet, l'histoire est plutôt banale. On suit les aventures de Jason Taylor, un garçon bègue de 13 ans, poète à ses heures perdues, tout au long d'une année, 1982, dans un village paumé d'Angleterre. À l'école, il subit moqueries, racket. Ces parents sont sur le point de divorcer. Au début de l'année, il n'ose rien dire. Il est encore en enfance. À la fin, il s'affirme, ose parler. Durant cette année, il y a aussi la guerre des Malouines, les licenciements. C'est aussi la chronique d'une année du règne de Tatcher.
   
   J'ai eu un peu de mal au début parce que chaque chapitre représente une séquence, un épisode de la vie de Jason. Ce sont comme des nouvelles, mais avec les mêmes personnages, sauf peut-être à la fin où c'est un petit peu plus suivi. L'écriture de David Mitchell est juste époustouflante. Il donne corps à son récit initiatique en trouvant le ton juste pour le narrateur. À travers son récit, Jason nous dit tout ce qu'il ne peut pas exprimer en mot aux autres : on est dans sa tête.
   
   C'est un très bon roman.
   A lire …

critique par Céba




* * *