Lecture / Ecriture
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L'Irlande fantastique de Claude Fierobe

Claude Fierobe
  L'Irlande fantastique

L'Irlande fantastique - Claude Fierobe

Recueil collectif
Note :

   Recueil de 12 nouvelles fantastiques irlandaises qui ont toutes été publiées entre 1825 et 1915. Pour chaque auteur, une biographie nous permet de mieux les découvrir après une préface très instructive.
   Certains noms sont très connus des amateurs du genre: James M. O'Brien, Bram Stocker, Sheridan le Fanu ou Charles R. Mathurin.
   D'autres sont connus, mais pas spécialement pour le fantastique: Oscar Wilde et William Carleton. D'autres, comme Charlotte Ridell, sont très peu (ou même pas du tout) traduits en français.
   La nouvelle qui ouvre ce recueil, "Le château de Leixlip" de Charles Mathurin" à qui l'on doit "Malmoth" est un récit gothique par excellence: un château, une jeune fille mariée à un mystérieux seigneur écossais, l'amour est profond, mais pas éternel, un poignard sanglant brisera leur bonheur.
   
   William Carleton, avec son récit 'Wildgoose Lodge' nous raconte un fait divers véridique qui s'est passé en 1819, et qui s'est terminé par la pendaison de plusieurs membres d'une société secrète.
   
   Les frères Banim, John & Michael, écrivains catholiques, sont les observateurs du monde paysan et de ses croyances. Leur nouvelle s'intitule "Le gardien du cimetière" : un homme alcoolique ayant épousé une veuve veut que le fils de celle-ci le remplace dans son travail nocturne, l'enfant en sera marqué pour longtemps.
   
   James O'Brien, est surtout connu pour une histoire très étrange "Qu'était—ce?" ici, il nous conte une version de "la damnation de Faust", un poète faisant un marché avec un médecin pour les yeux d'une belle.
   
   Oscar Wilde et son conte "Le jeune roi" met un peu d'humanité dans ces mondes étranges et pas toujours rassurants.
   
   Parfois les auteurs sont plus tragiques que leurs personnages comme Gerald Griffin (1803/1840), orphelin il quitte l'Irlande pour Londres, écrit plusieurs pièces de théâtre, vit dans la misère. Il rentre en Irlande, puis dans les ordres. Il meurt de maladie et de privation. Sa nouvelle a pour titre "La Saint Martin".
   
   Sort peu enviable également pour James Clarence MANGAN( 1803/1849). Chagrin d'amour, mort des parents et soucis financiers, rien ne lui fut épargné. L'alcool, l'opium et la misère l'accompagneront toute sa vie. Il mourut pendant l'épidémie de choléra.
   
   Un reproche, la nouvelle de William Carleton "Wildgoose Lodge" est excellente, mais n'a pour moi rien de fantastique. Dommage aussi l'absence de Lord Dunsany qui est un des maîtres incontestés du genre.
   
   C'est toujours difficile de juger ce genre de recueil; premièrement, je ne suis pas un adepte du genre et les styles d'écriture sont trop disparates. Il est à remarquer que trois (ou quatre si l'on veut avec Sommerville & Ross.)femmes figurent dans ce recueil.
   
   Une relecture qui n'apporte rien de particulier, mais ce genre de littérature ne m'inspire guère.
   
   Extraits :
   
   - Alors, je serais l'épouse d'un cadavre, dit Anne, car celui que j'ai vu ce soir n'est pas un être vivant.
   
   - On veille les morts de peur que les vivants ne les dérangent. Étrange soumission des vivants à la mort assurant à celle-ci un royaume et un règne sans partage.
   
   - Je m'ennuyais à mourir -du moins étais-je proche de cette mort apparente qu'est le sommeil.
   
   - Lui seul ne riait ni ne pleurait jamais, lui seul ne croyait pas ce qu'il disait.
   
   - "Tu verras, tu connaîtras, tu comprendras toute chose".
   
   - En temps de guerre, répondait le tisserand, les forts asservissent les faibles et en temps de paix, les riches asservissent les pauvres.
   
   - Messire, ne sais-tu pas que c'est du luxe des riches que vient la vie des pauvres?

critique par Eireann Yvon




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