Lecture / Ecriture
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La délicatesse de David Foenkinos

David Foenkinos
  Le potentiel érotique de ma femme
  En cas de bonheur
  Entre les oreilles
  La délicatesse
  Qui se souvient de David Foenkinos?
  Les cœurs autonomes
  Je vais mieux
  Lennon
  Charlotte
  La tête de l'emploi
  Le mystère Henri Pick

David Foenkinos est un romancier français né en 1974.

La délicatesse - David Foenkinos

Il y a souvent une nette tendance à la nostalgie chez les Nathalie
Note :

    Nathalie et François s'aiment depuis sept ans. Sept ans d'un bonheur conjugal sans effort et sans nuage, tant ces deux-là semblent s'être accordés le plus naturellement du monde dès le premier regard. Oui, mais voilà, un dimanche, alors que Nathalie est en train de lire un roman russe, François, parti courir, est renversé par une voiture. Veuve, Nathalie s'enferme dans le travail et refuse d'envisager de refaire sa vie. Jusqu'au jour où, pour une sombre histoire de moquette et de talons aiguilles, elle embrasse, presque par inadvertance, un de ses jeunes subalternes, Markus...
   
   "La délicatesse" est sans conteste le plus abouti des romans de David Foenkinos que j'ai lus, chers happy few. Sur un sujet grave et plus profond qu'il n'en a l'air, Foenkinos bâtit une intrigue aérienne pleine de trouvailles. Si son sens de la formule en agace plus d'un, je l'aime pour ma part de plus en plus, parce que je trouve qu'il sait se faire oublier, se diluer dans une narration toute en finesse, servie par une construction ludique qui m'a beaucoup plu. En effet, entre les chapitres se sont glissées de toutes petites notules qui dressent des listes (les trois romans préférés de Nathalie, des résultats de football...), des recettes de cuisine, des informations pratiques (distance entre Paris et Moscou, date de sortie d'"Un homme qui me plaît" de Claude Lelouch...), des extraits de films, de pièces de théâtre ou de chansons, des notices de médicament, autant d'intermèdes en rapport complet avec l'histoire, qui l'allègent et la densifient à la fois (si, si, c'est possible, la preuve). Il y a beaucoup de fantaisie dans ce roman où on démantèle un trafic de mozzarella, où on lit Cioran dans le RER et des auteurs russes moins connus que Tourgueniev et où, grâce à un Suédois entêté et charmant, une jeune femme réapprend à vivre.
   
   Délicieux et léger comme un feuilleté surmonté d'un peu de crème.
    201 pages inventives avec quelques notes en bas et 117 chapitres, comme dans un jeu d'enfant.
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critique par Fashion Victim




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Délicat, délicate, délicatesse
Note :

   Nathalie et François se sont rencontrés dans la rue: le deuxième ayant eu le courage d'aborder la première pour lui offrir un verre. Une rencontre originale qui déroule le tapis d'une union où le bonheur se conjugue au présent et se vit intensément. Le bonheur, ce feu follet que parfois on a du mal à saisir et garder. Nathalie a achevé ses études et trouvé un travail dans une société suédoise, elle s'y plaît, elle y progresse et surtout elle a charmé au plus haut degré, à son insu, son patron qui ne pense plus qu'à elle. Mais lorsque l'on est une jeune mariée heureuse et comblée, on est bien loin de s'occuper des regards admiratifs d'un homme que l'on ne remarque même pas. Le monde de Nathalie tourne autour de sa vie de couple, dans le meilleur des mondes, jusqu'au jour où le drame entre dans son univers: François meurt, renversé par une voiture, alors qu'il faisait son jogging; en quelques secondes la vie de Nathalie bascule dans le sombre de la perte de l'être cher, la spirale de la solitude et de la dépression amorce sa ronde, plus rien n'a de sens, plus rien n'est important hormis la douleur de ne plus toucher celui qu'elle aime tant. Meurtrie dans son âme, Nathalie se traîne de langueur en langueur, épuisant son réservoir de larmes, pour réagir, au bout de plusieurs mois, et reprendre le chemin du bureau. Là, Charles, son chef de service, est à l'affût et tente de la séduire avec plus ou moins (moins que plus d'ailleurs) de délicatesse; entre les regards empreints de compassion des collègues et les regards appuyés de Charles, Nathalie a la sensation d'être une étrange personne. C'est sans compter avec l'employé suédois de service, au physique pas très engageant, à la maladresse touchante et à l'humour scandinave décalé: Markus, venu s'exiler en France puis fuir l'ennui d'Uppsala.
   
   Les ingrédients d'une comédie légère, teintée d'une pointe de gravité, sont en place pour une lecture agréable malgré les clichés, les réactions attendues des uns des autres, les truismes et autres images que l'on a vues mille et une fois. Cependant, l'écriture de David Foenkinos est agréable, sa verve amusante et le sourire, voire le rire, n'est jamais loin. Nathalie et Markus sont des héros modernes et citadins (oserai-je dire très parisiens?) surmontant, très étonnés eux-mêmes par le tour que les évènements prennent, leurs angoisses et les difficultés semées par la vie. Sont-ils crédibles pour autant? Le trop-plein de situations et d'images éculées agace parfois et ternit le côté romanesque de l'histoire: à trop appuyer sur les évidences mène parfois à une narration drolatique biffant le sérieux des personnages. L'auteur a-t-il construit son histoire sur ce postulat comique?
   
   "La délicatesse" est une lecture distrayante, tombée à point nommé pour égayer mon actualité "inondation".
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critique par Chatperlipopette




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Délicat (d'où le titre)
Note :

   Alors qu’elle est encore étudiante, Nathalie croise la route de François et va rencontrer le grand amour. Ils forment un beau couple souvent jalousé, tant leur bonheur est évident et simple jusqu’à l’accident tragique. Nathalie entame une deuxième vie, doit apprendre à vivre seule, à écouter Alain Souchon sans pleurer, à regarder d’autres hommes et à sourire.
   
   L’histoire c’est donc celle du parcours intime d’une jeune-femme en pleine reconstruction. Le verbe est simple, l’analyse très fine, et David Foenkinos m’a régalée de ses petits apartés pleins d’humour sortes de parenthèses délirantes où il nous délivre la recette du risotto, la réplique cinglante de Ségolène Royal au soir de sa défaite à la tête du PS, ou des résultats de foot.
   
   Tour à tour, les différents protagonistes (trois) prennent la parole ce qui permet de leur donner de l’épaisseur; on les découvre un peu ridicules, paralysés par les sentiments, spirituels, légers parfois et très attachants.
   
   J’ai dévoré ce roman en pensant au livre «Le mec de la tombe d’à côté» de Katarina Mazetti que j’ai aperçu il y a peu encore en tête de gondole à la Fnac et que je vous conseille également. La trame est identique, car il y est question d’une jeune veuve bibliothécaire qui tombe peu à peu sous le charme d’un agriculteur un peu rustre et totalement éloigné de son univers…
   
   Un roman touchant et délicat (d'où le titre) à lire absolument.
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critique par La Dame




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Sens de la formule
Note :

   Elle s’appelle Nathalie. Elle est étudiante en économie. Il s’appelle François et travaille dans la finance. Elle aime lire des romans tristes. Il se passionne pour les puzzles. Ils vont tous deux se rencontrer et se marier. Jusqu’ici, rien que de très banal. D’autant plus qu’ils vont former un couple harmonieux, exemplaire et sans histoire. Jusqu’au jour où…
   Un dimanche matin, François part faire son jogging. Il ne reviendra pas, fauché par une voiture, ce qui confirme ce que j’ai toujours pensé: le sport est dangereux pour la santé.
   Commence alors pour Nathalie une période de deuil qui semble s’éterniser. Après une phase d’abattement bien compréhensible, la voici qui devient un véritable bourreau de travail au sein de la succursale française de la société suédoise qui l’emploie.
   La jeune femme est tellement plongée dans son travail qui lui permet d’oublier la disparition de François qu’elle en oublie son potentiel de séduction. Ce sera Charles, son patron, qui, par une cour discrète tout d’abord, mais de plus en plus assidue, va lui rappeler que, malgré son deuil, elle bénéficie toujours d’un grand pouvoir d’attirance sur les hommes.
   
   J’avoue que, quand j’ai entamé ce roman, j’ai craint de tomber sur une de ces innombrables histoires d’amour insipides qui constituent, hélas! le peloton de tête des meilleures ventes de romans. Mais déjà un indice semblait me prouver le contraire: le titre: «La délicatesse»,c’est finalement, malgré sa simplicité, déjà plus recherché que les sempiternels «Que fais-tu?», «Tu es-là?», «Je reviendrai», «Ne m’attends pas», et autres daubes romanesques qui sont à la littérature ce que Closer est au journalisme d’investigation.
   
   Les personnages, quant à eux, me sont apparus un peu transparents et l’histoire d’une originalité toute relative. Mais ce qui m’a séduit dans ce roman, c’est le ton adopté et le sens de la formule déployé par l’auteur qui réussit à faire de ce récit un rien banal un vrai petit bonheur d’humour et d’ironie. J’ai particulièrement aimé aussi les entrefilets déposés entre chaque chapitre et qui, comme un cheveu sur la soupe, nous donnent par exemple la recette du risotto aux asperges, la distance Paris-Moscou ou les résultats de la Ligue 1.
   
   Bref, pour conclure, je ne pense pas avoir lu le livre de l’année mais j’ai passé un agréable moment grâce à David Foenkinos, auteur dont j’avais souvent entendu parler sans l‘avoir jamais lu, et je ne serais pas réfractaire à l’idée de lire un jour prochain un autre de ses ouvrages.
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critique par Le Bibliomane




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Sans surprise
Note :

   Nathalie est heureuse. Elle aime François et le monde est tout beau. Ce dernier meurt d’un accident. Elle se reconstruit et on la suit. Au départ, elle se réfugie dans son travail pour ne plus penser et ne côtoie que ses collègues. Son supérieur, Charles, secrètement amoureux d’elle depuis un long temps, essaie de se soucier de sa guérison psychologique. Mais au fur et à mesure de ses indélicatesses, il est rejeté. Puis vient Markus, employé suédois dans l’entreprise suédoise dans laquelle travaille Nathalie…
   
   La lecture est facile et le livre court.
   
   Les idées plutôt sympas –comme ces petites parties futiles mais pas inutiles composées des détails, de définitions, de citations et de listes à propos des éléments du texte évoqués dans les parties précédentes- alternent avec des parties plus convenues, trop attendues.
   Un extrait du trop convenu à mon goût: «Dans son lit il sut qu’il ne serait pas capable de s’endormir: comment aller vers le rêve alors qu’on vient de le quitter?»
   Un second extrait que je trouve plus réussi: «Qu’est-ce que tu fais? lui demanda Nathalie.
   - Je fais comme dans le petit Poucet. Si tu es perdue, il faut que tu laisses derrière toi, sur ton passage, des miettes de pain. Ainsi, tu pourras retrouver ton chemin.
   - Qui me mène ici… à toi, je suppose?
   - Oui. Sauf si j’ai faim, et que je décide de manger les miettes en t’attendant. »

   
   Au final, c’est un livre doux, bien écrit, au bel emballage. Cependant, comme le serait un beau fruit bien coloré qu’on croquerait à pleines dents avec le sentiment qu’il sera forcément délicieux et qui se révèlerait sans grande saveur, j’ai été déçu. J’ai trouvé le livre sans surprise avec des pensées plus ou moins profondes, plus ou moins attendues sur la mort, le deuil, l’amour…
   En bref, un livre agréable mais sans grande envergure. Peut-être un livre trop court, pas assez dans les détails, pas assez à l’écoute de ses personnages, peut-être trop pudique et délicat pour moi.
   « Le sentiment amoureux est le sentiment le plus culpabilisant. On peut penser alors que toutes les plaies de l’autre viennent de soi.»

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critique par OB1




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L'art de ne pas se prendre au sérieux
Note :

   À franchement parler, sans le club de lecture local, je n’aurais certainement pas envisagé de sitôt de lire à nouveau "un Foenkinos", fût-il multi primé. J’aurais eu tort, bien entendu, mais les préjugés l’emportent parfois sur le rationnel … "Le potentiel érotique de ma femme" m’avait déçue, laissant dans mon souvenir un sentiment d’inachevé et de superficiel, classant l’auteur dans la rubrique modes et paillettes.
   
   J’ai donc saisi "la délicatesse" à rebrousse-poil … Et je l’ai lu d’une traite, en m’amusant vraiment. Mes préventions sont tombées grâce à la dérision subtile qui souffle tout au long de cette comédie.
   
   La délicatesse, c’est une qualité essentielle que recherche toute femme en matière de prince charmant. Nathalie est persuadée d’avoir eu la chance de rencontrer l’Élu du premier coup et elle s’enferme à double tour dans son deuil quand François vient à mourir bêtement en plein jogging. Son patron Charles, amoureux d’elle depuis la lecture de son CV, avant son mariage, comprend la difficulté qu’il y aurait pour la jeune femme à remplacer trop tôt un Amour tellement entier. Il patiente plus ou moins, jaugeant par quelques tentatives maladroites les progrès du travail de deuil. Mais Nathalie est tellement peinée qu’il se sent balourd et se retire au constat de ses échecs. Mieux, il promeut sa protégée en lui confiant la direction d’un groupe de travail, persuadé qu’un jour son heure viendra.
   
   C’est sans compter sur les hasards et les nécessités des pulsions hormonales. Voilà que la consciencieuse Nathalie s’oublie un jour en embrassant impulsivement et… presque sans y penser, un de ses collaborateurs, employé aussi zélé que terne, et qui pousse l’abus de manque d’intérêt jusqu’à être d’origine suédoise… Le geste de Nathalie était inconsidéré, elle le reconnaît sans peine, mais le mal est fait et dès lors, les psychés et les libidos vont mener le bal.
   
   Markus pourrait bien cependant être l’homme de la situation. Mais il faudra quelques péripéties pour déciller les yeux des protagonistes. À force de ne pas être un séducteur patenté, comment Markus parviendra-t-il à vaincre les réticences du cœur de Nathalie?
   
   David Foenkinos ponctue ces chapitres sans longueurs de brèves remarques impromptues, comme autant d’apartés récréatifs et farfelus, telle la recette du rizotto ou les titres des chansons qu’aurait pu écrire John Lennon s’il avait vécu. Mais ce soir, je vais plutôt vous offrir ce recueil de trois aphorismes attribués à Cioran, pensées annexes au dévoilement de la perplexité du pauvre Markus:
   « L’art d’aimer ?
   C’est savoir joindre à un tempérament de vampire la discrétion d’une anémone.
   Un moine et un boucher se bagarrent à l’intérieur de chaque désir.
   Le spermatozoïde est un bandit à l’état pur. »
   

   Laissez-vous embarquer sans craintes dans le déroulement allègre de ce roman léger, qui bénéficie en outre d’une grâce rare: celle de ne pas se prendre au sérieux.
    ↓

critique par Gouttesdo




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Humour et Fantaisie
Note :

   L’attribution, hier, du prix Renaudot à David Foenkinos pour son dernier roman (intitulé Charlotte je crois) m’a fait réaliser soudain que je n’avais jamais lu cet auteur alors que j’avais depuis un nombre de mois incalculable, dans ma bibliothèque, "La délicatesse", un roman acheté par curiosité mais dont j’avais toujours repoussé la lecture à plus tard. Il faut dire que je n’en attendais pas grand-chose, en ayant sans doute trop entendu parler dans les média et supposant (peut-être à tort) que les livres à succès sont rarement très valables. Aussi, le fait que ce roman ait été adapté au cinéma et que les critiques aient été souvent mitigées, avait achevé de me détourner de cette possible lecture.
   
   Je l’ai finalement lu. Et c’est une bonne surprise!
   
   Le début de l’histoire : Nathalie, une étudiante en économie, jeune et belle, rencontre son futur mari, François, un jeune financier, dans la rue et c’est le coup de foudre entre eux. Ils vivent sept ans d’un bonheur idyllique et parfait jusqu’au jour où François, parti seul faire son jogging, se fait renverser par une voiture. Devenue veuve, Nathalie reste désespérément amoureuse de François et se ferme à l’idée de toute nouvelle rencontre. Pour oublier sa peine et, surtout, s’oublier elle-même, elle jette toute son énergie et sa volonté dans le travail, finissant par obtenir une promotion qui la met à la tête d’une équipe de six personnes, dont l’insignifiant Markus…
   
   Mon avis :
   Voici les quelques remarques que je peux faire sur ce roman :
   1) Il est très prenant : je l’ai lu d’une traite alors que ça ne m’arrive pour ainsi dire jamais. Ce n’est pas tant l’histoire qui est intéressante (on se doute que Nathalie va se remettre de son deuil et qu’elle va vivre une histoire d’amour avec Markus) que le style très inventif et fantaisiste de l’auteur, qui m’a d’ailleurs un peu rappelé – toutes proportions gardées – le style de Boris Vian dans "L’écume des jours", avec des trouvailles très amusantes et, en même temps, non dénuées d’une certaine profondeur. J’ai franchement ri à plusieurs reprises, par exemple au moment du trafic de mozzarella, ou lorsque le patron de Nathalie invite Markus à diner.
   2) J’ai trouvé qu’il y avait des analyses psychologiques parfois bien senties, assez pénétrantes, et d’autres fois un peu plus banales.
   3) La construction du livre m’a semblé audacieuse car, au beau milieu du récit, on trouve des petits chapitres fantaisistes (ayant bien sûr un rapport avec l’histoire) comme un extrait de la notice du Guronsan, les paroles de la chanson "L’amour en fuite" d’Alain Souchon, les ingrédients d’une recette de cuisine (le risotto aux asperges), un extrait de la pièce "Mademoiselle Julie" de Strindberg, un extrait du discours de Ségolène Royal après sa défaite à la présidence du Parti Socialiste, etc.
   4) J’ai pensé à un moment que l’auteur ne reculait pas devant l’expression des sentiments, évoquant le sentiment amoureux avec même parfois un soupçon de lyrisme voire de sentimentalisme, et qu’il réussissait pour autant à ne pas tomber dans le ridicule.
   5) La fin m’a paru gentillette, un peu trop "tout est bien qui finit bien", je me serais attendue à une fin plus originale et fantaisiste.
   
   Je conseillerais ce livre aux lecteurs qui traversent une période de morosité et qui ont besoin de se remonter le moral!

critique par Etcetera




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